VIDEO.«Gilets Jaunes» à Bordeaux: Forte mobilisation sans débordements majeurs

SOCIETE Le maire de Bordeaux avait appelé à une opération ville morte, redoutant des violences d'ampleur qui n'ont pas eu lieu. Les forces de l'ordre ont néanmoins interpellé une soixantaine de personnes

E.P. avec AFP

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Plusieurs milliers de manifestants ce samedi pour l'acte XX des gilets jaunes à Bordeaux. //AMEZUGO_10040/1903302235/Credit:UGO AMEZ/SIPA/1903302238
Plusieurs milliers de manifestants ce samedi pour l'acte XX des gilets jaunes à Bordeaux. //AMEZUGO_10040/1903302235/Credit:UGO AMEZ/SIPA/1903302238 — UGO AMEZ/SIPA

La journée apocalyptique redoutée par le maire de Bordeaux n’a pas eu lieu samedi. Une soixantaine de personnes ont néanmoins été interpellées à Bordeaux à l’occasion de l’acte 20 des « gilets jaunes », marqué par une forte mobilisation, quelques accrochages, mais sans les violences d’ampleur redoutées par les autorités.

59 personnes ont été interpellées, un certain nombre pour un simple contrôle, pour « détention de matériels offensifs, ports d’armes prohibé, jets de projectiles sur les forces de l’ordre et outrages sur personne dépositaire de l’autorité publique, a indiqué la préfecture.

Vendredi, le maire de Bordeaux Nicolas Florian avait appelé habitants et commerçants à faire de la capitale girondine une « ville morte, en raison de la présence annoncée de centaines de casseurs » et, selon la préfecture, de « risques avérés de dégradations et de violences »

Une dispersion plutôt rapide

Des accrochages ont bien eu lieu à partir du milieu d’après-midi. Du matériel de chantier et des tuyaux en caoutchouc, plusieurs poubelles, ont été incendiés en centre-ville où les forces de l’ordre ont effectué plusieurs charges, sur fond de tirs de lacrymogène, alors que des manifestants lançaient divers projectiles.

La manifestation s’est ensuite diluée en petits groupes, jouant au chat et à la souris avec les forces de l’ordre qui bloquaient de manière fixe plusieurs axes du centre-ville, interdits à la manifestation, et se montraient très mobiles.

Dns un communiqué samedi soir, Nicolas Florian s’est félicité « de la dispersion rapide des manifestants, tout en constatant des dégâts plutôt limités ». Il estime que sa mise en garde sur une « ville morte » contribué « à la gestion très efficace de la manifestation par les forces de police, et (au) contrôle plus facile des nombreux éléments à risque venus à Bordeaux ».

Drouet et Rodrigues dans le cortège

En début de soirée, de 200 à 300 « gilets jaunes » participaient calmement à des débats dans un village de tentes montées sur les quais de Garonne, un rassemblement fixe autorisé par la mairie. Un bref accrochage, avec tirs de lacrymogènes et de LBD (lanceurs de balles de défense), a eu lieu en début de soirée avec une poignée de gilets jaunes, à 300 mètres de là. Au moins deux personnes ont été prises en charge par les pompiers, selon l’AFP sur place.

Plusieurs milliers de « gilets jaunes » étaient auparavant mobilisés dans ce bastion du mouvement, avec la présence de quelques vedettes du mouvement comme Eric Drouet et Jérôme Rodrigues.

Quelques slogans comme « Bordeaux, Toulouse, soulève toi ! » ou « Toulouse-Bordeaux, fin du derby, début du débat ! » rappelaient que Bordeaux accueillait des « gilets jaunes » toulousains ce samedi, avant que l’invitation ne soit rendue le 13 avril dans la capitale occitane.