Gironde: Identification des victimes, détection des infections... une entreprise experte en ADN dévoile ses coulisses

HIGH-TECH L’entreprise girondine Ademtech, experte en extraction d’ADN, organise des portes ouvertes ce vendredi pour faire découvrir ses laboratoires et ses installations

Elsa Provenzano

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Thomas Duluc, ingénieur en chimie, est chef de projet chez Ademtech, à Pessac.
Thomas Duluc, ingénieur en chimie, est chef de projet chez Ademtech, à Pessac. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • La société Ademtech, basée près de Bordeaux, sait isoler des traces d’ADN grâce à des kits de détection très précis.
  • La police scientifique et la gendarmerie utilisent ses produits.
  • Elle fournit aussi aux hôpitaux des instruments pour détecter des infections fongiques et parasitaires.

Enfilez vos gants. Ce vendredi, l'entreprise Ademtech, experte en biologie moléculaire, ouvre les coulisses de ses laboratoires au public* sur le Bioparc de Pessac, près de Bordeaux.Sur son site de 700 m2, elle fabrique des kits d’extraction de l’ADN utilisés par les laboratoires de la police scientifique et l’institut de recherche criminelle de la gendarmerie.

Le visiteur devra s’équiper avec charlotte, blouse, surchaussure et masque pour ne pas « polluer » les laboratoires avec de l' ADN indésirable. Il pourra notamment assister à la purification, une des étapes de fabrication des kits, qui permet d’isoler l’ADN. « Par exemple sur une scène de crime où l’on trouve une goutte de sang sur un jean, il faut savoir que le jean contient beaucoup de colorants, beaucoup de fibres (qui peuvent être mélangées à du sable, du verre etc.), explique Jean-Baptiste Garmendia, responsable distributeurs chez Ademtech. Le but est d’enlever tout ce qui est inhibiteur ».

Scènes complexes

La force d’Adamtech est de permettre une détection d 'ADN même avec des échantillons microscopiques. « Sur le crash de l'avion de la Germanwings [24 mars 2015] et l’accident de bus de Puisseguin [23 octobre 2015] nos billes (à l’intérieur des kits d’extraction) ont été utilisées et il s’agissait d'ADN dégradé, en très petite quantité », relève Thomas Duluc, ingénieur en chimie, chef de projet chez Ademtech. Après le crash aérien, les kits ont permis l’identification des 150 victimes en seulement 15 jours.

Des applications en milieu hospitalier

Les billes microscopiques au cœur du produit d’Ademtech sont entourées de polymères. « Suivant la couche de polymères qu’on met, il y a plusieurs utilisations, explique Thomas Duluc. On en a une dédiée à la capture d’ADN, c’est le gros domaine d’Ademtech, après on peut faire différentes couches pour faire des greffages, on peut mettre des anticorps dessus, des protéines, on peut faire des captures de virus, de bactéries ».

La société a commencé à se diversifier et propose aux hôpitaux des instruments pour détecter des infections fongiques et parasitaires. « Entre l’extraction et la détection, on a un résultat en une demi-journée, souligne Julie Verrier, chef de projet R & D, spécialiste en mycologie et parasitologie chez. C’est beaucoup plus rapide qu’une culture (pour les champignons) qui prend entre trois jours et trois semaines. » Ademtech fournit aux établissements hospitaliers le matériel pour qu’ils réalisent leurs propres tests, de façon autonome.

L’entreprise qui emplois 18 personnes veut grossir (lire encadré). Elle a par exemple l’ambition de développer une gamme de produits permettant de détecter les agents infectieux portés par des voyageurs revenant de régions où certaines infections (fongiques, parasitaires) sont endémiques.

*de 14 h à 17 h

 

Une levée de fonds 

L'entreprise organise un crowdfunding sur www.happy-capital.com pour réunir 300 000 euros (le ticket minimum pour participer s'élève à 938 euros). De 2 millions d'euros aujourd'hui, elle veut faire passer son chiffre d'affaires à 9 millions d'euros en 2025.