Une défaite au goût amer

Benjamin Chapon et la rédaction bordelaise - ©2008 20 minutes

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« Bon vent Marseille. » C'est avec ces mots que Bob Scott, président du jury, a annoncé que la cité phocéenne avait été choisie pour être capitale européenne de la culture en 2013. Bordeaux, Toulouse et Lyon se consoleront en apprenant que « chacune des villes aurait pu faire une formidable capitale », selon Bob Scott. La défaite n'en reste pas moins un coup dur pour Bordeaux : « J'y ai cru jusqu'au dernier moment », a confié le maire UMP Alain Juppé, qui a fait part de sa « tristesse » et de sa « déception ». Une amertume partagée par le président PS de la région, Alain Rousset, qui s'est dit « étonné de ce résultat ». « Mais nous avons eu beaucoup de plaisir à travailler sur cette candidature », a positivé Richard Coconnier, directeur du projet. « L'une des raisons de notre succès est le collectif, a expliqué son homologue marseillais, Bernard Latarjet. Deux cents personnes ont oeuvré pendant deux ans. » Ils n'ont pourtant pas fait dans la folie des grandeurs : budget raisonnable, dossier « sage et sérieux », selon deux membres du jury... « Marseille est sur une ligne de front, a expliqué Bernard Latarjet. Les relations entre l'Europe et ses midis, dans la dimension culturelle, sont conflictuelles. Ce qui se joue à Marseille doit servir de modèle à l'Europe. »

Plus politique que véritablement culturelle, la candidature marseillaise a aussi séduit par ses faiblesses. « Le fait que Marseille soit la ville qui avait le plus besoin de ce coup de pouce a sûrement été un argument fort, concède-t-il. A l'instar de Liverpool, qui a battu New­castle pour 2008, Mar­seille est la candidate qui a le plus d'efforts à faire pour être au niveau. » S'il s'est fait à l'unanimité, « le choix n'a pas été facile », a déclaré la ministre de la Culture, Chris­tine Albanel, saluant « toutes les passions qui se sont manifestées autour de ces candidatures ».

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