Bordeaux : La Ville vote une légère baisse sur la taxe foncière… mais elle va quand même augmenter

POLITIQUE Le nouveau maire de Bordeaux, Nicolas Florian, a annoncé ce lundi une baisse de 1 % sur le taux de la taxe foncière, mais comme l’Etat augmente les bases de 2,2 %, cela ne fera qu’amortir un peu cette hausse

Elsa Provenzano

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Nicolas Florian, maire de Bordeaux
Nicolas Florian, maire de Bordeaux — M.Bosredon/20Minutes
  • Le nouveau maire de Bordeaux a proposé une baisse de 1 % sur le taux de la taxe foncière pour 2019, qui a été adoptée par le conseil municipal ce lundi.
  • Néanmoins comme l’Etat augmente les bases de calcul, les Bordelais vont quand même payer une taxe foncière plus élevée.
  • L’opposition regrette que des mesures de justice fiscale concernant la taxe d’habitation et les propriétaires les plus modestes n’aient pas été envisagées.

Oui mais non… Oui, la Ville de Bordeaux a voté une baisse de 1 % sur le taux de la taxe foncière ce lundi mais, non, la facture pour les Bordelais ne va pas pour autant baisser par rapport à 2018. La raison ? L’Etat augmente les bases de calcul sur la foncière de 2,2 %.

« Ce n’est pas une baisse de la fiscalité puisque les personnes vont payer plus d’impôts que l’an dernier, pointe Matthieu Rouveyre, élu socialiste. Cela va compenser en partie une augmentation forte des bases. » « J’entends, ce n’est jamais suffisant mais au moins on le fait », répond l’ancien adjoint aux finances et à présent maire de Bordeaux Nicolas Florian, alors que toutes les municipalités doivent se prononcer sur les taux de fiscalité avant le 15 avril.

« Une bonne santé financière »

En clair, sur une base de valeur locative de 1.500 euros en 2018, cela donnait une taxe foncière à 443 euros. Et, avec l’augmentation des bases à 1.533 euros cette année, elle se serait élevée à 453 euros sans baisse de taux de la part de la Ville. En appliquant une diminution d’1 %, elle l’abaisse à 448 euros.

« Certes cela ne concerne que les propriétaires mais s’agissant de la taxe d’habitation, il y a une réforme structurelle qui a été mise en œuvre par le gouvernement et le président de la République », complète le maire de Bordeaux qui présidait son premier conseil municipal depuis son élection. Il estime que c’est un geste, le début d’une dynamique qui va s’inscrire dans le temps. Son premier adjoint a aussi souligné des efforts de longue haleine : « De 1995 à 2018, Alain Juppé a mené une politique de modération fiscale. Si on peut faire cette baisse, c’est que la ville affiche une bonne santé financière ».

« Une des villes les plus fiscalisées »

L’élu socialiste regrette que des mécanismes pour réduire la taxe d’habitation, qui n’est pas encore supprimée, ou réduire la pression fiscale sur les « petits » propriétaires n’aient pas été envisagés. Pierre Hurmic, élu EELV, regrette lui le manque d’ambition de la Ville en matière de taxation des résidences secondaires et des logements vacants. Il appelle aussi de ses vœux une réflexion sur une fiscalité climatique, permettant par exemple une exonération sur la taxe foncière pour des travaux de rénovations énergétiques.

« Bordeaux est une des villes les plus fiscalisées, alors si les services rendus étaient en rapport avec cette fiscalité forte je ne dis pas, mais là on manque d’équipements de proximité, de piscines, de gymnases, de structures pour la petite enfance », pointe Matthieu Rouveyre. L’élu, s’il a redit l’opposition de son groupe sur le fond, a remercié le nouveau maire de Bordeaux pour sa contribution à « l’apaisement » des relations entre la majorité et l’opposition. Les débats ont été, il est vrai, particulièrement courtois.