Ces brebis appartiennent à une race rustique landaise.
Ces brebis appartiennent à une race rustique landaise. — E.Provenzano / 20 Minutes

NATUREL

Bordeaux: Un troupeau de 27 brebis, et une bergère, chargés d'entretenir des parcs publics

Une bergère a été recrutée par plusieurs villes de la rive droite bordelaise pour faire de l’éco-pâturage sur les parcs publics de Bassens, Lormont, Cenon et Floirac

  • Une bergère a été recrutée par un regroupement de villes de la métropole bordelaise pour s’occuper d’un troupeau de 27 brebis.
  • Pendant deux ans, cet écopâturage va être observé de près et peut-être intensifié après 2020.
  • A terme, le troupeau fera une transhumance d’un parc à l’autre, l’espace vert géré par les quatre villes s’étendant sur 240 hectares.
Rachel est employée comme bergère par le GPV Rive Droite.

Certains habitants de la rive droite pourraient avoir l’agréable surprise de tomber nez à nez avec un troupeau de 27 belles brebis landaises au cours de leur promenade dominicale dans le parc des coteaux, sur la rive droite de la métropole bordelaise. Rachel Léobet a été recrutée après une offre d'emploi de bergère périurbaine peu banale, lancée par  le Grand Projet des Villes Rive Droite (GPV Rive Droite) à l’automne 2018.

Rachel Léobet s'occupe de 26 brebis landaises sur la rive droite de la Métropole.
Rachel Léobet s'occupe de 26 brebis landaises sur la rive droite de la Métropole. - E.Provenzano / 20 Minutes

« Des copains m’ont envoyé l’offre d’emploi, qui leur a fait directement penser à moi », raconte le sourire aux lèvres Rachel Léobet, qui travaillait jusque-là ponctuellement dans des fermes du sud-Gironde pour la traite et la confection de fromages. Fille d’un éleveur installé dans le Limousin, elle a fait des études agricoles et se retrouve donc parfaitement dans son élément ce jour-là dans le parc Rozin de Bassens, couvant des yeux son troupeau.

Des orchidées et des papillons à protéger

Le GPV Rive Droite qui rassemble quatre communes (Cenon, Floirac, Bassens et Lormont) s’est donné pour vocation de développer le parc des coteaux, qui s’étend sur 400 hectares dont 240 appartiennent à des puissances publiques. Pour l’entretien de ces espaces verts, abritant une riche biodiversité, le GPV s’est intéressé à l’écopâturage pratiqué depuis 15 ans par un berger employé par la ville Evreux et à présent en charge de 250 bêtes. Le GPV s’est lancé sur le même modèle, recrutant Rachel Léobet pour un contrat qui court jusqu’à décembre 2020.

Une orchidée du parc Rozin à Bassens.
Une orchidée du parc Rozin à Bassens. - E.Provenzano / 20 Minutes

« Le parc des coteaux a la particularité d’avoir un sol très calcaire, qui était avant idéal pour cultiver la vigne, explique Benjamin Chambelland, animateur ParcLab pour le GPV Rive Droite. Il est en pente, bien exposé abritant des espèces végétales spécifiques (ail rose, quatre variétés d’orchidées) mais aussi des papillons ». Un recensement est mené en ce moment par une écologue sur l’ensemble du parc des coteaux. Reste à voir comment vont se comporter les brebis vis-à-vis des différentes espèces végétales. « On peut préserver des secteurs si besoin », précise Benjamin Chambelland.

Cela fait trois ans que le GPV Rive Droite planche sur le sujet et il espère faire la démonstration de la pertinence du projet sur deux ans, pour convaincre de futurs partenaires d’aller plus loin.

Un agneau est déjà né dans le troupeau

Les brebis sont prêtées par le Conservatoire des races d’Aquitaine, elles sont issues d’une race rustique menacée de disparition mais qui a la particularité de pouvoir passer la nuit dehors, sans abri, et de bien débroussailler les prairies, s’attaquant par exemple aux ronces. Des clôtures électriques mobiles sont utilisées par la bergère pour les déplacer de parcs en parcs. Pour l’instant, les animaux sont transportés à l’aide d’une bétaillère parce que le troupeau est encore petit et que le chien de conduite de Rachel Léobet, un beauceron de sept mois, est en cours de dressage. A terme, l’idée est d’organiser une transhumance entre les différents parcs.

Oyat est en effet une jeune chienne qui reste encore à canaliser si on en croit ses bonds intempestifs. Elle ne quitte pas sa maîtresse qui est auprès du troupeau de 8 h à 20 h, veillant à la sécurité et à la santé de chaque animal. Outre le déplacement du parc mobile, elle s’occupe de les abreuver et de soigner d’éventuelles petites blessures. Quelques jours avant notre venue, une brebis a donné naissance à un agneau, sans que la bergère ait besoin d’intervenir.

Un petit agneau, âgé de 5 jours ce mardi, est né dans le parc des Côteaux.
Un petit agneau, âgé de 5 jours ce mardi, est né dans le parc des Côteaux. - E.Provenzano / 20 Minutes

« A Triboulet (un parc de Cenon), elles ont bien tout nettoyé, c’est nickel ! », observe un jardinier municipal, venu rencontrer la nouvelle bergère. Sur quelles zones les jardiniers faucheront et sur quelles autres, les brebis auront-elles le loisir de pâturer ? La réponse est encore à affiner après observation de l’appétit des ovins. Aujourd’hui l’herbe est broyée sur place mais n’est pas exportée car cela représente un coût trop élevé. Les brebis ont cet avantage de permettre de se passer de cette étape.