Elections européennes: Au meeting de Raphaël Glucksmann à Bordeaux, les militants revigorés par la victoire des socialistes espagnols

ELECTIONS EUROPEENNES Raphaël Glucksman, tête de liste d'« Envie d’Europe », était en meeting à Bordeaux ce jeudi soir. Dans la foule, les militants étaient optimistes après la victoire du parti socialiste espagnol aux élections législatives

Elsa Provenzano

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Raphaël Glucksmann à Bordeaux pour son meeting avant les européennes.
Raphaël Glucksmann à Bordeaux pour son meeting avant les européennes. — NICOLAS TUCAT / AFP
  • La liste « Envie d’Europe » menée par Raphaël Glucksmann était en meeting à Bordeaux ce jeudi soir au théâtre Fémina. Elle réunit des candidats issus du PS, Nouvelle Donne et Place publique.
  • Les militants estiment que le score du parti socialiste espagnol aux législatives est un signe encourageant pour leur liste présentée comme la renaissance de la gauche.
  • Beaucoup d’entre eux pensent qu’un gros travail de refondation a été réalisé et qu’il pourrait payer aux urnes.

« Il y a deux ans, tous les journalistes disaient que le PSOE [Parti socialiste ouvrier espagnol] allait mourir. » Paul, militant aux Jeunes socialistes venu participer au meeting de la tête de liste de son camp, Raphaël Glucksmann, veut croire dans les chances de son candidat. La raison de son optimisme? L'arrivée en tête du parti socialiste espagnol aux élections législatives le 28 avril dernier.

Ce jeudi soir, le jeune homme de 22 ans est arrivé en avance au théâtre Femina de Bordeaux pour voir le leader de la liste Envie d’Europe, qui réunit des candidats issus du PS, Nouvelle Donne et Place publique. Il parie sur l’aspect galvaniseur du meeting: « A Limoges on a dû rajouter des chaises », se souvient-il.

Et la star de la soirée n'a pas manquer d'aller dans son sens. « Regardez ce qui se passe en Espagne: le PSOE et son leader Pedro Sanchez ont triomphé, n’a pas manqué de souligner Raphaël Glucksmann. Il y a deux ans on nous expliquait qu’il était à terre, que l’alternative était entre Podemos et les conservateurs, qu’il n’y avait plus de place pour la social-démocratie ». 

Un travail de refondation rappelé par les militants

Ce soir-là, à Bordeaux, beaucoup de militants estiment que l’alliance du PS avec Place Publique et Nouvelle donne est la preuve d’une vraie refondation. Anne, 58 ans, qui a adhéré au PS au moment de la primaire à gauche, estime que « tout a été remis à plat, qu’il y a eu des débats et des votes internes » depuis ce moment-là. « On a de bons échos sur le terrain quand on tracte, en particulier sur notre programme écologique », assure aussi Mathilde, 18 ans, également militante aux Jeunes Socialistes. « Le PSE (Parti socialiste européen) a la capacité d’être majoritaire », ajoute Paul. La liste menée par l'essayiste est néanmoins créditée de seulement 4 % d'intentions de vote dans le dernier sondage Elabe, et de 5 % dans celui de l’institut Ifop Fiducial. 

Les bons résultats des socialistes espagnols vont-ils avoir un impact sur les élections européennes ? Lisa, 19 ans, étudiante en droit, se montre sceptique. La jeune fille pointe un éparpillement de la gauche. Réhane, 19 ans, une de ses camarades de promotion, est plus optimiste. Si elle penche pour la liste Envie d’Europe c’est pour la « belle vision humaniste de Raphaël Glucksmann ».

Une élection qui risque de virer au référendum national ?

Même tonalité positive pour Claire, 69 ans, militante socialiste depuis 40 ans, pour laquelle la situation actuelle du Parti socialiste « est une mauvaise passe »: « Si on n’avait pas d’espoir on serait partis », précise-t-elle. Son compagnon, Gilbert, 74 ans, simple sympathisant, plébiscite aussi la stratégie d’alliance : « Si on continue à rester sur nous-mêmes, on n’avancera pas. »

Plus loin, plus tard, on croise une militante «gilets jaunes» de la première heure. Anne-Lise, 39 ans, est venue par curiosité au meeting, mais ne sait pas encore pour qui elle va voter le 26 mai prochain. Elle voit dans la victoire des socialistes espagnols un espoir, mais elle souhaiterait surtout que la « politique très rétrograde » selon elle de la République en Marche soit stoppée. Un signe de plus que ce scrutin pourrait bien se transformer en référendum pro ou anti-Macron.