VIDEO. Bordeaux: Redevance, marquage au sol et pénalités... Comment la métropole va encadrer les opérateurs du «free floating»

MOBILITES Elle était dans les tuyaux depuis plusieurs mois, et a été adoptée ce vendredi : une charte va désormais encadrer les pratiques des opérateurs du « free floating » qui proposent vélos, scooters et trottinettes en libre-service

Mickaël Bosredon

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Les trottinettes électriques en libre-service de la start-up Lime sont arrivées à Bordeaux le 26 septembre 2018.
Les trottinettes électriques en libre-service de la start-up Lime sont arrivées à Bordeaux le 26 septembre 2018. — M.Bosredon/20Minutes
  • A ce jour, seuls trois opérateurs de «free floating» opèrent sur Bordeaux, mais une quinzaine s'apprêterait à débarquer.
  • Face à ce fort intérêt, la métropole a décidé d'adopter une charte qui encadre les pratiques de ce système de location d'engins électriques, en libre-service sans borne.
  • Les sociétés devront notamment payer une redevance aux communes, et 200 zones qui seront marquées au sol serviront à l'emprunt et la dépose de ces objets.

Les pratiques du « free floating » vont perdre un peu en liberté. Les élus de Bordeaux Métropole ont en effet adopté ce vendredi une charte d'engagement des opérateurs de « free floating » (engins électriques en libre-service sans borne) valable sur Bordeaux et les communes de la première couronne. Cette charte entre en vigueur « dans l’attente de la nouvelle loi d'orientation des mobilités (LOM) » dont les décrets d’application « sont annoncés pour septembre 2019 » selon un élu bordelais.

Que dit cette charte ? D’abord, les opérateurs de ces nouvelles mobilités électriques – trottinettes, vélo, scooters – devront payer une redevance par commune : 30 euros/trottinette/an, 30 euros/vélo/an et 50 euros/scooter/an. Ensuite, les entreprises qui souhaitent venir à Bordeaux seront limitées sur le nombre d’objets qu’elles pourront déployer : 600 vélos classiques et 600 vélos électriques, 200 scooters et 100 trottinettes électriques.

Un plafond pour ne pas se retrouver avec des milliers d’objets sur l’espace public

« Etant donné le nombre très important d’opérateurs intéressés (une dizaine pour les trottinettes, 2 à 3 pour les scooters électriques et deux pour les vélos) il est primordial de fixer un plafond maximal à ne pas dépasser, faute de quoi Bordeaux Métropole s’exposerait à ce que des milliers d’objets se retrouvent dans l’espace public » selon les services de la métropole.

A ce jour, seules les sociétés Indigo Weel pour les vélos, Yego pour les scooters et Wind pour les trottinettes (Lime s'était retiré au bout d'un mois mais s’apprête à revenir) sont présentes sur Bordeaux.

Des opérateurs sanctionnés en cas de non-respect du Code de la route ?

Autre nouveauté : la création de zones dédiées. « Il reviendra aux maires de déterminer la zone et les espaces de stationnement que les sociétés privées devront respecter. » Une mesure « indispensable pour éviter un stationnement anarchique et nuisible aux usagers de la rue. » Il n’est en effet pas rare que l’on retrouve des trottinettes au milieu du trottoir… ou accrochées à des panneaux. Bordeaux Métropole va ainsi proposer un marquage spécifique de ces zones qui sera mis en forme sur toutes les communes. Ces zones joueront le rôle de « stations virtuelles. » Quelque 200 espaces de stationnement sont prévus dans un premier temps, et des pénalités devraient être appliquées aux usagers qui n’y déposent pas leurs engins, par les opérateurs eux-mêmes.

Enfin, on sait que la Loi sur les mobilités du gouvernement interdira aux trottinettes électriques de rouler sur les trottoirs. La charte de Bordeaux Métropole entend anticiper ce dispositif, et un arrêté permettra aux communes qui le souhaitent de faire appliquer cette interdiction. Le maire de Bordeaux Nicolas Florian précisant même que les opérateurs devront s’engager à faire respecter le Code de la route aux usagers, et pourront être sanctionnés si ce n’est pas le cas.

Rien sur « le statut et la protection des ouvriers de l’ombre »

« C’est un travail de plusieurs mois qui aboutit, on l’espère, à une régulation de la mise à disposition de l’espace public d’un certain nombre d’objets » a commenté Jean-Louis David, adjoint à la vie urbaine à la mairie de Bordeaux. « Nous allons rentrer dans une période certainement un peu compliquée, mais nous accompagnerons nos concitoyens pour expliquer comment l’espace public doit être utilisé. »

L’élue socialiste Emmanuelle Ajon s’est, elle aussi, réjouie de l’adoption de cette charte. Mais aurait aimé qu’elle aille un peu plus loin. « Je regrette que nous n’ayons pas défini de règles plus transparentes sur le choix des opérateurs, et on aurait aussi pu envisager une clause de revoyure. Mais je regrette surtout que nous n’ayons pas mis plus de sens et d’ambition, avec une clause sur le statut et la protection des ouvriers de l’ombre qui permettent d’alimenter ces nouveaux objets de mobilité, je veux parler des auto-entrepreneurs qui recherchent des véhicules la nuit. Leur précarité d’emploi est une vraie question que nous ne pouvons ignorer. »

Le vice-président de la métropole en charge des transports, Christophe Duprat, a précisé que « lorsque les textes de loi seront mis à jour il sera évidemment nécessaire de revoir cette charte. »