Bordeaux: L'extension du stationnement payant se fera au cas par cas

VOITURES Un an après la grogne de certains riverains concernant un projet d'extension du stationnement payant, Alain Juppé a annoncé ce lundi une série de mesures, toutes en douceur

Mickaël Bosredon

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A Bordeaux, l'extension du stationnement payant à l'ensemble des quartiers a du mal à passer.
A Bordeaux, l'extension du stationnement payant à l'ensemble des quartiers a du mal à passer. — M.Bosredon/20Minutes
  • Le maire de Bordeaux n’imposera pas l’extension du stationnement payant, mais demande à des comités de quartier de proposer des « projets ».
  • Il assure que des représentants de commissions permanentes sont « favorables » à cette extension du stationnement réglementé.
  • De nouvelles mesures ont aussi été annoncées concernant le périmètre déjà payant.

Un an après le moratoire décidé concernant l'extension du stationnement payant à Bordeaux, suite à la grogne de plusieurs riverains, plusieurs annonces ont été présentées ce lundi par la municipalité. « Depuis un an nous avons beaucoup travaillé sur cette question, avec le groupe de contact qui a tenu quatre réunions, a expliqué le maire Alain Juppé. Nous avons eu simultanément beaucoup de remontées des maires de quartiers, et je reçois de nombreux courriers à la mairie, réclamant notamment l’extension du stationnement réglementé. »

Oui, oui… Réclamant l’extension du stationnement réglementé. Donc payant. « On donne beaucoup d’importance à tous ceux qui expriment un point de vue hostile à l'extension du stationnement payant, s’est agacé le maire de Bordeaux. Je suis assez surpris que l’on ne donne pas autant d’importance à ceux qui le réclament. Plusieurs représentants des commissions permanentes sont satisfaits du système dans le secteur réglementé, et réclament son extension. »

Des projets soumis à la votation…

Cette éventuelle extension du stationnement payant en dehors des zones réglementées, se fera malgré tout au cas par cas, et après une large consultation des habitants, a annoncé Alain Juppé. « Dans les secteurs à l’intérieur des boulevards – Bordeaux Maritime, Grand Parc, Bastide ou quartier Nansouty – je demanderai aux maires de quartiers de constituer, s’il y a une demande d’extension du stationnement payant, un comité d’usagers qui élaborera un projet qui sera soumis à la votation des habitants. » Cela devrait être le cas barrière de Toulouse, par exemple.

A l’extérieur des boulevards, « le même dispositif pourra être appliqué, et une concertation sera ouverte avec les communes de Talence, Bègles, du Bouscat et de Pessac, pour essayer d’harmoniser les dispositifs. »

Le "pass 52" pour une deuxième voiture 52 jours par an

Concernant le périmètre réglementé, là où il y a déjà du stationnement payant, « nous allons créer le "pass 52", c’est-à-dire la possibilité pour les résidents abonnés  –titulaires d’un macaron – de bénéficier de 52 samedis de stationnement supplémentaires à titre gratuit. » L’objectif est de faciliter le stationnement d’une deuxième voiture le samedi, « ou alors la venue de visiteurs occasionnels et qui pourraient bénéficier de cette gratuité. »

Le macaron attribué aux résidents permet en effet « d’inscrire quatre plaques minéralogiques », mais une seule voiture peut stationner. « Là, il y aura la possibilité d’avoir 52 jours par an une deuxième voiture en stationnement gratuit. Ce dispositif sera mis en place d’ici juin 2019. »

La tarification réduite pour les parkings élargie

La deuxième mesure concerne la facilitation de l’accès aux parkings en ouvrage. « Aujourd’hui, seuls les riverains qui résident dans un périmètre de 300m autour de ces parkings d’ouvrage peuvent bénéficier du tarif réduit. Nous allons étendre ce périmètre à un kilomètre. Ce tarif va de 40 à 75 euros par mois, selon les zones. Le dispositif est convenu avec Parcub, y compris sur Pessac et Mérignac, et nous sommes en négociation avec les concessionnaires des autres parkings. »

Toujours dans ce périmètre réglementé, sera mis en place un numéro d’appel unique pour faciliter la relation avec les usagers, ainsi que deux autres applications permettant de payer son stationnement en ligne, en plus d’EasyPark.

Des tarifs spécifiques pour 400 associations bordelaises

Une simplification des formalités pour obtenir certains droits sera mise en œuvre. « Je pense aux professionnels de santé ou autres. Les procédures sont un peu compliquées et nous allons passer de quatre documents à deux, détaille Alain Juppé. Et simultanément nous ferons une campagne auprès des artisans, qui peuvent bénéficier d’un système d’accès au centre-ville mais qui l’utilisent très peu. Cet abonnement est valable sur l’ensemble des zones de stationnement dès lors que leur local est implanté à Bordeaux. Il peut être partagé entre plusieurs véhicules pour 30 euros par mois, et il existe 32 aires de manutention. »

Il y aura aussi l’ouverture d’un tarif résident pour les professionnels de santé qui habitent à l’extérieur des boulevards. Des tarifs spécifiques, à 30 euros, seront ouverts pour les associations reconnues d’utilité publique ou sociale, soit 400 associations bordelaises. Une gratuite totale sera instaurée pour les véhicules électriques. « Et nous sommes en train de travailler à une tarification solidaire en fonction des revenus, mais pour l’instant la loi ne le permet pas. »

« Encourager à abandonner la voiture »

Alain Juppé a insisté sur le fait « qu’il n’est pas question de bannir la voiture de Bordeaux », mais « d’encourager à abandonner la voiture pour recourir à des modes alternatifs quand c’est possible. » Le maire de Bordeaux assure que « tous les parkings-relais ne sont pas saturés » et qu’il est « assez facile de laisser sa voiture à la périphérie du centre-ville pour ensuite prendre un tram, d’autant que la capacité de ces parkings-relais est passée de 5.000 à 8.800 places. »

La réglementation du stationnement payant « a contribué à la baisse de la part modale de la voiture en centre-ville » poursuit le maire de Bordeaux. « Nous nous sommes fixés pour objectif d’être une métropole à énergie positive en 2050, ce qui veut dire qu’il faudrait que nous ayons en 2030 32 % d’énergies renouvelables. On est à 14 ou 15 %. Et il n’est pas question d’abandonner ces objectifs. »