Bordeaux: La moitié des urgences d’un hôpital en arrêt maladie

SANTE Aux urgences de Saint-André, un des sites du CHU de Bordeaux, huit infirmiers sur 13 et six des 10 aides-soignants étaient en arrêt maladie, ce mercredi

20 Minutes avec AFP

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Illustration des urgences de l'hôpital Saint-André à Bordeaux.
Illustration des urgences de l'hôpital Saint-André à Bordeaux. — DERRICK CEYRAC / AFP
  • Le service des urgences de l’hôpital Saint André a fonctionné avec la moitié de son effectif ce mercredi en raison d’arrêts maladie.
  • Selon un communiqué du collectif inter-urgences le personnel est à bout à cause notamment d’un sous-effectif chronique.

Mercredi très difficile pour les urgences de l’hôpital Saint-André de Bordeaux. Plus de la moitié des aides-soignantes et infirmières du service n’ont pu assurer mercredi leur travail « pour raisons de santé », a-t-on appris auprès du collectif Inter-Urgences qui a dénoncé un « sous-effectif quasi quotidien ».

« En grève depuis un mois déjà, les paramédicaux de Saint-André dénoncent un sous-effectif quasi quotidien. L’effectif minimum n’étant que rarement atteint malgré les assignations, la direction pallie le problème par le recours à des professionnels extérieurs, non habitués aux spécificités du service », a expliqué le collectif dans un communiqué.

« Les agents s’épuisent chaque jour à prendre en charge dans des conditions anormales les patients, et ce depuis trop longtemps. La ministre de la Santé Agnès Buzyn comme la direction de l’hôpital entend manifestement garder un cap mortifère et laisser la situation pourrir », a-t-il poursuivi. « Après les services d'urgences de Lons-le-Saunier, Saint-Antoine, Châlon-sur-Saône ou encore Lariboisière, les soignants sont dans l’incapacité d’assurer le travail », selon le collectif.

« Les collègues craquent les uns après les autres »

Aux urgences de Saint-André, un des sites du CHU de Bordeaux, huit infirmiers sur les 13 nécessaires chaque jour étaient en arrêt maladie mercredi. Pour les aides-soignants, six étaient en arrêt, alors qu’ils devraient être 10, selon une aide soignante membre du collectif, qui ne souhaite pas être nommée.

« Depuis 15 jours, les collègues craquent les uns après les autres. En plus, on a eu une vague ces dernières semaines d’accidents du travail. L’une s’est blessée avec un brancard, une autre s’est arrêtée en burn-out… », a-t-elle dénoncé.

« C’est l’aboutissement d’un processus qui dure depuis longtemps. […] Ça fait plus de trois ans qu’on est dans une démarche d’alerte. Les conditions de travail se sont dégradées à partir de 2013 lorsque les départs n’ont pas été remplacés. On a perdu une équipe de 10 infirmiers en 10 ans », a-t-elle précisé.

Un mouvement national a démarré il y a près de trois mois et est suivi par quelque 80 services d’urgences dans toute la France, selon Inter-Urgences.

La direction du CHU de Bordeaux n’a pu être jointe.