Bordeaux: La place Pey-Berland interdite aux manifestants samedi prochain, annonce Edouard Philippe

SECURITE Le Premier ministre a annoncé ce lundi que la place de l'Hôtel de ville de Bordeaux serait interdite aux manifestants ce samedi, comme les Champs Elysées et la place du Capitole à Toulouse

Elsa Provenzano

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La place Pey-Berland, lors de l'acte X. //AMEZUGO_10325/Credit:UGO AMEZ/SIPA/1901200001
La place Pey-Berland, lors de l'acte X. //AMEZUGO_10325/Credit:UGO AMEZ/SIPA/1901200001 — SIPA
  • Edouard Philippe a annoncé l’interdiction des manifestations sur plusieurs points de mobilisation des gilets jaunes, dont la place Pey-Berland à Bordeaux.
  • Le maire de Bordeaux salue cette décision qui va dans le bon sens, estime t-il.
  • Le syndicat CFDT craint que la mesure ne fasse que « déplacer le problème » et estime que la solution pour sortir de la crise des « gilets jaunes » doit être politique.

« L’Etat a raison de montrer un peu plus de fermeté face à des actes intolérables », a réagi Nicolas Florian, maire de Bordeaux. Ce lundi, Edouard Philippe a voulu annoncer des mesures fortes après l’acte 18 des «gilets jaunes». Il a annoncé notamment qu’il serait interdit de manifester sur la place Pey-Berland à Bordeaux, tout comme sur les Champs Elysées et la place du Capitole à Toulouse. Une mesure prise « en concertation avec les maires concernés », a précisé le Premier ministre.

« Les mesures proposées par l’Etat vont dans le bon sens, estime le maire de Bordeaux. Ils ont identifié la place Pey-Berland mais il y aura peut-être aussi d’autres propositions et nous allons en transmettre au ministère de l’Intérieur. »

Un règlement politique attendu

« Ce n’est peut-être que déplacer le problème, redoute Bruno Vincendon, secrétaire adjoint d’Alternative police CFDT sur la Nouvelle Aquitaine. Ce qui irait vraiment dans le bon sens, ce serait un règlement politique de la crise des "gilets jaunes" ». La place Pey-Berland est déjà partiellement barricadée par les forces de l’ordre et on peut aussi se demander comment son accès pourrait être entièrement interdit. Ce serait un système de « barrièrage », avance Nicolas Florian.

Bruno Vincendon appelle le gouvernement à donner des « ordres clairs et précis » à des policiers qui s’estiment pris entre deux feux. « Quand on entend le discours de l’ONU et du défenseur des droits Jacques Toubon qui montrent du doigt les lanceurs de balles de défense, mes collègues ils hésitent, même s’ils n’ont pas reçu d’ordres directs », pointe-t-il.

Baisse des interpellations ces dernières semaines

Pour ce policier, les unités mobiles préconisées sont un bon moyen d’agir rapidement sur les petits groupes de casseurs pour les exfiltrer de la manifestation et les remettre à la justice. Sur les derniers samedis, il estime que le nombre de manifestants violents reste stable, il y a même eu une petite baisse du nombre d’interpellations.

Evoquant une stratégie de maintien de l’ordre qui n’a pas « correctement été exécutée », le Premier ministre a également annoncé la nomination du préfet de Nouvelle Aquitaine Didier Lallement à Paris, en remplacement de Michel Delpuech. Le député girondin de la France Insoumise Loïc Prud’homme, qui avait reçu des coups de matraque lors de l’acte 17, a réagi en critiquant la gestion locale des manifestations, orchestrée par Didier Lallement.