Bordeaux: Une mère suspectée d'avoir tiré sur sa fille à la carabine, jugée devant les assises

JUSTICE Le procès d'Aurélie Coulon s'ouvre ce mardi devant la cour d'assises de la Gironde. Elle est soupçonnée d'avoir tiré à la carabine sur sa fille de 9 ans le 9 mars 2015 sur une route de la commune de Barsac, en Gironde

Elsa Provenzano

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La route de Barsac où la fillette a été tuée par balle, le 9 mars 2015.
La route de Barsac où la fillette a été tuée par balle, le 9 mars 2015. — JEAN PIERRE MULLER / AFP
  • Une jeune femme est jugée à partir de ce mardi aux assises pour le meurtre de sa fille de 9 ans le 9 mars 2015.
  • Elle était dans un grand état de confusion après les faits et avait dû être hospitalisée.
  • Elle est aussi poursuivie pour violences volontaires car elle avait ouvert le feu en direction d’un automobiliste, sans le blesser.

Le procès d’Aurélie Coulon s’ouvre ce mardi devant la cour d’assises de la Gironde. Elle est accusée de « meurtre d’un mineur de 15 ans » après le décès par balle de sa fille de 9 ans le 9 mars 2015 et de « violences volontaires » pour avoir tiré sur un automobiliste, sans que celui-ci ait été blessé. Le procès, qui avait été reporté en raison de l’état psychologique de l’accusée selon France 3 Nouvelle Aquitaine, devrait permettre d’éclairer un peu le drame qui s’est noué ce jour-là.

Que sait-on des faits ?

Ce 9 mars 2015, à l’aube, la jeune femme quitte en toute hâte son domicile de Saint-Michel-de-Castelnau, en Sud-Gironde, et prend sa voiture en emmenant sa fille de 9 ans. Arrivée à Barsac, elle tombe en panne d’essence. Visiblement en proie à un grand désarroi et à une grande confusion, elle tire à la carabine sur une voiture qui passe à ce moment-là.

Un automobiliste parvient à la désarmer avant de découvrir le corps de la fillette blessée très grièvement au thorax et à qui il tente de porter secours, en vain. La jeune femme s’était enfuie à pied dans les vignes avant d’être rattrapée rapidement par les gendarmes.

Qu’a-t-on appris au cours de l’enquête ?

« Elle a tiré à bout portant et touchant avec un fusil de chasse de calibre 14. L’autopsie a déterminé que l’enfant a été touchée au niveau de la cage thoracique, le cœur, le foie et la rate ont été atteints » a précisé Marie-Madeleine Alliot, procureure de la République à Bordeaux, le 12 mars 2015. 

La jeune femme âgée de 33 ans au moment des faits était inconnue de la justice et sans emploi. Séparée du père de sa fille, elle vivait avec sa fillette et son amie dans le petit village de Saint-Michel-de-Castelnau. Au moment de son interpellation, son état n’a pas été jugé compatible avec la garde à vue et elle a été prise en charge dans un hôpital psychiatrique mais, elle n’a pas été jugée irresponsable pénalement. Elle ne présentait pas d’antécédents psychiatriques.

« Pour son ex-mari, qui avait la garde alternée de la fillette, c’est l’incompréhension totale, et il est dans une douleur extrême. Idem concernant la jeune femme avec qui elle entretenait une relation, qui a assuré que la chose à laquelle elle tenait le plus, c’était sa fille », expliquait la procureure lors de sa conférence du 12 mars 2015.

Pourquoi est-elle aussi poursuivie pour violences volontaires ?

Après être tombée en panne d’essence, elle est descendue de sa voiture et a tiré en direction d’un automobiliste. L’avocate de ce dernier demande qu’elle soit renvoyée pour « tentative de meurtre » et non « violences volontaires ». « Il a été visé directement et a échappé de justesse à la mort, explique maître Alizée Dill à 20 Minutes. Il l’a vue arriver et il a baissé la tête au moment du tir, dans un réflexe de survie. »

Le procès de la jeune femme se tiendra jusqu’à vendredi à Bordeaux.