Bordeaux: Alors que 3000 lapins pullulent dans un parc, la mairie a recours à des furets pour les chasser

ANIMAUX Les lapins présents en trop grand nombre dans le Parc bordelais, sont responsables de dégâts sur les arbres et les végétaux. La Ville veut en éliminer une partie à l’aide de furets…

Elsa Provenzano

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De nombreux lapins domestiques seraient relâchés à proximité du parc Bordelais.
De nombreux lapins domestiques seraient relâchés à proximité du parc Bordelais. — Libor Sojka/AP/SIPA
  • Environ 3.000 lapins seraient présents dans le Parc bordelais. Cette surpopulation nuirait aux plantations de cet espace vert de 28 hectares.
  • La mairie a mandaté un piégeur agréé qui travaille depuis ce lundi à piéger les lapins grâce à des furets.
  • Ces interventions vont se poursuivre ponctuellement jusqu’en avril.

Un cauchemar pour les agents d’entretien des espaces verts du Parc bordelais. Les trois mille lapins semi-domestiques, issus du croisement entre les lapins de garenne présents historiquement sur le site, et lapins domestiques relâchés par des particuliers ne se contentent pas de saccager une partie des arbres, arbustes et végétaux de ce jardin de 28 hectares, classé comme « remarquable » par le ministère de la culture. Mais les innombrables terriers qu’ils creusent sur la pelouse constituent aussi un risque pour les promeneurs.

La Ville a eu beau clôturer ses plantations, rien n’y fait et « 80 % des jeunes arbres plantés l’hiver dernier ont été abîmés par les lapins, pointe Magali Fronzes, adjointe au maire chargée de la nature en ville et des espaces verts. Depuis quelque temps, ils s’attaquent même aux écorces des arbres adultes et deux d’entre eux sont condamnés ».

Des furets pour chasser les lapins

Soucieuse de réguler cette population, la Ville a engagé ce lundi des mesures de piégeage et d’élimination de ces animaux, classés comme nuisibles par la préfecture de la Gironde. Un terme qui fait s’étrangler Laurent Blanchard-Talou, chargé de la communication pour l’association de protection des animaux Vénus​. « S’ils sont classés comme nuisibles, il faut interdire leur vente dans les animaleries, souligne-t-il. Les lapins qu’on trouve sur ce parc sont essentiellement domestiqués, on les bazarde une fois que le caprice est terminé. » Selon lui, beaucoup sont relâchés en ville, une fois que les propriétaires s’en sont lassés. « Ils vont alors dans les parcs où ils peuvent trouver de la nourriture et se reproduisent à la vitesse grand V. »

Un piégeur agrée va intervenir sur le parc pendant plusieurs jours par mois jusqu’en avril, à l’aide de furets. Il ne s’agit pas de les éradiquer, car ils étaient présents historiquement sur le site, mais de réduire sensiblement leur nombre car « à 1000, ils posaient déjà problème », précise Magali Fronzes. La réglementation interdit aussi à la municipalité de déplacer ces animaux vivants, raison pour laquelle elle n’a pas pu les confier à une association, par exemple.

Au printemps, la ligue de protection des oiseaux (LPO) a mené des campagnes de sensibilisation auprès des Bordelais sur les effets de l’introduction de la faune domestique sur l’environnement, pointant la part de responsabilité des particuliers dans cette situation.