Bordeaux: Qui est Nicolas Florian, le futur maire de la ville?

SUCCESSION Désigné à l’unanimité par la majorité pour succéder à Alain Juppé, l’adjoint aux finances Nicolas Florian devrait se faire élire lors du prochain conseil municipal de Bordeaux, début mars

Mickaël Bosredon

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Nicolas Florian devant l'hôtel de ville le 22 septembre 2014
Nicolas Florian devant l'hôtel de ville le 22 septembre 2014 — E.Provenzano / 20 Minutes
  • Après le départ d’Alain Juppé, Nicolas Florian, 49 ans, sera le prochain maire de Bordeaux.
  • La question que tout le monde se pose est de savoir s’il s’agit d’un simple intérim ou s’il peut porter le projet de la majorité aux prochaines municipales.
  • « La problématique de 2020 se posera en temps voulu », estime un élu.

De l’ombre à la lumière en moins de 48 heures. Peu connu du grand public, l’adjoint aux finances à la mairie de Bordeaux Nicolas Florian, 49 ans, a été désigné jeudi soir à l’unanimité par la majorité municipale pour candidater à la succession d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux. Cette désignation doit être entérinée à l’occasion d’un vote lors du prochain conseil municipal, qui devrait se tenir début mars.

« Nous étions réunis jeudi soir pour commencer à réfléchir à cette succession, et nous devions nous revoir samedi matin, mais finalement une seule réunion a suffi pour mettre tout le monde d’accord autour de la candidature de Nicolas Florian », explique à 20 Minutes un autre adjoint, Jean-Louis David, en charge de la vie urbaine. « Cela dit quelque chose sur l’homme, quand même », ajoute-t-il.

« Travailleur et attentif aux autres »

Nicolas Florian prendra donc les rênes de la mairie jusqu’aux prochaines élections municipales, en mars 2020. Un simple intérim ? C’est ce que l’on verra dans les prochains mois. « C’est quelqu’un de travailleur et d’attentif aux autres, plein de qualités humaines, résume Jean-Louis David. Notre première mission est de l’installer comme maire, et de le laisser marquer de son empreinte les mois qui arrivent. La problématique de 2020 se posera en temps voulu. »

Elu « 100 % local » – il a fait son lycée à Talence, puis a été élu pour la première fois à l’âge de 26 ans à Villenave-d’Ornon –, Nicolas Florian va vite devoir tourner la page Alain Juppé, lui qui a toujours été plus ou moins dans son ombre. « La responsabilité est lourde, mais j’y suis prêt. Il faudra que j’impose un nouveau style » a-t-il confié à nos confrères de Rue89 Bordeaux ce vendredi, en marge du conseil de métropole.

Dans une interview à Sud Ouest, il assure par ailleurs qu'il s'inscrit « dans la durée. » « Je comprends qu’il puisse y avoir des interrogations sur ma capacité à remplir le rôle, dit-il. On ne passe pas après Chaban et Juppé en claquant des doigts. À charge pour moi de démontrer que je sais faire. »

« A titre personnel, Juppé c’est un père ! »

Jeudi, à l'issue de la conférence de presse de départ du « patron », il disait « n’avoir rien vu venir ». « On était organisé pour qu’Alain Juppé reparte au combat en 2020, disait-il. Cela fait vingt ans qu’on s’abrite tous derrière lui, il est devant et nous, on rame derrière. Là, on est en train de prendre conscience que la vie va changer. » Et d’ajouter : « Moi à titre personnel, Juppé c’est un père ! Il m’a tout appris. »

Le passage de témoin ne s’annonce pas facile. Pour relever le défi, l’élu pourra s’appuyer sur son puissant réseau, construit au fil des années, et renforcé grâce à son mandat qui comprend le budget, la gestion du personnel communal, l’administration générale. Toute la machinerie de la municipalité, en somme.

« Il a une vraie personnalité, des convictions »

Un réseau qui ne se limite pas à Bordeaux. Nicolas Florian a été conseiller municipal à Villenave-d'Ornon, élu de la communauté urbaine, départemental, régional, et en parallèle secrétaire départemental de l’UMP (puis des LR jusqu’en 2018). Il avait parallèlement rejoint le mouvement « Soyons Libres » de Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France. L’élue lui a d’ailleurs apporté son soutien.

Certains lui créditent d’être « posé » et « mesuré » dans ses propos… D’autres sont plus nuancés. « Il a une vraie personnalité, des convictions, et il est capable de les exprimer de manière ferme quand il faut le faire », assure un adjoint.

Battu deux fois aux législatives

En revanche, on ne manquera certainement pas de rappeler à Nicolas Florian qu’il a échoué par deux fois lorsqu’il s’est présenté face aux électeurs bordelais sur son nom, lors des législatives de 2012 et 2017. A sa décharge, en 2012 il a été envoyé au front à la dernière minute face à Michèle Delaunay (PS), essentiellement dans l’espoir de limiter la casse, et en 2017 il n’a juste pas résisté, comme d’autres, à la vague LREM.

Aujourd’hui, avec le retrait d’Alain Juppé, le jeu semble ouvert. Reste à savoir comment Nicolas Florian va occuper le terrain.