Le nouveau TGV pour ligne LGV Bordeaux-Paris, Credit:ROMUALD MEIGNEUX/SIPA/1609141402
Le nouveau TGV pour ligne LGV Bordeaux-Paris, Credit:ROMUALD MEIGNEUX/SIPA/1609141402 — SIPA

TRANSPORTS

LGV Paris-Bordeaux: «25 % du trafic se fait aujourd’hui en Ouigo»

Un bilan intermédiaire, 18 mois après la mise en service de la LGV entre Bordeaux et Paris, a été réalisé ce jeudi par Lisea, concessionnaire de la ligne…

  • Liséa, concessionnaire de la ligne TGV SEA, tire un bilan positif 18 mois après la mise en service de la ligne à grande vitesse Tours-Bordeaux.
  • Les prévisions de fréquentation ont été dépassées et les Ouigo, trains « low cost » ont permis de démocratiser en partie la grande vitesse.

La ligne à grande vitesse (LGV) qui a mis Bordeaux à 2 h 04 de Paris est en service depuis 18 mois. L’observatoire socio-économique de la LGV Sud Europe Atlantique (Tours-Bordeaux) a livré ce jeudi un premier bilan très positif, nourri par les chiffres de 2018. « On attendait beaucoup de cette LGV et cette attente est aujourd’hui comblée », a commenté Alain Juppé, président de la Métropole Bordelaise, invité à la présentation de ce bilan. « Un succès monumental qui infirme tous les chiffres donnés à l’époque (du débat sur la pertinence de la ligne) », renchérit à ses côtés Alain Rousset, président de la région Nouvelle Aquitaine.

Entre 3,8 et 4,6 millions de voyageurs

Avant de présenter les chiffres, Rachel Picard, directrice générale de voyages SNCF a tenu à rappeler qu’ils s’inscrivaient dans un contexte global favorable « d’une croissance de 15 % de la grande vitesse en France ». L’objectif entre la capitale et la région Nouvelle Aquitaine était de 4 millions de voyageurs et la fréquentation s’établit à 4,6 millions de voyageurs.

Lisea, concessionnaire de la ligne, n’a pas exactement les mêmes chiffres car elle se concentre sur la ligne Tours-Bordeaux (SEA). Elle parle pour cette portion de 3,8 millions de voyageurs, contre des prévisions comprises entre 2,6 millions et 3,5 millions de voyageurs.

Les chiffres spécifiques à Bordeaux-Paris sont donc difficiles à établir précisément (les ouigo desservent des gares du Sud-Ouest et des gares de la région parisienne) mais une chose est sûre, insistent en choeur la SNCF et Lisea, la vitesse est un facteur d’attractivité et la fréquentation dépasse les prévisions.

Un billet à 85 euros en moyenne

Sur cette ligne, un client sur trois bénéficie de tarifs prems ou Ouigo, les plus accessibles de la SNCF. « 25 % du trafic Paris Bordeaux se fait en Ouigo aujourd’hui, avec des tarifs à partir de 16 euros », déclare Rachel Picard. Ces trains « low cost » ont été lancés en décembre 2017 et recueillent un franc succès. Avant la mise en service de la ligne, « les clients Ouigo voyageaient en voiture ou ne voyageaient pas, précise la directrice générale de Voyages SNCF. Plus de la moitié des clients Ouigo n’aurait pas pris le TGV s’il n’y avait pas eu de Ouigo ».

Le prix moyen entre Paris et Bordeaux sur la LGV SEA s’établit à 85 euros, soit une hausse de 10 %. Le plein tarif loisirs en deuxième classe sur Paris-Bordeaux a augmenté de 16 %. Lisea relativise ces hausses en les mettant en rapport avec le gain de temps qui s’établit entre 20 à 40 % du temps de trajet.

« Il ne faut surtout pas relâcher les efforts et continuer la politique tarifaire », a conclu Rachel Picard. Le taux d’occupation de la ligne, 68 %, peut encore être amélioré au regard du taux remplissage (76 %) de la première LGV de France (Lyon-Paris).

Un effet positif sur certains TER

Grâce à un effet d’entraînement de la LGV, le trafic TER en Nouvelle-Aquitaine a progressé de 12 % en 2018 selon Lisea. Les progressions les plus fortes concernent les lignes Bordeaux-Hendaye (+17,1 %), Bordeaux-Mont-de-Marsan (15,3 %) et Bordeaux-Arcachon (+12,1 %).

Mais, dans le même temps, Lisea pointe une diminution du nombre d’allers-retours quotidiens sur les liaisons Paris Poitiers, Paris Angoulême, et Bordeaux-Tours depuis la mise en service de la LGV. Les objectifs en termes de « volume de voyageurs » sont néanmoins respectés, assure le concessionnaire, grâce aux rames Océane pouvant accueillir davantage de voyageurs que les anciennes.

Quels effets sur le trafic aérien ?

Air France réalise 10 allers-retours quotidiens entre Bordeaux et Paris au lieu de 14 avant la mise en service de la ligne « cela reste donc une navette », pointe le directeur de l’aéroport Bordeaux-Mérignac, Pascal Personne. Entre 200.000 (pour l’aéroport) et 300.000 passagers (pour la SNCF) ont été captés par le ferroviaire. « C’est beaucoup mais pas autant que ce que vous escomptiez », lance le directeur aux autorités ferroviaires. Il souligne que deux tiers des voyageurs de cette navette font une correspondance à l’aéroport Charles de Gaulle et devraient rester fidèles à l’aérien.

« Cette ligne, pourvu qu’on la poursuive jusqu’en Espagne, c’est l’épine dorsale de la région », a souligné Alain Rousset.