Bordeaux: «Un vrai progrès» dans la lutte contre le cancer grâce au robot Cyberknife

SANTE Depuis cet été, le CHU de Bordeaux s’est équipé du robot médical Cyberknife qui permet de proposer une radiothérapie de haute précision pour certaines tumeurs (bénignes ou non)…

Elsa Provenzano

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Le robot cyberknife permet de réaliser une radiothérapie de haute précision.
Le robot cyberknife permet de réaliser une radiothérapie de haute précision. — CHU de Bordeaux
  • Le CHU de Bordeaux s’est équipé d’un nouvel appareil, le robot Cyberknife, qui permet une radiothérapie de haute précision.
  • Il est utilisé pour traiter certaines tumeurs (cérébrales, hépatiques, pulmonaires par exemple) et permet de diminuer les effets secondaires, tout en réduisant la durée du traitement.

Après Nice, qui s’est dotée du premier robot médical Cyberknife il y a une dizaine d’années, puis Lyon et Lille, le CHU de Bordeaux est équipé depuis cet été de la dernière génération de cet appareil de précision, un accélérateur de particules qui a été miniaturisé et monté sur un bras robotisé. Il permet de proposer une radiothérapie de pointe pour certains types de tumeurs (cancéreuses ou non).

« On avait déjà une activité de radiothérapie stéréotaxique (c’est-à-dire plus focalisée pour être plus efficace et moins toxique) assez forte avec des appareils plus conventionnels. Le CHU s’est donné les moyens d’avoir un appareil encore plus performant », commente le docteur Aymeri Huchet, praticien hospitalier, oncologue option radiothérapie. Le robot, acquis pour un montant de 4,5 millions d’euros, a déjà permis de traiter depuis cet été plus d’une centaine de patients à l’hôpital Haut-Lévêque, qui accueille le service de radiothérapie. Aucune participation financière n’est demandée aux malades qui peuvent en bénéficier dans le cadre de leur parcours de soins classique.

« 100 à 200 faisceaux en un point précis »

« Cela permet de focaliser une forte dose en un point précis, le principe étant l’utilisation d’un robot, assez analogue à ceux utilisés dans l’industrie automobile, sur lequel on va placer un appareil de radiothérapie (un accélérateur) et on va focaliser 100 à 200 faisceaux en un point précis », détaille le docteur Aymeri Huchet.

Le robot Cyberknife a été d’abord utilisé pour traiter des tumeurs cérébrales bénignes ou cancéreuses. Il a la possibilité de suivre en temps réel le positionnement précis de la tumeur grâce à un système d’imagerie à rayons X. « Comme c’est une machine qui suit les mouvements respiratoires, elle est aussi adaptée pour les cancers localisés du poumon », précise le docteur Aymeri Huchet. Elle commence aussi à être utilisée assez régulièrement pour certaines métastases hépatiques, certaines tumeurs du foie et des cancers de la prostate. « Il y a aussi des indications hors tumeurs comme des malformations artérioveineuses, des anomalies vasculaires », précise-t-il.

Moins d’effets secondaires pour les patients

Les retours des patients sont positifs, d’abord parce que le traitement est beaucoup plus court qu’en radiothérapie conventionnelle (d’une à cinq séances) même si les séances, sont, elles, plus longues, soit jusqu’à 45 minutes. « Pour tout ce qui est métastases cérébrales, ce robot a été une vraie révolution parce qu’avant les traitements étaient très étendus, on irradiait fréquemment tout l’encéphale », se félicite le docteur Aymeri Huchet, spécialiste des tumeurs cérébrales. Le risque d’effets indésirables ressentis par le patient après le traitement était alors plus important.

Lorsque le patient n’a que quelques métastases (d’une à quatre environ) l’action du robot cyberknife permet de contrôler la tumeur en garantissant moins d’effets secondaires. « C’est un vrai progrès pour certaines indications, mais cela s’inscrit aussi dans une logique de progression constante des traitements qui est plus générale, que ce soit en cancérologie ou en radiothérapie », complète-t-il.

Quelles que soient les pathologies, les décisions prises pour ces traitements des maladies cancéreuses, se font dans le cadre de réunions pluridisciplinaires. Dans l’arsenal thérapeutique déployé contre le cancer, ce robot est en tout cas un allié de taille.