Gironde: Infiltrations, sanitaires hors d’usage, murs décrépits… Ulcérés, profs et élèves dénoncent en photos l’état de leur lycée

SOCIETE Des enseignants et élèves du lycée Max-Linder de Libourne ont occupé, avec l’appui de leur direction, leur établissement dans la nuit de jeudi à vendredi pour dénoncer son état de vétusté 

Elsa Provenzano

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1800 élèves étudient dans ce lycée de Libourne.
1800 élèves étudient dans ce lycée de Libourne. — Enseignants et élèves du lycée Max Linder
  • Des enseignants et lycéens de Max-Linder, à Libourne, ont occupé toute une nuit l’établissement pour dénoncer son état de décrépitude.
  • Un programme de restructuration est prévu pour le lycée mais il ne devrait être livré qu’en 2022 alors que les usagers estiment qu’il y a urgence.
  • Un représentant de la Région, en charge des lycées, se déplace ce mardi sur place pour échanger avec la communauté éducative.

Des murs décrépits, des pans de plafond qui s’écroulent, des sanitaires en partie hors d’usage ou encore des traces d’infiltrations d’eau. Les photos prises par les élèves et les enseignants du lycée Max-Linder de Libourne, près de Bordeaux, dressent un portrait alarmant de l’état de l’établissement qui accueille 1.800 élèves. Il y a aussi le chauffage qui dysfonctionne, avec des variations entre 15 et 28 °C selon les salles de classe et un manque de personnel pour la gestion des élèves internes.

Certains pans de plafond se sont écroulés en raison d'infiltrations.
Certains pans de plafond se sont écroulés en raison d'infiltrations. - Enseignants et élèves du lycée Max Linder

A bout de nerfs après plusieurs signalements auprès de la Région, qui a la charge des lycées, les enseignants et lycéens ont occupé, avec l’appui de leur direction, les locaux dans la nuit de jeudi à vendredi pour dénoncer l’état de vétusté de l’établissement qui fêtera bientôt ses soixante ans. L’occasion aussi de réitérer leur opposition à la réforme du lycée en cours (lire encadré).

Certaines parties du lycée Max Linder à Libourne sont en piteux état.
Certaines parties du lycée Max Linder à Libourne sont en piteux état. - Enseignants et élèves du lycée Max Linder

Un projet de rénovation livré en 2022

« Il y a une urgence vis-à-vis du vécu des utilisateurs, reconnaît François Jolly, directeur de la construction et de l’immobilier à la Région Nouvelle-Aquitaine. Mais pas du point de vue de la sécurité ». Il relativise l’ampleur de la détérioration du lycée faisant valoir que les photos montrent « le pire » sur une surface totale de 20.000 m2. Il met aussi en avant le lancement depuis le début du mois de janvier de travaux d’étanchéité qui se termineront à l’été et la mise en place prochaine d’un chantier sur l’accessibilité qui va conduire à la remise aux normes des sanitaires, d’ici mars prochain.

Les enseignants et les élèves ont occupé l'établissement dans la nuit de jeudi à vendredi pour dénoncer l'état de délabrement du lycée.

Et, un projet de rénovation plus conséquent, voté en 2017 et doté d’une enveloppe de 5 millions d’euros, doit être livré en 2022. « Mais toute une génération de lycéens va encore étudier dans ces conditions ! » dénonce Franck Dole, membre de la fédération des parents d’élèves (FCPE). Il qualifie les travaux réalisés jusque-là de « sparadraps » alors même que la décrépitude du bâtiment est dénoncée depuis plusieurs années.

Un projet de restructuration doit être livré en 2022.
Un projet de restructuration doit être livré en 2022. - Enseignants et élèves du lycée Max Linder

« Une politique d’abandon »

« Mais qu’est-ce qu’on a fait pour être si mal traités ? » s’emporte Elisabeth Rhodas, enseignante dans ce lycée. Elle raconte qu'il y a 18 mois, la communauté éducative avait fait part de son inquiétude à la Région qui l’avait rassurée avec la mise en place d’un comité de suivi. Mais sans effet notable depuis, selon elle...

 Un représentant de l’institution régionale va se déplacer ce mardi pour discuter avec les occupants du lycée et Elisabeth Rhodas l'attend de pied ferme. « On veut un calendrier hyperprécis, il ne s’agit pas de refaire la même réunion qu’il y a 18 mois », prévient-elle.

Certains sanitaires sont condamnés.
Certains sanitaires sont condamnés. - Enseignants et élèves du lycée Max Linder

Ce gros lycée d’une des sous-préfectures de la Gironde se sent oublié des puissances publiques. « Il y a une politique d’abandon pour ces lycées loin de Bordeaux », estime Franck Dole. La Région assure accorder la même importance aux différents établissements dont elle a la charge, peu importe leur localisation géographique. Sur les 295 lycées (publics) du territoire, elle fait valoir qu’une opération « structurante » est prévue dans un établissement sur trois, dont celui de Max-Linder.

Sollicitée par 20 Minutes, la direction de l’établissement n’a pas souhaité s’exprimer.

Réforme du lycée

Pour Franck Dole, membre de la fédération des parents d'élèves (FCPE) la réforme du lycée prépare une « hyperspécialisation des filières » alors même qu'on est incapable d'orienter les élèves sur « un bon choix en fonction d'un attendu de Parcoursup ». Un grand flou qu'il estime préjudiciable aux élèves.