Nouvelle-Aquitaine: Le bailleur social Domofrance va investir 3 milliards d'euros en dix ans

LOGEMENT Acteur majeur du logement dans la région, et surtout sur la métropole bordelaise, Domofrance vient de dévoiler sa stratégie

Mickaël Bosredon

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Le quartier du Grand Parc à Bordeaux
Le quartier du Grand Parc à Bordeaux — M.Bosredon/20Minutes
  • Le bailleur social ambitionne de produire 2.000 logements par an.
  • Il souhaite aussi réhabiliter 5.000 logements en cinq ans.
  • Il veut également attribuer davantage de logements aux salariés d'entreprises.

Le bailleur social Domofrance, qui agit sur toute la Nouvelle-Aquitaine et essentiellement la métropole bordelaise, vient de présenter sa stratégie pour ces prochaines années. «  Domofrance va investir sur le territoire dans les dix prochaines années 3 milliards d'euros, a annoncé son président Pierre Rondot. Je ne connais pas beaucoup d’entreprises, sur notre périmètre et en investissement direct, qui vont investir autant. »

Ces investissements démarreront à 250 millions d’euros par an pour terminer à 350 millions d’euros. Comment vont-ils se répartir ? Tout d’abord, « sur les cinq prochaines années, nous voulons produire 2.000 logements par an, entre le locatif et l’accession, et nous voulons monter notre volume de logements pour les jeunes – étudiants, alternants ou en apprentissage – à 3.000 alors qu’il est de 1.200 à ce jour », détaille Francis Stephan, directeur général.

« Trop d’emplois ne sont pas pourvus parce qu’on ne peut pas se loger »

Cette production se réalisera « essentiellement sur la métropole, mais aussi sur des territoires où apparaissent des besoins, comme à Périgueux où nous venons de livrer 200 logements étudiants. Domofrance s’inscrira aussi sur l’ensemble des opérations « Action coeur de ville » [dans les villes moyennes] qui pourraient naître sur notre territoire. »

Francis Stephan a également fortement insisté sur le lien entre logement et emploi. « Le logement est un tremplin pour l’emploi, et trop d’emplois ne sont pas pourvus parce qu’on ne peut pas se loger. L’idée c’est qu’on ne se retrouve plus dans ce cas-là, dans la métropole ou les villes moyennes. Nous voulons ainsi que 35 % des attributions soient ciblées pour des salariés d’entreprises. »

Entre les livraisons d’appartements et les mouvements sur les stocks, Domofrance attribue en moyenne 3.000 logements par an. « Aujourd’hui nous sommes à 29 % d’attribution aux salariés d’entreprises [cotisant au 1 % logement], et l’engagement que nous avons pris avec notre actionnaire [Action Logement] c’est qu’on monte à 35 % sur les cinq prochaines années. »

Un taux de rotation dans les appartements de 8,5 %, ce qui est « très faible »

Le taux de rotation dans le stock de Domofrance en Nouvelle-Aquitaine est de 8,5 %. « C’est faible », reconnaît Francis Stephan. « A moins de 10 %, ce taux est la traduction d’un secteur très tendu. Sur les secteurs très détendus, cela monte à 25 %. Je précise toutefois que nous sommes à 8,5 % sur les logements familiaux ; sur les logements jeunes on est plutôt à 35-40 %. Ce taux devrait en toute logique remonter si l’offre augmente sur le territoire, mais je n’y crois pas beaucoup au regard de la pression démographique qui est plus forte que l’offre nouvelle que l’on peut apporter. »

L’autre axe stratégique de Domofrance portera sur la réhabilitation. « Nous nous engageons à réhabiliter 5.000 logements en 5 ans. Nous engagerons nos programmes sur huit grands quartiers, qui relèvent de l'Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine) (comme aux Aubiers, Palmer à Cenon, ou Saige à Pessac…). Nous allons injecter sur dix ans 700 millions d’euros sur le territoire, et multiplier ainsi par trois l’effort d’investissement sur les quartiers que nous avons fait les dix dernières années », relève encore Francis Stephan.

Diminution des coûts de gestion, lutte contre le gaspillage énergétique… Domofrance devra aussi mener plusieurs chantiers en interne. « La vente HLM devient également de plus en plus importante, puisqu’elle représente désormais entre 30 et 40 millions de produits par an. C’est essentiel pour accompagner nos politiques d’investissement. »