Bordeaux: Alain Juppé plaide non coupable pour les châteaux viticoles qui prennent des noms chinois

POLEMIQUE Accusé par l'écrivain Philippe Sollers d'avoir « validé l'incroyable changement de noms de certains vins du terroir », le maire de Bordeaux rappelle qu'il n'est évidemment pas consulté par les propriétés viticoles...

M.B. avec AFP

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Dégustation de vin
Dégustation de vin — S.ORTOLA/20MINUTES
  • Philippe Sollers déplore que certaines propriétés viticoles bordelaises prennent le nom de «lapin impérial, lapin d'or, antilope tibétaine» lorsqu'elles sont rachetées par des investisseurs chinois.
  • Il accuse le maire de Bordeaux d'avoir validé ce processus, alors qu'un élu n'est évidemment pas consulté pour un changement de nom ou d'étiquette.
  • Le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux relativise de son côté le phénomène, parlant de 5 ou 6 propriétés concernées.

Alain Juppé, encore maire de Bordeaux pour quelques jours, vient de plaider non coupable dans l'« affaire consternante » soulevée par l'écrivain Philippe Sollers, natif de Gironde : des noms de châteaux viticoles rachetés par des Chinois prennent des noms chinois.

L’écrivain natif de Talence, près de Bordeaux, a récemment reproché sur son blog à l’élu d’avoir « validé l’incroyable changement de noms de certains vins du terroir ». Dans cette lettre ouverte, il s’explique : des châteaux viticoles du bordelais, rachetés par des Chinois, ont changé de nom pour devenir « le lapin impérial, le lapin d’or, l’antilope tibétaine et la grande antilope ». « N’y a-t-il aucun moyen de réattribuer ce vin à sa source légitime, fixée par les siècles ? », interroge-t-il.

« Des pouvoirs que je n’ai pas »

Dans une lettre à l’écrivain datée du 11 février a eu copie, Alain Juppé - en partance pour le Conseil constitutionnel - a choisi l’humour pour saluer « l’honneur » qui lui était fait « en m’accordant des pouvoirs que je n’ai pas ».

« Je vous confirme que je n’ai pas été consulté lors du classement (des grands crus) de 1855 ni dans ses amendements ultérieurs », écrit-il, « pas davantage consulté pour le choix des étiquettes ou le dessin des tenues traditionnelles des confréries ». Et d’inviter Philippe Sollers « à poursuivre cette conversation autour d’un verre… de Bordeaux » qui précise-t-il, est le vin « le meilleur au monde ».

« Chacun est libre d’adapter un nom de château qui s’accorde le mieux à sa clientèle »

Le CIVB (Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux) a de son côté expliqué n’avoir également rien à voir dans l’affaire. « Chacun est libre d’adapter un nom de château qui s’accorde le mieux à sa clientèle », dit son porte-parole Christophe Chateau. Sur 9.500 propriétés, 140 châteaux ont été rachetés par les Chinois et « 5 ou 6 » ont changé de nom, précise-t-il. Tout comme une propriété rachetée par l’industriel avionneur est devenue « Château Dassault ».

Quant à l’appellation, elle ne bouge pas et l’on boira toujours du Margaux, Pomerol, Saint-Emilion….