Bordeaux: Le comptoir des cybermonnaies, première boutique consacrée au Bitcoin et autres cryptomonnaies, vient d'ouvrir

TECHNOLOGIE Deux Bordelais passionnés par Bitcoin ont ouvert cette boutique dans le but de faire de la pédagogie autour de cette nouvelle monnaie controversée

Mickaël Bosredon

— 

Le bitcoin fait frémir Internet.
Le bitcoin fait frémir Internet. — 20 minutes
  • Baptiste Lac et François Miquel sont issus de l'univers du web pour l'un et de la banque pour l'autre.
  • Ils sont convaincus que le modèle de Bitcoin est semblale à celui d'Internet au début des années 1990, et qu'il va s'imposer.
  • Malgré la violente chute du cours en 2018, ils pensent que la monnaie continuera de prendre de la valeur au fil du temps.

La tête dans le cyberespace, mais les pieds bien ancrés sur terre. Baptiste Lac et François Miquel viennent d’ouvrir à Bordeaux Le comptoir des cybermonnaies, première boutique physique consacrée au Bitcoin et aux cryptomonnaies en Nouvelle-Aquitaine, dans la lignée de La maison du Bitcoin à Paris, ouverte en 2016. Ce nouveau lieu accueille particuliers et professionnels attirés par les cryptomonnaies pour des initiations, formations et accompagnements personnalisés. C’est aussi, évidemment, un bureau de change.

« Notre activité c’est courtier en cryptomonnaie, précisent les deux jeunes bordelais. On s’adresse à tout le monde, et notamment aux néophytes : on veut expliquer en quoi c’est une innovation, et pourquoi cela a du potentiel. En revanche, nous n’avons pas l’expertise pour dire si cela vaut le coup d’acheter maintenant, ni de dire quelle valeur cela aura demain. On ne fait pas de conseil en investissement, nous ne sommes pas des traders. »

« On est la douane dans le passage entre les euros traditionnels et le cyberespace »

Concrètement, « outre vendre des bitcoins, on renseigne les gens, on les aide à créer leur portefeuille électronique, et on vend aussi des portefeuilles électroniques physiques, sous forme de périphériques, qui vont faire un meilleur job encore qu’une application sur un smartphone. Enfin on fait du service après-vente pour ceux qui ont besoin d’être accompagnés. On ne facture que l’opération de change pour laquelle on prend une commission, de 4 à 6 % en fonction des montants. On va dire qu’on est la douane dans le passage entre les euros traditionnels et le cyberespace. » Le panier moyen des investisseurs s’établit pour le moment à 600 euros. « Mais on a déjà eu des très gros "tickets." »

Issus de l’univers du web pour l’un, et du secteur bancaire pour l’autre, Baptiste Lac et François Miquel sont de véritables passionnés de Bitcoin, qu’ils ont étudié jusque dans les moindres recoins. Pour eux, il s’agit « d’une révolution technologique » qui serait « inéluctable. » Comme Internet au début des années 1990. « On a lancé cette activité car on est persuadé que quels que soient les soubresauts et les cycles que cela traverse, sur le long terme cela va s’imposer. »

Pratique pour les virements vers l’étranger

Bitcoin serait une révolution car il permet un paiement « décentralisé. » « Il n’y a pas besoin d’ouvrir un compte, mais simplement d’utiliser un logiciel qui génère un portefeuille électronique, explique François Miquel. C’est une application, comme une appli qui gère des mails, qui peut être gratuite ou payante et qui permet d’envoyer et recevoir des bitcoins. » Une utilisation bien pratique dans le cadre de « virements lointains vers l’étranger, pour lesquels il y a des frais fixes qui peuvent être élevés. Concrètement aujourd’hui, tous les travailleurs immigrés qui veulent envoyer de l’argent dans leurs familles doivent passer par des services qui prennent entre 10 et 15 % de commissions. »

Ensuite, poursuit François Miquel, « Bitcoin donne naissance à une infrastructure financière et monétaire, qui est ouverte à tout le monde. Or, un tiers de l’humanité n’a pas accès aux services bancaires. »

Un moyen de paiement qui se développe pour le paiement en ligne

Si les deux spécialistes reconnaissent que Bitcoin n’est pas à l’heure actuelle « un bon système de paiement » en ce qui concerne les petits achats du quotidien dans les commerces, ils assurent qu’il se développe fortement « pour tout ce qui est paiement en ligne pour de tout petits montants. » « Cela pourrait permettre, détaille Baptiste Lac, d’acheter par exemple un article d’un média en ligne, sans s’abonner pour autant à ce média, sans frais et sans intermédiaire. Cela peut retourner certains business model. »

Face à la controverse que suscite Bitcoin, les deux Bordelais admettent malgré tout qu' « il y a un risque que bitcoin tombe un jour à 0. Mais nous estimons qu’il est très faible. » Face à ce risque, « l’idéal, conseille Baptiste Lac, est d’investir ce que l’on peut perdre. Et si bitcoin prend de la valeur, l’investissement peut rapporter gros. Et nous, on est convaincu que bitcoin est là pour rester. »

« L’effondrement du cours en 2018 n’était qu’une correction »

Ils conseillent aussi de ne pas paniquer quand le cours s’effondre, comme cela est arrivé l'année dernière. « Si on fait le pari que Bitcoin ne disparaîtra pas, on peut faire le pari que son cours s’appréciera, malgré les cycles qui peuvent être à la baisse, rassure François Miquel. En 2017 il y a eu une bulle, c’est monté très fort, et du coup des traders ont pris leurs profits et c’est redescendu en 2018, il a fait - 85 %, mais ce n’était qu’une correction. Il y en avait déjà eu par le passé. La tendance de fond, c’est que cela continue de prendre de la valeur. » Ce n’est pas l’avis de plusieurs économistes, qui prédisent la chute de Bitcoin, et des autres cryptomonnaies dans la foulée.

Les deux spécialistes rappellent, eux, qu’un bitcoin vaut toujours autour de 3.000 euros à ce jour, contre quelques euros seulement à ses débuts. « Et nous ne sommes certainement qu’au tout début du phénomène, il est tout à fait probable que cela continue de monter. »