Gironde: Que va devenir l’usine de Ford à Blanquefort ?

ECONOMIE Après l’annonce d’un nouveau rejet de l’offre de reprise de Punch par le groupe américain, l’avenir du site est très incertain

Elsa Provenzano

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Le site de l'entreprise Ford à Blanquefort.
Le site de l'entreprise Ford à Blanquefort. — Nicolas Tucat / AFP
  • La seconde offre de Punch pour le site de Blanquefort a été rejetée par Ford.
  • La DIRECCTE doit se prononcer sur le PSE d’ici le 4 mars.
  • S’il est validé, l’activité s’arrêterait fin août.

Jeudi soir, le couperet est tombé, assombrissant l’avenir du site girondin de Ford à Blanquefort. La nouvelle offre de Punch, seul repreneur jugé fiable, a été refusée une seconde fois par Ford. On ne sait pas encore quelles sont les raisons exactes invoquées par le groupe américain qui représente 850 emplois directs et 2000 induits. Une réunion est prévue ce lundi à Bercy et une assemblée générale suivra sur le site girondin, le mardi.

« Nous n’avons pas plus de précisions sur la façon dont cela s’est passé, on suppose que Ford a été expéditif et aussi peu coopératif qu’auparavant », écrit la CGT-Ford dans son communiqué. Sur la première proposition de Punch, Ford avait épinglé un manque de « garanties apportées par des clients contractuellement engagés afin d’assurer un volume durable de production continue sur une période donnée, ainsi que les liquidités nécessaires pour maintenir la viabilité de l’entreprise au cours des premières années ». La nouvelle offre n’a visiblement pas su convaincre le groupe sur ces points.

La reprise du site par l’industriel Belge pourtant qualifié de candidat sérieux et fiable par le ministre de l'économie Bruno Le Maire semble donc définitivement écartée. La DIRECCTE doit se prononcer sur la validité du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) de Ford d’ici le 4 mars au plus tard. Dans son communiqué la CGT souligne que c’est exactement le même PSE qui a été refusé par la DIRECCTE le 29 janvier dernier. « C’est grotesque. Il suffit donc à Ford d’insister pour gagner enfin, par le passage en force de son PSE », écrit le syndicat, écœuré. Si le PSE est validé, la fin de l’activité de l’usine interviendrait dès la fin du mois d’août, confirme le service communication de Ford.

Un plan B ?

« Il doit y avoir un plan B ! Et cela ne doit surtout pas être, ce à quoi se prépare l’Etat, un plan de « revitalisation » solution pipeau et en rien « originale », écrit le syndicat CGT-Ford. Lors de la prochaine réunion à Bercy, avec nous l’espérons le ministre Le Maire, nous bataillerons pour une véritable solution « originale », pour que l’Etat et les collectivités territoriales travaillent sur une stratégie industrielle, pour qu’une activité soit trouvée rapidement et soit installée dans les mois qui viennent sur le site. »

Le ministre de l’économie avait envisagé le rachat du site girondin par l’Etat mais seulement le temps d’une transition. « L’Etat n’a en aucun cas vocation à rester propriétaire de l’usine, ce serait un portage très court », précisait Bercy, fin janvier.

Le syndicat CGT se dit en tout cas prêt à continuer la lutte pour éviter que l’usine ne devienne « une friche industrielle ».