Bordeaux : Ça y est, Nicolas Florian a été installé dans le fauteuil de maire ce jeudi

POLITIQUE L’ancien adjoint aux finances, désigné par Alain Juppé pour lui succéder, a été officiellement élu maire de Bordeaux par le conseil municipal ce jeudi

Mickaël Bosredon

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Nicolas Florian s'est assis pour la première fois dans le fauteuil de maire de Bordeaux, le 7 mars 2019.
Nicolas Florian s'est assis pour la première fois dans le fauteuil de maire de Bordeaux, le 7 mars 2019. — M.Bosredon/20Minutes
  • Nicolas Florian a affirmé qu’il serait dans l’échange et dans le collaboratif en tant que maire.
  • Son opposition, souvent étouffée par la personnalité d’Alain Juppé, entend profiter de ce renouveau pour sortir de l’ombre.
  • Il dit aussi s’inscrire dans la continuité de l’action d’Alain Juppé.

C’était une pure formalité, mais qu’il attendait avec impatience pour enfiler enfin officiellement le costume de maire de Bordeaux. Nicolas Florian a été élu ce jeudi matin premier magistrat de la ville. Il prend la suite d’Alain Juppé, qui sera lui nommé au Conseil constitutionnel le 11 mars.

Nicolas Florian, au moment de sa proclamation en tant que maire de Bordeaux.
Nicolas Florian, au moment de sa proclamation en tant que maire de Bordeaux. - M.Bosredon/20Minutes

Son premier discours de maire était très attendu. On retiendra qu’il a fixé quatre défis à relever : « le défi démocratique car nous traversons une grave crise de représentation, le défi de la cohésion sociale, celui de l’urgence climatique et je compte prendre des mesures fortes très prochainement et enfin l’encadrement de notre développement démographique. » Le nouveau maire a aussi assuré qu’il serait « dans la co-construction, l’échange, le collaboratif. »

Une opposition qui veut sortir de l’ombre

Si certains élus de la majorité veulent profiter du retrait d’Alain Juppé pour prendre un peu plus la lumière, ceux de l’opposition entendent sauter sur l’occasion pour sortir de l’ombre. L’opposition semble en effet miser sur cette personnalité plus consensuelle que l’ancien Premier ministre, pour faire entendre davantage sa voix à présent.

« C’est un jour important pour Bordeaux, après tant d’années présidées par Alain Juppé, a rappelé tout d’abord Matthieu Rouveyre, du groupe socialiste. Nous resterons très attentifs aux dossiers qui seront présentés, on demandera toujours si vous comptez agir un peu plus pour améliorer la circulation, le logement… Mais je voulais aussi reconnaître que jusque-là nous avons eu des relations plutôt courtoises avec le nouveau maire de Bordeaux. Parfois, on est dans des postures, des jeux de rôle, mais nous avons pu voir avec Nicolas Florian la facilité avec laquelle on peut communiquer. Pour nous c’est important. Nous avons compris que vous ne comptiez pas vous arrêter là, et que vous serez candidat en 2020, vous saurez nous trouver pour vous dire ce qui ne va pas. »

La déclaration de Feltesse à Juppé

Idem du côté des Verts. Pierre Hurmic a dit attendre « de voir les réponses que vous apporterez aux défis que vous avez évoqués, nous attendons aussi avec impatience les relations nouvelles que vous entendez tisser avec l’opposition municipale, et la manifestation de cet esprit collaboratif. »

Vincent Feltesse, qui a quitté le PS au mois de janvier dernier, a lui rendu un hommage appuyé à Alain Juppé, « son engagement pour Bordeaux et sa vie publique politique qui s’achève » et a voulu dire son « admiration », « je dirais presque mon amitié voire mon affection. » Quant à Nicolas Florian, Vincent Feltesse lui a souhaité « bon vent » au moins pour les douze mois qui viennent.

« Profitez de votre journée »

Ses opposants ont toutefois déjà montré au nouveau maire les dossiers sur lesquels il sera attendu : encadrement de l’explosion démographique, prix du logement, mobilité. Michèle Delaunay a dénoncé « une ville excluante ». Matthieu Rouveyre a, lui, évoqué une liste de propositions qui, si elles sont soumises par la majorité, seront votées par l’opposition, comme « la construction de logements sociaux, la création d’espaces verts et de pistes cyclables ou le rattrapage de notre retard en matière d’équipement sportif ou de petite enfance. »

Main tendue, ou piège politique en vue des prochaines échéances municipales de 2020 ? « Profitez de votre journée, elle est intense, heureuse, mais on sait que les défis à relever vont vous donner beaucoup de travail », a conclu l’opposant.

« J’ai pris de la maturité »

En conférence de presse, Nicolas Florian a préféré retenir avant tout la « bienveillance » avec laquelle il a été accueilli. « J’ai été sensible aux messages des élus, de l’opposition comme de la majorité. », a-t-il souligné. Il a aussi insisté sur la « gentillesse des gens » qui sont venus le voir. Trop gentil Nicolas Florian ? « En quelques jours, j’ai pu mesurer l’évolution du regard des gens sur moi, et j’ai pris de la maturité », assure-t-il.

Nicolas Florian, le nouveau maire de Bordeaux, répond aux journalistes
Nicolas Florian, le nouveau maire de Bordeaux, répond aux journalistes - M.Bosredon/20Minutes

Enfin, et même s’il a enfilé un moment une paire de lunettes rouge en clin d’œil à son mentor, certains ont vu dans son discours que tout l’héritage Juppé n’était pas forcément assumé. Notamment cette volonté d’atteindre à tout prix le million d’habitants d’ici à 2030, la fameuse métropole millionaire.

Nicolas Florian assure, lui, qu' « il ne s’agit pas d’une réorientation (…) Alain Juppé lui-même, depuis plusieurs mois, nous disait qu’il fallait peut-être rééquilibrer les choses en termes d’accueil. Certes la densification c’est important, mais tout ce qui touche à la mobilité et aux équipements aussi. Je m’inscris dans ce droit fil. »