Bordeaux: En rachetant la conserverie Henri-Piquet, deux jeunes Bordelais veulent envoyer du pâté

ENTREPRISE Connue des Bordelais grâce à sa boîte de pâté jaune fluo, la marque de conserverie fine Henri-Piquet, à Cestas, vient d’être rachetée par deux Bordelais qui veulent lui redonner un coup de jeune

Mickaël Bosredon

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Guillaume Coiffe (à gauche) et Jeremy Strohner ont racheté la conserverie Henri Piquet à Cestas, près de Bordeaux.
Guillaume Coiffe (à gauche) et Jeremy Strohner ont racheté la conserverie Henri Piquet à Cestas, près de Bordeaux. — M.Bosredon/20Minutes
  • Pour Guillaume Coiffe et Jeremy Strohler, l’avenir de la marque s’inscrit dans le développement auprès des bars et restaurants de Bordeaux et d’Arcachon.
  • Ils lancent également une gamme bio pour certains légumes en conserve.
  • S’ils veulent faire grandir cette entreprise familiale, ils souhaitent aussi lui conserver un caractère régional.

Originaires de Bordeaux, Guillaume Coiffe et Jeremy Strohner sont de vieux amis, qui ont fait l’essentiel de leur carrière en région parisienne. « Mais nous avions envie de revenir nous installer ici, pour lancer un projet dans l'agro-alimentaire. » L’occasion s’est présentée en 2018 de racheter à la petite-fille du fondateur, la conserverie Henri-Piquet à Cestas, spécialisée dans le pâté, et bien connue des Bordelais. Ils ont sauté sur l’occasion, et ont l’ambition de relancer cette « belle endormie » pour « faire perdurer la marque. »

La conserverie Henri Piquet, est la plus vieille conserverie de Gironde encore en activité dans le département. Elle a été créée en 1933 à Bègles puis elle a déménagé dans les années 1970 à Cestas. « On la connaissait bien, puisque durant notre enfance nous emmenions en pique-nique la petite boîte de pâté jaune fluo, typique de la marque», racontent les nouveaux propriétaires.

«La démocratisation du pâté au moment de l’apéritif »

Les deux jeunes entrepreneurs soulignent qu’il s’agit d’une « toute petite conserverie familiale », qui emploie dix personnes et distribue quelque 800.000 verrines (pâté, terrine, légumes et plats cuisinés) par an, pour environ un million d’euros de chiffre d’affaires. « On a l’ambition de doubler la taille de l’entreprise dans les trois ans, mais cela restera une petite structure», assurent-ils.

Plusieurs projets sont en train d’être mis en place pour relancer la marque. « Tout d’abord nous lançons de nouveaux formats de pots plus petits, en 90 grammes, avec comme cible les bars et les restaurants, explique Jeremy Strohner. Nous sommes convaincus qu’il y a un enjeu dans la démocratisation du pâté, on veut le réinstaller sur un moment d’apéritif, sur les planches notamment. Et quand on dit aux restaurateurs bordelais que c’est un petit pâté artisanal fabriqué à 15 km d’ici, cela a du sens. On va travailler sur Bordeaux intra-muros et sur le bassin d’Arcachon avec les cabanes à huîtres. »

Le grimoire d’Henri Piquet

Sur les 70 références que comptait la conserverie, les deux jeunes Bordelais en ont conservé 55. Mais ils vont lancer de nouveaux produits, du bio notamment pour les légumes en conserve (lentilles, mogette…) « Nous voulions lancer une dizaine de références en bio, pour le moment nous n’avons pu en lancer que cinq. En revanche tout notre bio est français. Et sur les légumes on a plein de projets », poursuit Jeremy Strohner.

Pour les nouveaux produits, ils veulent aussi s’appuyer sur le « grimoire » d’Henri Piquet, qui comporte des dizaines de recettes. « C’était un charcutier de génie » insistent les deux entrepreneurs. Et ils vont lancer un nouveau site internet pour « développer la vente en ligne. »

En revanche, ils assurent que l’avenir de la marque Henri-Piquet est régional, pas national. « On veut rester dans la région, nous n’avons pas vocation à être diffusés dans le monde entier. Et notre ambition est d’être distribué dans 100 % des grandes surfaces de la Gironde. »

« Recréer du lien avec les Bordelais »

Tous ces projets doivent être menés en renforçant la qualité. « Tous nos produits sont fabriqués et mis en conserve sur place, et 100 % des matières premières sont d’origine France, voire Nouvelle Aquitaine quand c’est possible. Sur les légumes on ne travaille qu’avec des AOP ou IGP. Enfin, nous avons supprimé 100 % des colorants et arômes de nos produits. »

En bons Bordelais « un peu chauvins » comme ils aiment se décrire, ils veulent aussi « recréer du lien avec les habitants. » « On a ouvert une petite boutique accolée à l’atelier de fabrication. Du coup pas mal d’habitants de Cestas découvrent que la marque Henri Piquet est ici, car il n’y avait même pas le logo jusqu’à présent. Pour l’instant il est ouvert deux après-midi par semaine (lundi et mercredi), et cela permet un échange avec les habitants. »