Gironde: Ford confirme son refus de l’offre de reprise, la fermeture du site se précise

ECONOMIE L’Etat n’évoque plus de nationalisation du site mais une simple « revitalisation »

E.P. avec AFP

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Une assemblée générale et une manifestation sont prévues sur le site Ford de Blanquefort ce lundi. / AFP PHOTO / Nicolas TUCAT
Une assemblée générale et une manifestation sont prévues sur le site Ford de Blanquefort ce lundi. / AFP PHOTO / Nicolas TUCAT — AFP
  • Ford confirme son refus de la nouvelle offre de reprise de Punch pour son site girondin.
  • L’Etat ne semble plus envisager une nationalisation, parlant de « revitalisation ».
  • La CGT demande que le PSE ne soit pas homologué par la DIRECCTE.

Les syndicats l'avaient annoncé jeudi soir. Et Ford a confirmé ce lundi qu’il refusait la dernière offre de reprise de Punch Powerglide pour son usine de Blanquefort, près de Bordeaux, préparant sa fermeture et un plan social pour ses 800 salariés.

« Ce matin, Ford a confirmé à ses salariés ne pas accepter la dernière proposition du repreneur potentiel et rester concentré sur l’approbation du plan social », a déclaré un porte-parole de l’entreprise. Il a affirmé que, pour le constructeur américain, ce plan reste le choix « permettant aux salariés d’avoir le plus de visibilité sur leurs options à venir ». La tentative de sauvetage semble donc avoir définitivement échoué.

La fermeture entérinée ?

Selon une source proche du dossier, une réunion prévue lundi en fin d’après-midi à Bercy avec les syndicats devrait être l’occasion d’entériner la fermeture de cette usine de boîtes de vitesse, en l’absence de repreneur solide et faute d’accord de Ford pour une solution alternative.

« Si cette décision de Ford devait être confirmée, nous exigerions de l’entreprise qu’elle prenne toutes ses responsabilités sociales et financières vis-à-vis de ses salariés et du site industriel », avait simplement déclaré vendredi un responsable au ministère des Finances, laissant entendre que le gouvernement se résignait à voir fermer l’usine.

Après le rejet d’une première proposition de reprise à la mi-décembre, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait eu des mots très durs contre Ford, qualifiant sa décision de « trahison », puis n’écartant pas une nationalisation provisoire du site.

Revitalisation

L’administration avait rejeté le plan social fin janvier et le gouvernement avait profité du répit pour faire pression sur tous les acteurs afin de trouver une solution. La nouvelle offre de reprise de Punch Powerglide, jamais détaillée, avait été annoncée triomphalement par Bercy lundi dernier.

Cependant, même les syndicats se montraient « inquiets » face à l’offre de Punch qui maintenait environ la moitié des emplois, mais n’était pas accompagnée de lettres d’intention de clients, faisant redouter un carnet de commandes insuffisant pour faire tourner l’usine.

L’option d’une nationalisation ne semblait plus sur la table lundi. D’après les syndicats, Jean-Pierre Floris n’a évoqué avec eux qu’une « revitalisation » du site. Mais pour Philippe Poutou, délégué CGT de Ford, « la revitalisation c’est du pipeau ». « On ne veut pas discuter de revitalisation, on veut discuter d’une activité sur l’usine », a-t-il assuré.

« Comment fait-on pour qu’il y ait une activité juste après la fermeture de l’usine par Ford sans que cette usine soit détruite et démantelée ? Tout ça pose le problème de l’intervention de l’Etat et des pouvoirs publics, d’une stratégie industrielle, c’est de cela qu’on veut pouvoir discuter », a-t-il ajouté.

L’administration doit donner d’ici début mars son avis sur le plan social que Ford a de nouveau déposé, après le rejet du premier.

Un feu vert enclencherait la procédure de fermeture, plus d’un an après l’annonce par Ford début 2018  de son intention de se désengager de cette usine implantée en 1972 aux portes de la capitale girondine.