Alain Juppé, le 1er février 2019 à la mairie de Bordeaux
Alain Juppé, le 1er février 2019 à la mairie de Bordeaux — M.Bosredon/20Minutes

SOCIAL

«Gilets jaunes» à Bordeaux: L'organisation du marathon nocturne en avril menacée

Alain Juppé a annoncé ce lundi s'inquiéter concernant la tenue du marathon nocturne de Bordeaux Métropole, prévu les 27 et 28 avril

  • Le maire de Bordeaux estime qu’il faut prendre une décision « maintenant » concernant ce marathon qui attire plus de 20.000 coureurs.
  • L’élu s’inquiète de nouveau concernant les « conséquences » des manifestations du samedi pour la ville.
  • Le maire de Bordeaux demande aux « gilets jaunes » qu’ils « s’engagent à cesser les violences. »

Le maire de Bordeaux a, une nouvelle fois, « dénoncé avec la plus grande vigueur » ce lundi, « les comportements scandaleux qui se répètent samedi après samedi de la part d’un nombre significatif de participants - plusieurs centaines - aux manifestations des « gilets jaunes. »

L’élu a rappelé le « processus » en vogue les samedis dans le centre-ville de Bordeaux : « casse de mobilier urbain, bris de vitrine, pillage de magasins avec vol de matériel, graffitis orduriers et injurieux sur les murs… Tout ceci devient intolérable. »

« Je n’exclus pas l’idée de différer le marathon à l’année prochaine »

Le président de Bordeaux Métropole s’inquiète concernant la tenue d’un événement phare de la saison à Bordeaux : le marathon nocturne, programmé pour les 27 et 28 avril. « Je m’interroge sur ce qu’on va faire de ce marathon. Vous allez me dire que d’ici là on peut espérer que les choses auront bougé. Sauf qu’il faut prendre une décision d’organisation aujourd’hui. J’ai consulté le préfet, les adjoints… Une des idées serait de le déplacer le dimanche, mais ce n’est pas facile. Je n’exclus pas l’idée de le différer purement et simplement à l’année prochaine. Ce qui serait encore une conséquence désastreuse de ces manifestations qui n’aboutissent à rien, sinon au désordre. »

Alain Juppé s’est par ailleurs à nouveau interrogé concernant les « conséquences sur la ville ». « Pour la future saison touristique, on commence à me dire que les réservations sont moins nombreuses, et les annulations en augmentation. C’est désastreux pour le commerce de proximité en centre-ville, avec un résultat paradoxal : tous ceux qui défilent pour la proximité font l’affaire des centres commerciaux de périphérie qui, eux, fonctionnent très bien. Et puis il y a une conséquence désastreuse aussi pour le budget municipal, puisqu’il faut payer les réparations et nos personnels qui sont mobilisés tous les dimanches. »

Une demande des « gilets jaunes » de manifester au stade Chaban-Delmas

L’élu bordelais lance de nouveau un appel aux manifestants. « Il faut que ça cesse, implore-t-il. En continuant à appeler à manifester, ce sont eux qui génèrent systématiquement ces violences. Il faut qu’ils soient conscients de la responsabilité. Ce n’est pas l’effet du hasard. Même si tous les "gilets jaunes" ne sont évidemment pas des casseurs. »

Dans ces conditions, « quand ils feront appel à moi pour les aider, ils ne trouveront pas un interlocuteur très disponible, prévient Alain Juppé. Il paraît qu’ils veulent s’installer au stade Chaban pour un sit-in, j’attends qu’ils s’engagent à cesser les violences. S’il y a un engagement clair, net et précis, un appel, on verra. Sinon je ne peux pas me prêter moi aussi à des opérations qui génèrent de la violence. Il est facile de dire : "ce n’est pas nous, c’est les autres." »

Selon le directeur de cabinet d’Alain Juppé Ludovic Martinez, les « gilets jaunes » ont en effet demandé à utiliser le stade Chaban « pour, selon eux, isoler les casseurs, et qu’ils puissent tenir une réunion constructive. » Ludovic Martinez relève toutefois que « chaque fois que ce genre de demande a été formulée, elle s’est heurtée à la masse des « gilets jaunes », qui ne trouvent jamais représentatifs celles et ceux qui vont porter au-devant des services de l’Etat. »