Bordeaux: A quand un trafic de marchandises sur le fleuve pour sortir les camions des routes?

ENVIRONNEMENT Le nouveau maire de Bordeaux Nicolas Florian a fait part de sa volonté de développer le transport de marchandises sur la Garonne

Elsa Provenzano

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Pour l'instant peu de marchandises transitent par le fleuve girondin.
Pour l'instant peu de marchandises transitent par le fleuve girondin. — LODI FRANCK/SIPA
  • Le maire de Bordeaux Nicolas Florian a fait part de sa volonté de développer le trafic de marchandises sur le fleuve.
  • Les acteurs concernés s’accordent sur le potentiel du fleuve, mais aucun modèle de développement n’émerge et aucune étude n’est programmée pour le moment.

Si des gabares transportaient des matériaux sur la Garonne au XIXe siècle, ce trafic s’est aujourd’hui réduit à peau de chagrin. Pourtant, il pourrait participer à sortir des camions des routes girondines, très encombrées.

Sur ce point tous les acteurs semblent d’accord et Nicolas Florian, maire (LR) de Bordeaux a, début avril, souligné sa volonté de développer ce pan d’activité, à l’occasion de l’inauguration du ponton Ariane sur la rive gauche, quai des Chartrons. Il est destiné à l’accueil de grands voiliers, superyachts, paquebots fluviaux et navires militaires. Mais si la volonté est affichée, la mise en place effective d’un tel fret ne paraît pas pour demain.

Les acteurs semblent unanimes…

« Nous sommes la première ville à avoir mis en place l'évacuation par la Garonne des déchets des paquebots fluviaux jusqu’à l’usine Astria de Bègles », rappelle Stéphan Delaux, adjoint au maire chargé de l’attractivité économique et de la vie fluviale. Mais il reconnaît qu’il faut aller plus loin : « Il faut stimuler les acteurs, le fleuve est au milieu de la métropole et peut nous rendre plus de services, tout le monde est concerné ».

« Il faut une utilisation beaucoup plus importante de l’axe fluvio-maritime, abonde Philippe Dorthe, conseiller régional (PS) et administrateur du grand port maritime de Bordeaux. Je pense au Libournais, au Langonnais, au Pauillacais, à toutes les communes qui bordent les fleuves Garonne et Dordogne ». Il constate aujourd’hui des situations aberrantes, « par exemple les livraisons pour l’entreprise Pro Loisirs, basée au Verdon-sur-Mer, arrivent par camions ».

… mais rien de concret n’est programmé pour l’instant

« Tout le long de l’estuaire, les appontements et les infrastructures existent, relève le nouveau directeur du grand port maritime de Bordeaux Jean-Frédéric Laurent. Mais tout est à construire en ce qui concerne le fret ». Il n’y a pas d’étude à ce stade et le modèle entier reste à imaginer, en dialoguant avec le réseau des voies navigables, la métropole et les acteurs privés auprès desquels des appels d’offres pourraient être envisagés. Une convention existe entre le port, la région, le département et la métropole et pourrait servir de cadre pour le lancement d’une éventuelle étude.

Pour Philippe Dorthe, cette réflexion autour du transport de marchandises ne peut faire l’économie d’une prise en compte des carburants propres, comme l’hydrogène, pour ne pas louper le coche de la transition énergétique.

Il y voit un vrai potentiel économique pour le territoire : « Plus il y a de bateaux, plus la réparation navale va se développer », résume-t-il. De belles perspectives mais qui n’auront de réalité que si ce projet de fret émerge enfin…

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