«Gilets jaunes» à Bordeaux: Environ 4.500 manifestants samedi, et encore des heurts en fin de parcours

SOCIAL Bordeaux est confortée comme l'un des places fortes du mouvement, mais comme chaque samedi des violences se sont encore déroulées dans la soirée

M.B. avec AFP

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Environ 4.500
Environ 4.500 — NICOLAS TUCAT / AFP
  • Si le cortège a emprunté samedi un itinéraire différents, plusieurs manifestants se sont retrouvés comme d'habitude place Pey-Berland en fin de manifestation, où des heurts ont éclaté.
  • Vendredi soir, un blocage des échangeurs sur l'A10 en Gironde avait provoqué un bouchon sur l'autoroute.

« On n’est pas fatigués ! » : 4.500 « gilets jaunes », selon la police, ont défilé samedi dans le centre de Bordeaux, confortée comme l’une des places fortes du mouvement, la manifestation se terminant par des heurts, désormais habituels, avec les forces de l’ordre.

Sous un grand soleil, et survolé par le traditionnel hélicoptère de la police, le cortège a emprunté un itinéraire différent des autres samedis, passant dans des quartiers cossus où des tags sur les belles façades proclamaient notamment « mort aux riches ».

Une voiture incendiée

Mais l’itinéraire s’est terminé à l’endroit habituel, place Pey-Berland, entre cathédrale et mairie, où comme chaque samedi des violences ont éclaté : la police a répondu à coup de canons à eau et de gaz lacrymogène à des jets de bouteilles, pétards et autres projectiles, selon des journalistes de l’AFP.

Les heurts, au cours desquels une voiture notamment a été incendiée, ont pris fin vers 19 h. A leur terme, 19 personnes ont été interpellées pour jets de projectiles sur les forces de l’ordre, outrage ou détention de matériel offensif, a indiqué la préfecture.

Nicolas Florian dénonce « cette frange qui est là pour en découdre »

Interrogé sur l’antenne régionale de France 3, Nicolas Florian (LR), qui succèdera au poste de maire à Alain Juppé début mars, a reconnu la sincérité de la majorité des « gilets jaunes », mais a dénoncé « toute cette frange qui est là pour en découdre ». « Je partage le même sentiment qu’Alain Juppé. Il arrive un moment où on va être au bout de l’exercice. C’est aux "gilets jaunes" de se responsabiliser », a-t-il lancé.

Depuis plusieurs samedis, le cortège reste globalement de même ampleur mais cette fois-ci, les « gilets jaunes » ont tenté de se compter eux-mêmes, chacun donnant une pièce ou un objet aux « compteurs ».

Des maques à l’effigie de Benalla

Les masques à l’effigie d’Alexandre Benalla remportaient un franc succès dans le cortège, avec les traditionnelles pancartes demandant la démission d’Emmanuel Macron ou le RIC. Plus créatives, d’autres proclamaient « L’esprit de Nelson Mandela guide les "gilets jaunes" », « Nous vivons pour marcher sur la tête des rois », « Remuons les bourgeois ».

Certains avaient tendu sur les piliers du Grand Théâtre une énorme banderole proclamant « Castaner la honte de la République », tandis que les manifestants chantaient « tout le monde déteste la police ».

Des actions sur l’A10 à hauteur de Saint-André-de-Cubzac

Vendredi soir, au nord de Bordeaux, des « gilets jaunes » avaient repris leurs actions sur les routes avec un blocage des échangeurs sur l’A10, à hauteur de Saint-André-de-Cubzac, provoquant un bouchon. Selon la préfecture une vingtaine d’entre eux avaient allumé des feux de palettes et déposé une herse artisanale sur la chaussée, une « aberrante mise en danger d’autrui », a tweeté le préfet de Nouvelle-Aquitaine Didier Lallement. Deux personnes ont été interpellées.

Ces manifestations hebdomadaires, et les violences qui les accompagnent, ont mis certains commerces bordelais à genoux, et la région Nouvelle-Aquitaine a annoncé vendredi soir le déblocage de deux millions d’euros de « soutien exceptionnel » pour eux et ceux de Limoges, Poitiers ou Bayonne…