VIDEO. Bordeaux: On vous présente cinq spécimens emblématiques du nouveau Muséum

SCIENCES Alors que le Muséum de Bordeaux rouvrira dimanche 31 mars, Nathalie Mémoire, la directrice, présente cinq spécimens emblématiques des nouvelles collections

Mickaël Bosredon

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Le Muséum de Bordeaux rouvrira le 31 mars, avec plusieurs nouveaux spécimens.
Le Muséum de Bordeaux rouvrira le 31 mars, avec plusieurs nouveaux spécimens. — M.Bosredon/20Minutes
  • Le Muséum d'Histoire naturelle de Bordeaux rouvrira le dimanche 31 mars, après dix ans de fermeture.
  • La directrice et conservatrice Nathalie Mémoire est fière du travail réalisé durant cette longue période de rénovation et d'agrandissement de l'établissement.
  • Elle nous présente cinq spécimens emblématiques de cette nouvelle collection, dont l'indéboulonnable éléphante Miss Fanny.

Le Muséum de Bordeaux va rouvrir ses portes dimanche 31 mars. Et ce sera un sacré événement, l’établissement étant fermé depuis… dix ans. Entre marchés d’appel d’offres infructueux, projet architectural maintes fois revu et… orage de grêle qui a inondé plusieurs pièces, les travaux de rénovation et d’agrandissement du magnifique bâtiment XVIIIe de l'  hôtel de Lisleferme, dans le Jardin public, ont été un poil plus longs que prévu.

Après une dernière visite du taxidermiste, passé il y a quelques jours faire ses derniers ajustements – remise en place de poils, travail sur les couleurs – 20Minutes a visité la nouvelle scénographie du musée en avant-première, avec comme guide la directrice Nathalie Mémoire.

« Une de nos particularités est d’avoir réussi à obtenir cette ligne très contemporaine, avec de nouveaux spécimens et d’anciens restaurés, et d’avoir pu remettre en valeur ces vitrines murales tout en conservant une évocation de galerie 19e dans l’architecture de la salle », résume la directrice.

Des lignes contemporaines, mais un esprit 19e siècle... La rénovation de la grande galerie du Muséum de Bordeaux a été réussie.
Des lignes contemporaines, mais un esprit 19e siècle... La rénovation de la grande galerie du Muséum de Bordeaux a été réussie. - M.Bosredon/20Minutes

Pour 20Minutes, Nathalie Mémoire a choisi cinq spécimens présentés dans ce nouveau parcours – qui en compte 3.500 –, dont elle nous raconte l’histoire.

Le rorqual commun

Le squelette de rorqual commun est exposé au muséum de Bordeaux.

« Cette grande baleine de 18 mètres de long avait été installée avant même les îlots de la nouvelle scénographie dans la grande salle du muséum. Il est entré chez nous en 1881, et il a été exposé pour la première fois vers 1932, mais il était présenté en pièces détachées, si bien que l’on voyait de grands ossements mais personne ne comprenait ce que c’était. En plus il y avait à côté une mâchoire de cachalot, du coup c’était absolument illisible pour le public. On a donc choisi de le faire remonter en connexion anatomique et suspendu comme s’il était en train de nager, au plafond de la galerie. »

La girafe Kailou

La girafe exposée au muséum de Bordeaux provient du zoo de Limoges.

La girafe Kailou « est un des nouveaux spécimens, entrée chez nous en février 2018. » Elle arrive du zoo de Limoges, et elle a été « naturalisée par le taxidermiste qui travaille pour nous sur les grands spécimens, et qui se trouve sur Orléans. Nous l’avions installée directement dans la salle du muséum dès qu’elle a été prête. »

L’ours polaire

L'ours polaire présenté au museum de Bordeaux a été chassé par les Inuits, dans leur quota de chasse.

« Il arrive du Groenland. C’est un spécimen qui a été chassé par les Inuits – qui sont les dernières populations encore autorisées à chasser l’ours polaire –, dans leur quota de chasse. La peau a été acquise par le taxidermiste avec qui nous travaillons, il nous l’a proposée, et nous lui avons commandé une mise en scène dans la posture que nous souhaitions. Pour nous, c’était important de présenter un ours polaire, car c’est un élément emblématique de la préservation de l’environnement et du réchauffement climatique. La thématique de cette salle, c’est la place de l’Homme dans la nature, et la nature qu’il transforme, qu’il exploite, les espèces qui sont menacées du fait de l’activité humaine. Nous abordons aussi les réglementations sur le commerce des espèces en voie d’extinction, que l’on évoque avec les défenses d’éléphants que les douanes nous ont confiées pour attirer l’attention sur ce problème du trafic. »

Le phoque échoué

Le phoque présenté au muséum de Bordeaux a été découvert la conservatrice, sur une plage du Porge (Gironde).

« Je l’ai trouvé sur la plage du Porge (Gironde) en février 2018. Il était échoué, ce qui arrive souvent avec les jeunes qui survivent mal au sevrage. Parfois, à la marée remontante, ils arrivent à repartir mais celui-là était mort. Je l’ai récupéré – puisque j’ai une autorisation permanente de la préfecture pour ramasser ce type de dépouilles – en prévenant bien le laboratoire Pelagis de La Rochelle pour qu’il puisse l’enregistrer dans ses statistiques. On l’a ensuite envoyé chez le taxidermiste qui a pu faire une mise en forme dans la posture de ceux que l’on trouve vivants. C’est une espèce assez commune sur nos côtes, et elle symbolise la problématique des échouages. »

L’éléphante Miss Fanny

L'éléphante Miss Fanny est l'emblème du muséum de Bordeaux.

 

C'est l'emblème du muséum, et tous les anciens Bordelais en ont déjà entendu parler. « Miss Fanny accueille les Bordelais depuis 1892 ! C’était une éléphante de ménagerie qui passait l’hiver à Bordeaux, elle est morte sur la place des Quinconces au mois de mars cette année-là, et a été naturalisée en un temps record dans ce qui était l’atelier de taxidermie du muséum. Elle a été présentée la première fois le 13 mai 1892, sous les applaudissements du public. Elle va donc continuer d’accueillir les Bordelais dans le muséum, puisqu’elle y a évidemment une place de choix dans le hall d’accueil. »

A partir du 31 mars, le Muséum ouvrira du mardi au dimanche de 10h30 à 17h30. Tarifs: de 3 à 7 euros.