Gironde: Le gouvernement entérine la fermeture de l'usine de Ford Blanquefort

ECONOMIE Le constructeur américain a refusé la dernière offre de reprise de ce site qui compte 800 salariés

20 Minutes avec AFP

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Le site de l'entreprise Ford à Blanquefort.
Le site de l'entreprise Ford à Blanquefort. — Nicolas Tucat / AFP

Le gouvernement a entériné lundi la fermeture de l’usine Ford de Blanquefort, près de Bordeaux, après le refus par le constructeur américain de la dernière offre de reprise de ce site qui compte 800 salariés.

« Nous regrettons que cette offre, une nouvelle fois, n’ait pas été acceptée par Ford et que la porte soit restée fermée », a affirmé le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, lors d’une conférence de presse au terme d’une réunion à Bercy avec les représentants du personnel et les élus locaux.

Le ministre a fustigé une nouvelle fois le comportement du constructeur américain, qu’il a jugé « indigne », pour avoir rejeté la nouvelle offre de Punch Powerglide pour son usine de Blanquefort. Il a estimé que Ford « devait payer » pour que le plan social soit « solide » et aussi pour « garantir la dépollution (du site), ainsi que payer le territoire en amenant les fonds nécessaires à la réindustrialisation du site ».

« A partir du moment où Ford a pris cette décision définitive, maintenant c’est l’avenir qu’il faut imaginer », a ajouté le ministre, qui a assuré avoir lancé un groupe de travail pour en discuter. « Nous avons créé un groupe entre les élus locaux, l’Etat, les représentants syndicaux pour travailler à l’avenir du site », a-t-il expliqué, précisant avoir « déjà des pistes possibles ».

« C’est triste de voir qu’un Etat ne puisse pas contraindre une multinationale »

Philippe Poutou, délégué CGT de Ford et ancien candidat (NPA) à la présidentielle, a lui regretté que le gouvernement n’ait pas pu contraindre le constructeur américain à accepter l’offre de reprise de Punch. « On a du mal à comprendre qu’en face il y ait si peu de répondant », a-t-il affirmé à la presse. « Ce qui est triste, c’est ce constat de voir qu’un Etat ne puisse pas contraindre une multinationale comme Ford », a-t-il regretté.

Le délégué syndical a appelé le gouvernement à « réquisitionner l’usine (…) et à bloquer les machines (…) pour que l’on garde des chances pour qu’il y ait une activité industrielle demain ». « Le seul qui a réussi son coup dans cette histoire et qui a fait ce qu’il voulait, c’est Ford », a réagi pour sa part Jean-Marc Chavant, élu FO.

Ford avait confirmé auparavant qu’il refusait la dernière offre de reprise de Punch. « Nous sommes conscients des conséquences de la décision de l’arrêt de production pour nos salariés, leurs familles et pour la communauté locale », a reconnu Ford Motor Company (FAI) dans un communiqué.

« C’est pourquoi FAI a présenté un plan social complet qui comprend notamment des plans de reclassement et de cessation anticipée d’activité ainsi que d’autres mesures destinées à aider les salariés à retrouver un emploi ou à poursuivre d’autres opportunités de carrière, qu’il s’agisse de créations d’entreprises ou de formations de reconversion », a assuré le groupe. Il a en outre promis « un vaste plan de réindustrialisation destiné à réduire l’impact sur la collectivité locale » de cette fermeture.