Bordeaux: L’hôpital des enfants va ouvrir six nouvelles chambres stériles pour les jeunes patients greffés

SANTE A partir du mois de septembre, les six nouvelles chambres stériles de l’hôpital des enfants de Bordeaux pourront accueillir de petits patients greffés ou présentant une aplasie, forte diminution des globules blancs

Elsa Provenzano

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Le petit Axel a visité les chambres en présence de la cadre de santé et de la chef de service d'onco-hématologie pédiatrique.
Le petit Axel a visité les chambres en présence de la cadre de santé et de la chef de service d'onco-hématologie pédiatrique. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • Six nouvelles chambres pour les petits patients immunodéprimés pris en charge à l’hôpital des enfants de Bordeaux ont été renovées et ouvriront le 4 septembre.
  • Le filtrage de l’air de ces salles stériles a été amélioré et les patients ne seront plus confinés dans leurs chambres, pour des séjours d’une durée moyenne de six semaines.
  • L’un des parents pourra aussi rester dormir avec son enfant la nuit et toutes les chambres sont équipées de sanitaires.

« On a toujours le stress de rentrer des microbes », témoigne Delphine Egretaud, la maman du petit Axel, 6 ans. Diagnostiqué d’une leucémie en 2017, le petit garçon a reçu une greffe de cellules-souches en 2018 à l’hôpital des enfants de Bordeaux. Il a dû passer sept semaines en « secteur protégé » provisoire, un espace stérile destiné à éviter tout contact avec des germes. Ce lundi, en visitant en avant-première le nouveau service comprenant ces « chambres de l'extrême » de l’hôpital des enfants de Bordeaux, elle mesure l’amélioration que cela représente : « ici les parents se sentiront davantage protégés ».

Un espace commun permet aux enfants de sortir de leur chambre et de partager des activités ensemble.
Un espace commun permet aux enfants de sortir de leur chambre et de partager des activités ensemble. - E.Provenzano / 20 Minutes

Ces six nouvelles chambres stériles (contre 5 auparavant) pourront accueillir des enfants à partir du 4 septembre. Dans chacune d’elles, un lit est prévu pour qu’un des parents reste auprès de son enfant pendant la nuit. « Mon fils Benjamin a été hospitalisé à huit mois ici, c’était très compliqué de ne pas pouvoir dormir avec lui », se souvient Romain Nogues, qui habite entre le Gers et les Landes. Pour lui, qui a connu l’ancien service, c’est une transformation de taille : « c’est plus qu’une rénovation c’est un nouveau service, commente-t-il. Je retiens surtout ce sentiment d’ouverture et la luminosité ».

Dans les nouvelles chambres, un lit est prévu pour qu'un des parents puisse rester dormir auprès de son enfant.
Dans les nouvelles chambres, un lit est prévu pour qu'un des parents puisse rester dormir auprès de son enfant. - E.Provenzano / 20 Minutes

Un confort nettement amélioré

« Le secteur (construit en 1992) était devenu vétuste et l’idée a été de l’agrandir et de lutter contre un sentiment d’enfermement pour les enfants qui séjournent ici six semaines en moyenne, explique Charlotte Jubert, chef du service d’onco-hématologie pédiatrique. Les chambres sont plus spacieuses et laissent davantage entrer la vie ».

Sylvie Sangaré, cadre de santé, et Charlotte Jubert, chef du service onco-hématologie pédiatrique (de gauche à droite) dans une des six nouvelles chambres.
Sylvie Sangaré, cadre de santé, et Charlotte Jubert, chef du service onco-hématologie pédiatrique (de gauche à droite) dans une des six nouvelles chambres. - E.Provenzano / 20 Minutes

Les petits patients, âgés de quelques mois jusqu’à 18 ans, vont pouvoir sortir de leur chambre puisque même les espaces communs bénéficieront d’air filtré. Il leur faudra néanmoins porter un masque et se déplacer avec leur pied à perfusion. Des cours pour ceux qui sont scolarisés, des sessions de sports adaptés ou d’autres activités en commun pourront s’y dérouler.

« Avant, seules deux des chambres avaient un point d’eau parce qu’il y a 20 ans, on pensait que l’eau était une source de germes mais aujourd’hui on sait mettre en place un système de filtres, précise Sylvie Sangaré, cadre de santé. A présent chaque chambre a sa douche et ses toilettes ». Une baignoire a même été installée et au-dessus d’elle, un ciel artificiel très coloré pour égayer le séjour de ces enfants immunodéprimés, déjà éprouvés par de lourds traitements..

Le coût de ce projet de rénovation s’élève à 1,2 million d’euros supporté grâce à des mécènes privés et publics. Sur cette somme, l’installation du système d’air filtré représente 500.000 euros.