Bordeaux: Mégots, lingettes, canettes... Une campagne pour arrêter de jeter des déchets dans l'eau

POLLUTION Bordeaux Métropole lance une campagne de communication dans les rues, pour rappeler que la Garonne commence sous nos pieds

Mickaël Bosredon

— 

Bordeaux Métropole a lancé une campagne de communication pour sensibiliser aux micropolluants jetés dans l'eau
Bordeaux Métropole a lancé une campagne de communication pour sensibiliser aux micropolluants jetés dans l'eau — Bordeaux Métropole
  • Bordeaux Métropole compte 4.200 km de réseaux d’assainissement.
  • C’est un réseau qu’il faut protéger et qui ne doit transporter que de l’eau, rappelle la métropole.
  • Pourtant, quelque 200 millions mégots de cigarettes sont jetés chaque année par terre.

« La Garonne commence ici ». C’est le message que vous allez commencer à voir se dessiner sous vos pieds, dans les rues de Bordeaux et de la métropole, ces prochains jours. Cela n’a rien à voir avec la Fête du Fleuve qui se tient jusqu’à dimanche, puisqu’il s’agit d’une campagne de communication de la métropole qui vise à sensibiliser les habitants au devenir des eaux pluviales, et à l’impact sur le milieu naturel des déchets jetés dans les réseaux d’assainissement.

Outre des affiches et des dessous de verre qui seront distribués dans les bars et les restaurants - et qui viseront essentiellement les mégots de cigarettes jetés par terre - la campagne se traduira aussi par une performance artistique au niveau des… plaques d’égout. L'artiste Charlie Devier va en effet revisiter ces plaques aux abords de la rue Judaïque, de la place du marché des Chartrons, de la place Fernand Lafargue et d’une commune de la Métropole qui devrait être Artigues.

En tout, 90 millions de m3 gravitent chaque année sous le territoire de la métropole

« La métropole compte 4.200 km de réseaux d’assainissement, rappelle Didier Brunet, directeur général de la Sabom – Société d’Assainissement de Bordeaux Métropole, une filiale de Veolia. Il y a des réseaux qui collectent et les eaux usées et les eaux pluviales, et des réseaux séparatifs, poursuit-il. Les eaux usées sont acheminées vers les six stations d’épuration de la métropole, et les eaux pluviales vers le milieu naturel que ce soit la Garonne ou la Dordogne. »

Ce système relativement complexe « comprend 159 stations de pompage qui acheminent ces effluents sous nos pieds, et 183 bassins de retenue qui permettent de gérer le réseau et notamment les inondations. » En tout, 90 millions de m3 gravitent chaque année sous le territoire de Bordeaux Métropole.

« Les déchets solides sont l’ennemi du système d’assainissement »

Un monde souterrain « qu’il faut protéger » martèle Anne-Lise Jacquet, vice-présidente en charge de l’Eau et de l’Assainissement, et maire d’Artigues. « On ne doit pas y retrouver de mégots, de rouleaux de papier-toilette ou de lingettes, car les déchets solides sont l’ennemi du système d’assainissement et de nos collecteurs. Le réseau ne doit transporter que de l’eau. »

On estime que sur la métropole, 200 millions de mégots finissent chaque année par terre, « donc dans les stations d’épuration et au final dans la Garonne, ce n’est pas possible » s’indigne encore l’élue.

La problématique des lingettes encore plus grave que les mégots

Pour le responsable du service Inspection et Réparation de la Sabom, les mégots sont effectivement « ce que l’on retrouve le plus souvent dans nos collecteurs, avec les bouteilles et les canettes. » Mais le technicien est encore plus inquiet concernant la problématique des lingettes.

« C’est plus grave parce qu’elles font des amas et obstruent les pompes de nos usines. Il faut rappeler que les lingettes ça se jette dans les poubelles. » Et pas dans les toilettes. Car finalement, la Garonne commence aussi chez soi.