La zone de l'Aéroparc, près de Bordeaux, regroupe 40.000 emplois.
La zone de l'Aéroparc, près de Bordeaux, regroupe 40.000 emplois. — Bordeaux Métropole

DEPLACEMENTS

Bordeaux: Navette autonome, tram-train, bus en site propre... Les pistes pour améliorer la desserte de l'Aéroparc

Bordeaux Métropole a adopté vendredi le principe d’une concertation publique en vue de développer de nouveaux modes de transport pour desservir ce secteur d’activité de 40.000 emplois

  • L’Aéroparc, à cheval sur Mérignac, Le Haillan et Saint-Médard, regroupe déjà 40.000 emplois et devrait en accueillir entre 10.000 et 15.000 supplémentaires d’ici à 2030.
  • Le secteur est déjà très congestionné et il va falloir développer de nouvelles dessertes pour améliorer les déplacements.
  • Le vice-président en charge des transports martèle toutefois qu’il préfère que ces emplois s’implantent dans cette zone, plutôt que dans une autre région.

A cheval sur trois communes – Mérignac, Le Haillan et Saint-Médard – le secteur de l'Aéroparc serait à ce jour « le plus grand parc aéronautique de France » selon le maire de Mérignac, Alain Anziani (PS).

Entre ses grands groupes, ses PME et PMI, il accueille déjà 40.000 emplois. Et son développement n’est pas terminé puisqu’après que Thalès y a regroupé plusieurs de ses activités, Dassault vient de lancer les travaux pour y créer son bureau d’études aviation, Sabena s'apprête à livrer un nouveau hangar et Ariane Group va y ouvrir une nouvelle usine. On attend entre 10.000 et 15.000 emplois supplémentaires d’ici à 2030.

Pour accompagner ce développement, un projet urbain « Bordeaux Aéroparc-Aéroport » a été décidé, et vise notamment à améliorer les déplacements dans ce vaste secteur déjà très congestionné. Bordeaux Métropole a lancé vendredi le principe de la concertation publique pour ce projet. A l’issue, il pourrait être décidé de créer de nouveaux moyens de transport.

Prolongement de la ligne A du tram début 2022

« Il nous manque des transports sur ce secteur, reconnaît Alain Anziani, mais la métropole a pris les choses en mains. Je rappelle qu’on a adopté un plan de 220 millions d'euros il y a deux ans, qui comprend notamment les 80 millions pour prolonger la ligne A du tram jusqu’à l’aéroport (début 2022). Il y aura aussi une nouvelle voie qui va relier Martignas à Mérignac, en prolongement de l’actuelle voie de covoiturage qui va jusqu’à Thalès. Il faut le dire, elle n'a pas un grand succès cette voie de covoiturage (elle représenterait entre 3 et 5 % du trafic), mais en la prolongeant elle va permettre à des bus de pouvoir circuler en site propre. Et à Martignas il y aura un parc de stationnement pour que les gens y laissent leur voiture et prennent le bus. »

Le maire de Mérignac lance une autre piste. « Il faudrait peut-être aussi réfléchir à un transport autonome entre l’aéroport et Dassault, Thalès, et toutes ces entreprises. Pour moi, c’est une priorité, et il rapporterait de l’argent puisqu’il permettrait le développement d’entreprises. »

Un tram-train entre le Bassin d’Arcachon et l’Aéroparc ?

La maire du Haillan, Andréa Kiss (PS), plaide de son côté pour « des solutions souples ». Après avoir rappelé qu’un plan pour développer les pistes cyclables et améliorer les continuités piétonnes est en cours, elle estime que « le ferré, c’est lourd et coûteux, et il y a le problème de la fiabilité, alors que le bus est plus souple, il permet de s’adapter aux éventuelles évolutions des entreprises sur le secteur. Il faut proposer, dit-elle, plusieurs solutions, y compris des solutions iconoclastes, pour étudier les concepts les plus pertinents. »

Du côté du Bassin d’Arcachon, d’où une bonne partie des salariés de l’Aéroparc viennent, plusieurs élus plaident pour un nouveau moyen de transport, comme un tram-train entre le Bassin et l’Aéroparc.

« On ne va quand même pas se reprocher d’avoir des entreprises qui s’implantent là ! »

Le vice-président de la métropole en charge des transports, Christophe Duprat (LR), rappelle de son côté qu’il « n’y a pas rien non plus » puisque « six lignes de bus desservent déjà le secteur, et une nouvelle, le TechnoBus, va fonctionner entre Pessac, Le Haillan et l’aéroport, avec une fréquence toutes les 20 minutes. » Parallèlement, « lorsque le tramway arrivera à l’aéroport, un nouveau réseau de bus sera déployé. »

L’élu s’agace par ailleurs de la tournure que prend parfois le débat concernant ce secteur d’activités. « On ne va quand même pas se reprocher d’avoir des entreprises de plusieurs centaines, voire de plusieurs milliers d’emplois, qui s’implantent là. Moi je préfère les voir là, quitte à ce qu’il y ait un peu de congestion, que dans une autre région de France ! »