Bordeaux: Ateliers, bureaux, apprentissage… Comment La Planche veut vous faire sortir du bois

INITIATIVE Un architecte et un ingénieur viennent d’ouvrir ce nouvel espace partagé consacré au matériau bois, qui s’adresse aux néophytes comme aux professionnels

Mickaël Bosredon

— 

Projet du premier tiers-lieu de Bordeaux consacré au bois, La Planche, qui ouvre progressivement ses portes dans le quartier Saint-Michel.
Projet du premier tiers-lieu de Bordeaux consacré au bois, La Planche, qui ouvre progressivement ses portes dans le quartier Saint-Michel. — La Planche
  • L’atelier vient d’ouvrir dans une ancienne carrosserie du quartier Saint-Michel.
  • Il propose un atelier, pour les bricoleurs confirmés comme pour les néophytes, un espace de coworking pour les porteurs de projet, et veut se consacrer à l’apprentissage.
  • Entreprise de l’économie sociale et solidaire, La Planche a été soutenue par les collectivités et a récolté plus de 8.000 euros lors d’une campagne de crowdfunding.

Vous avez toujours rêvé de fabriquer des objets en bois, mais vous pensez ne pas avoir les compétences, ou tout simplement vous n’êtes pas outillé ? La Planche veut vous apporter le salut. Victor du Peloux et Clément Belin, respectivement architecte et ingénieur dans le bâtiment, ont inauguré le 30 mars la première phase de ce tiers-lieu consacré au bois, qui s’est installé dans une ancienne carrosserie du quartier Saint-Michel. Le site encore en travaux va s’aménager et s’agrandir au fil des mois. En attendant, on vous explique ce concept novateur.

Victor du Peloux et Clément Belin ont créé La Planche, un atelier consacré au bois, à Bordeaux.
Victor du Peloux et Clément Belin ont créé La Planche, un atelier consacré au bois, à Bordeaux. - M.Bosredon/20Minutes

La Planche, c’est quoi ?

Ce sera un lieu dédié au matériau bois, dans lequel il y aura un atelier partagé, des bureaux partagés, et un espace consacré à l’apprentissage. Dans l’atelier, on trouvera toutes les machines traditionnelles, « à destination d’artisans qui se lancent, par exemple, des personnes en reconversion et qui viennent pour tester, prototyper, en parallèle d’une formation ou d’un autre emploi, et pour les bricoleurs qui veulent fabriquer du mobilier ou des objets du quotidien », explique Victor du Peloux. La partie coworking proposera des bureaux partagés, pour ceux qui veulent lancer une activité bureaux et fabrication.

Est-ce qu’on peut fabriquer tout type d’objet à La Planche ?

A priori, oui. « La limite, c’est la taille, estime Victor du Peloux : on ne peut pas se lancer dans un projet de charpente. Mais tout le reste, oui. » En termes d’outillage, l’atelier débutera avec « une seule machine stationnaire, la base pour transformer du bois brut en bois travaillable, et beaucoup de matériel électroportatif : scie circulaire, scie sauteuse… » Une fois les travaux du site achevés, la partie atelier s’étalera sur 120 m2 avec d’autres machines stationnaires et une machine numérique.

Les néophytes seront-ils les bienvenus ?

L’aspect apprentissage est fondamental dans le concept de La Planche. « Il y aura des ateliers-objets : des artisans proposeront des objets à fabriquer de A à Z, comme des cuillères ou des planches à découper, ou des planches de surf. Il y aura des ateliers techniques aussi, qui permettront d’apprendre une technique ou à se servir d’un outil en particulier, la scie circulaire ou la défonceuse. Et dans un deuxième temps on s’adressera même aux enfants, pour enseigner les bases, en partenariat avec des associations. » La Planche proposera aussi une option accompagnement : « on vient avec son projet, dans l’idée de le faire soi-même, mais un artisan est présent pour apporter de l’aide », précise le responsable.

Combien ça coûte ?

Pour un accès en autonomie, il faut acquérir un pass plancheur de 39 euros, puis il faut compter 10 euros de l’heure (tarif dégressif) et 20 euros si l’on souhaite être accompagné par un artisan. Comptez entre 60 et 120 euros pour les ateliers thématiques, d’une durée de 3h (sauf celui sur la planche de surf à 990 euros).

Pourquoi avoir lancé ce tiers lieu consacré au bois ?

« Notre constat de départ, explique Victor du Peloux, c’est qu’il y a une déconnexion dans le milieu du bâtiment, entre ceux qui décident et ceux qui font, et on a voulu faire se rencontrer l’ensemble des métiers. Après est venue se rajouter l’idée d’ouvrir des ateliers au public. Nous ne sommes pas Bordelais, mais on voulait s’installer dans une ville en mutation, ou ça construit et où il y a du travail pour les artisans. Et à Bordeaux s’ajoutait le lien évident avec la filière bois, puisque les Landes sont juste à côté. »

Entreprise de l'économie sociale et solidaire, le projet de La Planche qui représente entre 100.000 et 150.000 euros d’investissement, a été soutenu par la région, Bordeaux Métropole et le département de la Gironde. « On a aussi réalisé une campagne de crowdfunding [un peu plus de 8.000 euros ont été récoltés], contracté un prêt bancaire et apporté un peu de fonds propres », détaillent les créateurs.

La Planche, 32, rue Permentade à Bordeaux.