Bordeaux: Comment le concept de Digital Village veut aussi réduire la fracture numérique

INFORMATIQUE L'agence qui réunit sous un même toit plusieurs talents du numérique, ambitionne également de réorienter et de former les personnes en difficulté avec l'univers du digital

Mickaël Bosredon

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Shirley Jagle a fondé Digital Village à Bordeaux.
Shirley Jagle a fondé Digital Village à Bordeaux. — M.Bosredon/20Minutes
  • Le concept de Digital Village, qui fête ses trois ans à Bordeaux, réunit dans un même espace des free-lance pour qu’ils unissent leurs compétences afin de travailler sur des projets précis.
  • Cette agence atypique entend toutefois apporter un volet humain et social à son développement, en accompagnant des personnes en difficulté avec le numérique.
  • Selon une étude, 85 % des métiers de 2030 n’existent pas encore, en raison notamment de la montée en puissance du numérique ces prochaines années.

Digital Village fête ce mercredi ses trois ans à Bordeaux. Ce concept d’agence qui réunit sous un même toit des free-lance du numérique désireux de travailler en équipe sur des projets précis, a d’abord été lancé à Paris fin 2015, puis à Bordeaux en 2016. Depuis, Digital Village s’est développé à Marseille, Toulouse, Strasbourg, et ouvrira bientôt une antenne à Nantes.

Le bureau bordelais, implanté au 88, rue Judaïque, est, lui, passé de 75 m2 à son ouverture, à plus de 300 m2 aujourd’hui. « On s’est développé sur tout le premier étage de l’immeuble, et on va préempter tout le rez-de-chaussée cette année », sourit sa fondatrice, Shirley Jagle. Elle manage désormais quelque 22 free-lance, du vidéaste au rédacteur en passant par le développeur, qui, moyennant des tarifs allant de 125 euros à 250 euros HT/mois, peuvent s’installer dans ces espaces de coworking, s’associer sur des projets, bénéficier de l’infrastructure, et surtout du réseau de clientèle, de Digital Village.

S’ouvrir à tous les publics

Mais le concept va au-delà du business. Digital Village veut aussi s’attaquer à la fracture numérique, et a pour cela tissé sa toile avec différents partenaires bordelais, de Pôle Emploi à la métropole en passant par des entrepreneurs régionaux comme Pascal Rigo, le célèbre fondateur de la chaîne La Boulange en Californie rachetée par Starbucks, et qui a ensuite créé une autre chaîne, La P'tite Boulangerie, en France. L’objectif ? S’ouvrir à tous les publics.

Digital Village propose ainsi des stages d’observation et des formations aux nouveaux outils numériques. Le public ? Un peu de tout. « Cela peut aller du quinquagénaire en rebond de carrière et qui veut repartir de zéro, au jeune avec une formation CAP, BEP ou Bac pro, mais qui s’aperçoit qu’il veut finalement s’orienter dans le digital », explique Shirley Jagle.

« Nous formons également nos propres clients, poursuit la patronne du village, car nous avons beaucoup de personnes qui décident de monter leur boîte, mais qui ne connaissent rien en informatique, ni à l’univers du numérique. »

13 millions de Français en difficulté avec le numérique

Selon un rapport de Dell et « l’Institut pour le Futur» 85 % des métiers de 2030 n’existent pas encore. Or, à l’heure actuelle, «  13 millions de français sont en difficulté avec le numérique », selon la mission société numérique.

Mais pour Shirley Jagle, ces chiffres ne doivent pas effrayer ces « oubliés » du numérique. « Personnellement je ne suis pas issue de l’univers du digital, puisque j’ai une formation commerciale à la base. Je pense que dans ce domaine, l’envie est beaucoup plus importante que le diplôme, car dans le numérique nous sommes en formation permanente, le secteur évoluant sans cesse. »