Bordeaux: 15 km à marcher et 3 tonnes à porter par jour, les brancardiers du CHU veulent une prime de pénibilité

SOCIAL Ce mardi, les brancardiers du CHU de Pellegrin étaient en grève pour demander une prime de pénibilité et de meilleures conditions de travail

Elsa Provenzano

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Les brancardiers du CHU de Pellegrin étaient en grève ce mardi pour demander une revalorisation salariale.
Les brancardiers du CHU de Pellegrin étaient en grève ce mardi pour demander une revalorisation salariale. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • Devant le rond-point de l’hôpital, les brancardiers se sont rassemblés pour demander une prime de pénibilité.
  • Avec la baisse des effectifs et l’augmentation de l’activité, ils se disent à bout.
  • Les discussions avec la direction n’ont pas abouti ce mardi mais se poursuivent.

Ils commencent à 1.200 euros et après 20 ans de carrière ils ne touchent que 1.600 euros, pour un travail très éprouvant physiquement. C’est ce que font valoir les brancardiers, qui ont l’impression de faire partie des parents pauvres du Tripode Bordelais.

Ce mardi, ceux qui n’étaient pas réquisitionnés pour assurer le service minimum se sont mobilisés devant le rond-point en face du CHU Pellegrin, à partir de 6 h 30. Ils demandent une prime de 90 euros pour la pénibilité et le risque infectieux qu’ils encourent. 

Ils portent 3 tonnes par jour

Les brancardiers parcourent au moins 15 kilomètres par jour et portent jusqu’à trois tonnes. « Un de nos collègues porte un corset pour travailler », raconte l’un des brancardiers mobilisés. Nombreux sont ceux qui connaissent des problèmes de dos ou d’articulations. En contact avec des malades, il y a eu un cas récent de rougeole et un de gale parmi eux. Et, un autre a dû recevoir un traitement de prévention contre la méningite. « On a eu un premier rendez-vous avec la direction qui nous a proposé une prime de 15 euros… », déplore Alain Es-Sebbar, secrétaire CGT CHU Pellegrin.

Il y a quatre ans, ils étaient 92 brancardiers et l’effectif est réduit à 62 aujourd’hui, alors même que la charge de travail a augmenté. « On sait qu’ils ne vont pas recruter alors au moins on voudrait de meilleures conditions de travail », résume l’un des grévistes. « Pour les patients c’est parfois 1 h à 1h 30 d’attente et comme on est souvent en retard, quand on arrive dans un service, tout le monde est en colère », soupire un autre.

« Concernant les primes, il est important de préciser que celles-ci sont définies par des textes réglementaires compte tenu des activités exercées, précise la direction de l’hôpital dans un communiqué. La marge de manœuvre de la Direction se situe dans ce cadre ». Une rencontre a eu lieu ce mardi mais n’a pas permis de trouver un accord avec l’équipe de brancardage de Pellegrin. Les discussions se poursuivent.

« En tout état de cause, le CHU doit pouvoir continuer à accueillir les patients normalement », conclut le communiqué.