«Gilets Jaunes» à Bordeaux: Les hôtels du centre-ville inquiets pour leur business

TOURISME L’organisation patronale UMIH de la Gironde parle d’une baisse de fréquentation de l’ordre de 10 % en décembre et en janvier, dans un contexte de fortes mobilisations des « gilets jaunes » à Bordeaux…

Elsa Provenzano

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Les manifestations des
Les manifestations des — UGO AMEZ/SIPA
  • Les hôtels du centre-ville sont ceux qui pâtissent le plus du mouvement des « gilets jaunes » mobilisés chaque samedi dans la capitale girondine.
  • Les touristes renoncent à venir passer un week-end à Bordeaux et les entreprises repoussent l’organisation de leurs séminaires.
  • La clientèle étrangère serait la plus réfractaire à se déplacer, dans ce contexte social.

Lors du conseil municipal de ce lundi, l’adjoint au tourisme de la Ville de Bordeaux Stéphan Delaux n’avait pas hésité à parler d’une « chute préoccupante des réservations dans l’hôtellerie ». Il a pointé la responsabilité du mouvement des « gilets jaunes », particulièrement suivi dans la capitale girondine.

Sébastien Bize, président de la branche hôtellerie de l’organisation patronale UMIH 33 et gérant de l’hôtel Burdigala, est un peu moins alarmiste, même s’il se montre inquiet sur les répercussions à moyen terme de la mobilisation sociale.

La fréquentation en baisse de 10 % en moyenne

Après le début des manifestations à la mi-novembre, il estime que les hôtels bordelais ont accusé une baisse de fréquentation de l’ordre de 10 % en décembre et qu’elle devrait s’établir à ce même niveau en janvier. Tous les établissements ne sont pas logés à la même enseigne, ceux de l’hypercentre sont les plus touchés.

« Au Burdigala, un peu à l’écart du centre-ville, cette baisse est un peu moindre, de l’ordre de 5 % », estime Sébastien Bize. Les hôtels haut de gamme payent le prix fort avec de 12 à 18 % de baisse de fréquentation, selon Stéphan Delaux, quand les établissements de moyenne gamme enregistrent des baisses variables, comprises entre 2 et 7 % selon les études.

Il est difficile d’évaluer les conséquences de ce contexte social sur les réservations des prochaines vacances, notamment parce que nombre de clients se décident au dernier moment. « On évalue la baisse des réservations entre 10 à 15 % et on constate aussi un attentisme de la part des entreprises pour l’organisation de leurs séminaires », pointe le président de la branche hôtellerie de l’UMIH33.

« En ce moment, si vous avez une ville à choisir pour un week-end en famille ou en amoureux, vous ferez d’autres choix que Bordeaux, regrette l’adjoint au tourisme. Je nourris des inquiétudes sur les mois à venir, si nous continuons à sacrifier tous nos week-ends au vandalisme ».

Ce qui inquiète le plus Sébastien Bize, c’est l’impact sur la clientèle internationale, qui découvre depuis l’étranger des boutiques et des institutions vandalisées. « Cela donne une très mauvaise image de la France et en plus une image faussée », regrette-t-il.

« Cela fait un mauvais point en plus pour la France du point de vue de la clientèle chinoise par exemple, au sens où cela montre que ce genre d’événements peut arriver dans notre pays », déplore Stéphan Delaux.

Tous deux estiment que plus le mouvement va s’installer dans la durée et plus les conséquences sur l’activité hôtelière et touristique en général seront importantes. « Il faut que le mouvement se sépare de la violence », espère l’adjoint au tourisme, qui craint déjà un impact sur les longs week-end du printemps.