VIDEO Bordeaux: «La qualité visuelle est là», promet un petit studio qui a tourné un thriller glaçant avec une IA malveillante

INTERVIEW Bruce Lalande, réalisateur et producteur exécutif au sein de la société Carnages, dévoile à 20 Minutes le premier long-métrage du studio bordelais, un film d’anticipation dans une ville ubérisée

Propos recueillis par Elsa Provenzano

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Les acteurs et les membres de l'équipe technique représentent une trentaine de personnes.
Les acteurs et les membres de l'équipe technique représentent une trentaine de personnes. — Carnages
  • La société de production Carnages se lance dans son premier long-métrage « Blondie Maxwell ne perd jamais », en cours de postproduction.
  • Réalisé avec de petits moyens, le studio bordelais veut croire à une belle destinée pour son premier film, un thriller d’anticipation tourné dans les rues de Bordeaux.

Il veut jouer dans la cour des grands. Carnages, petit studio bordelais créé en 2015, est à l’origine de plusieurs courts-métrages dont certains ont été primés lors de festivals (48FilmProject, Four Point Film Project, Alternative Film Festival, Festival de Gisors etc.). Il vient de terminer son premier long-métrage Blondie Maxwell ne perd jamais , un thriller d’anticipation tourné à Bordeaux dont nous parle Bruce Lalande, producteur exécutif.

Blondie Maxwell ne perd jamais - Trailer 4 from Carnages on Vimeo.

Comment est née l’idée d’un long-métrage chez Carnages ?

Il y a un an et demi, lors d’un atelier d’écriture pour préparer un nouveau court-métrage on s’est rendu compte qu’on avait une belle histoire et qu’un court-métrage ne suffirait pas à la raconter. Alors Julien Ivanowich (auteur et réalisateur) a écrit le scénario complet de Blondie Maxwell ne perd jamais, aujourd’hui en postproduction.

La comédienne bordelaise Léonie Langlart incarne Blondie Maxwell.
La comédienne bordelaise Léonie Langlart incarne Blondie Maxwell. - Carnages

Quel est le pitch ?

Bruce Lalande, réalisateur et producteur pour la société Carnages.

L’héroïne, Blondie Maxwell, vit dans un futur proche (d’ici une dizaine d’années environ) au sein d’un monde ultra-digital, ubérisé et dans lequel tous les services publics ont été privatisés. Elle est détective privée et enquête sur l’assassinat d’une jeune femme. Elle va s’apercevoir qu’une manipulation est organisée par une intelligence artificielle appelée Chronos. Elle va tenter de la dénoncer mais en même temps, elle est face à un dilemme puisque la prime pour arrêter le terroriste qui s’en prend à cette même IA est de 3 millions d’euros.

Comment avez-vous financé le projet ?

On avait tellement envie de le faire qu’on n’a pas cherché de financement à proprement parler. On a dit aux acteurs « si un jour on peut vous payer on vous paiera ». On a seulement fait un crowdfunding qui a permis de recueillir quelques milliers d’euros et surtout, ceux qui pouvaient participer au financement l’ont fait. Certains comédiens ont aidé l’équipe technique ou même préparé à manger sur le tournage. Au total l’équipe a compté une centaine de personnes, dont les figurants.

Le tournage s'est déroulé dans des lieux emblématiques de Bordeaux comme ici près de la base sous marine.
Le tournage s'est déroulé dans des lieux emblématiques de Bordeaux comme ici près de la base sous marine. - Carnages

C’est un pari osé, surtout pour un film d’anticipation qui suppose des effets spéciaux non ?

On est une microstructure mais on est multicompétences. Et maintenant, il existe des caméras de grande qualité à des prix accessibles, donc on peut proposer de l’ultra HD de bonne qualité. Le studio n’a pas fait les choses de façon conventionnelle mais la qualité visuelle et graphique est là. L’univers du film est sombre et pop à la fois, on a beaucoup travaillé l’esthétique. L’idée c’est aussi de montrer ce qu’on peut faire dans ces conditions et dire « vous imaginez ce qu’on peut faire avec du budget ? ».

Comment le film va-t-il être distribué ?

Il est en postproduction et on espère le terminer avant le festival de Cannes. On a pris des contacts avec des producteurs de plateformes (Amazon, Netflix…) et d’autres canaux plus classiques. Dans le petit milieu du cinéma bordelais, il commence déjà à faire un peu de bruit…