Bordeaux: A la découverte des bons plans culture (et gratuits) du Pôle musique et danse

CULTURE Méconnu du grand public, le Pôle d’enseignement supérieur Musique et Danse de Bordeaux propose toute l’année des représentations gratuites effectuées par de jeunes professionnels

Mickaël Bosredon

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L’orchestre du PESMD dirigé par Laurent Gignoux, au Théâtre des Quatre Saisons de Gradignan.
L’orchestre du PESMD dirigé par Laurent Gignoux, au Théâtre des Quatre Saisons de Gradignan. — PESMD
  • Les étudiants du Pôle musique et danse se produisent aux quatre coins de Bordeaux toute l’année pour des représentations gratuites.
  • C’est aussi l’occasion de découvrir des lieux insolites, comme la Villa 88 ou la chapelle de la Drac.
  • Le site du Pôle musique et danse situé actuellement près de la Victoire, déménagera prochainement dans le quartier Euratlantique.

Le PESMD ? Qu’est-ce que c’est que ce truc ? Cet acronyme barbare veut dire « Pôle d’enseignement supérieur musique et danse ».

Il s'agit d'un établissement d’enseignement supérieur qui forme de futurs professionnels, au même titre que le Conservatoire national supérieur de Paris. « Mais il y a régulièrement confusion avec le conservatoire Jacques-Thibaud de Bordeaux, qui est un établissement de très grande qualité, avec qui nous travaillons régulièrement, mais qui propose des formations artistiques à 95 % pour des amateurs. Ce n’est pas la même démarche », insiste le directeur du PESMD Laurent Gignoux.

Le PESMD accueille, lui, 150 étudiants chaque année. Que des pointures dans leurs disciplines. Et, les Bordelais ne le savent pas assez, l’établissement propose tout au long de l’année des représentations de très haute volée aux quatre coins de la ville, dans des endroits parfois très insolites. Des représentations gratuites qui plus est.

Quatre jours de concerts gratuits au Théâtre des Quatre Saisons

« Nous nous produisons régulièrement au Rocher de Palmer, au TnBA, à la Cité du Vin et nous avons des actions avec l’opéra de Bordeaux, énumère Laurent Gignoux. Une fois par mois, nous proposons un Midi en musique  dans la chapelle de la Drac (Direction régionale des affaires culturelles), l’ancien couvent des Annonciades (prochains rendez-vous les 31 mai et 21 juin) et avec un programme varié. »

Ce n’est pas tout. « Nous menons aussi des actions ponctuelles avec Fradin Culture – la fondation culturelle du promoteur Norbert Fradin – à la Villa 88 – un hôtel particulier du quartier Saint-Genès –, un lieu avec une acoustique fabuleuse. Le 9 mai nous y donnerons par exemple une représentation qui s’annonce magnifique : Les variations Golberg en version ensemble à cordes, avec le Trio 71, qui est un trio de nos formateurs parisiens, de très grands solistes, et qui vont venir jouer avec nos élèves. Nous nous produisons aussi au Théâtre des Quatre Saisons à Gradignan où nous donnerons notamment notre récital de fin d’étude du 29 mai au 2 juin : quatre jours de concerts (classique, jazz, contemporain) toujours en accès libre et gratuit. »

« Quand les gens viennent à nos représentations, ils sont très étonnés, poursuit Laurent Gignoux. C’est là qu’ils s’aperçoivent que nos artistes sont déjà de jeunes professionnels. J’ai compté lors d’une représentation récente de l’ONBA (Orchestre national Bordeaux-Aquitaine), sur 50 musiciens, il y en avait dix qui travaillent avec nous. »

Le déménagement, « c’était une question de survie »

Actuellement installé rue Monthyon, dans des locaux exigus et vieillots, le PESMD déménagera dans quelque temps dans le quartier Euratlantique. Laurent Gignoux annonce en effet à 20 Minutes qu’il vient de recevoir un courrier actant le projet. « Pour le pôle, c’était une question de survie, insiste le directeur. Ce projet de 2.000 m2 – contre 450 m2 actuellement – prendra forme au sein de l’îlot Guyard – 40.000 m2 en tout - le long de la rue des Terres de Borde. »

« On va amener de la vie dans ce quartier, avec des jeunes qui ont besoin de se loger, et avec notre grande capacité d’animation grâce à nos spectacles gratuits, car l’ambition de ces nouveaux locaux est aussi d’accueillir du public, se réjouit le directeur. Et avec la Méca en face, le conservatoire et les Beaux-Arts qui ne sont pas loin, l’ensemble formera une sorte de "campus des arts". » Reste maintenant à affiner le calendrier.