Bordeaux: Le ballet «La fille mal gardée», le «cadeau de Noël» de l'Opéra

DANSE Pour Noël, l’Opéra de Bordeaux a décidé de programmer un véritable ballet « feel good », «La fille mal gardée», qui avait été créé sur la scène même du Grand-Théâtre en 1789…

Mickaël Bosredon

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Le ballet La Fille mal gardée, interprété ici par Diane Le Floc'h, dans le rôle de Lise.
Le ballet La Fille mal gardée, interprété ici par Diane Le Floc'h, dans le rôle de Lise. — Julien Benhamou
  • La fille mal gardée met en scène un couple de jeunes paysans amoureux.
  • L’Opéra de Bordeaux présente jusqu’au 31 décembre une version plus moderne de ce ballet du 18ème, celle de Frederik Ashton, créée en 1960.
  • Ce ballet d’action permet de s’initier facilement à l’art de la danse, et peut tout à fait convenir aux enfants.

L'Opéra national de Bordeaux (ONB) a revêtu ses habits de Noël. L’établissement propose jusqu’au 31 décembre le ballet La Fille mal gardée. Ce spectacle effectue là un retour aux sources, puisqu’il a été créé sur la scène du Grand-Théâtre de Bordeaux, le 1er juillet 1789, par Jean Dauberval. Ce n’est toutefois pas sa version qui est présentée cette année, mais celle de 1960 du chorégraphe britannique  Frederick Ashton.

« L’histoire est à la fois pour les enfants, mais aussi pour les adultes qui ont gardé leur âme d’enfant, résume Eric Quilleré, directeur de la danse à l’Opéra de Bordeaux. Il y a plein de personnages, des poules, un coq, un poney… C’est comme une bande dessinée. C’est un univers totalement magique pour les enfants, qui comprennent toute l’histoire, et nous, adultes, on se laisse embarquer… »

« Il se passe tout le temps quelque chose sur scène »

Pour Vanessa Feuillatte, première danseuse à l'Opéra de Bordeaux, et qui interprète le rôle de Lise, « c’est un ballet très original, même s’il est ancien. Au niveau de l’interprétation, c’est très technique, et il y a une originalité car il faut aussi savoir jouer la comédie et raconter une histoire, sans exagérer car sinon cela devient vite burlesque. C’est très délicat. » « Et puis, il se passe tout le temps quelque chose sur scène, cela s’arrête rarement et on est emporté dans l’histoire du début à la fin » ajoute le chef d’orchestre  Marc Leroy-Calatayud.

La première danseuse Vanessa Feuillatte, le chef d'orchestre Marc Leroy-Calatayud et le directeur de la danse de l'Opéra Eric Quilleré.
La première danseuse Vanessa Feuillatte, le chef d'orchestre Marc Leroy-Calatayud et le directeur de la danse de l'Opéra Eric Quilleré. - M.Bosredon/20Minutes

Mais celui qui en parle le mieux, est certainement le danseur, Marc-Emmanuel Zanoli, qui interprète pour trois soirs le rôle de Mère Simone. « J’ai découvert cette version d’Ashton en 1996, lorsque j’étais à l’Opéra de Paris. Certains week-ends, je les passais chez ma marraine qui avait en VHS La Fille mal gardée. Pour moi, c’était un peu comme un Disney… Quand Eric a annoncé que ce ballet allait entrer au répertoire à Bordeaux, pour moi c’était le cadeau de Noël. D’autant plus que je fais le rôle de la Mère Simone, un rôle complètement théâtral, qui m’a nourri depuis mes 14 saisons au sein du ballet de l’opéra. »

Alvaro Rodriguez Pinera, danseur soliste à l'Opéra de Bordeaux, dans le rôle de Mère Simone, dans La fille mal gardée.
Alvaro Rodriguez Pinera, danseur soliste à l'Opéra de Bordeaux, dans le rôle de Mère Simone, dans La fille mal gardée. - Julien Benhamou

« Dauberval, en 1785, est avec sa femme une véritable coqueluche du public bordelais »

La Fille mal gardée a été créée en 1789 à Bordeaux, d’abord sous le nom de Ballet de la paille ou Il n’est qu’un pas du mal au bien. A quelques heures de la Révolution, sur un ton gai et d’une exquise fraîcheur, il met en scène un couple de jeunes paysans amoureux, Lise et Colas, à la manière d’une pastorale villageoise et pittoresque, où l’amour finit par triompher d’un mariage arrangé.

« Dauberval était arrivé à Bordeaux en 1785, après avoir claqué la porte de l’Opéra de Paris, raconte l'historien Laurent Croizier, directeur adjoint des publics à l’ONB. Il part avec sa femme, une sublime danseuse nommée Mademoiselle Théodore, à Bordeaux qui vient de se doter d’un théâtre neuf - un des plus sublimes d’Europe, et qui possède une machinerie exceptionnelle - dans le but de donner naissance à des œuvres qui feront date. De fait, en quelques années le couple devient la coqueluche du public bordelais. A la Révolution, Dauberval quitte Bordeaux pour Londres et emmène son ballet, qui s’appelle encore Le ballet de paille, et qui deviendra La Fille mal gardée en 1791, lorsqu’il est représenté à Londres. »

Eric Quilleré explique avoir choisi la version d’Ashton pour le retour de ce ballet à Bordeaux, en partenariat avec l’Opéra de Paris, « parce que c’est certainement la plus emblématique, la plus aboutie, la plus riche, et la plus dansée dans le monde. » Et puis, « il y a cet humour british, avec beaucoup de retenue. »

 

Durée : 2h10 environ. Tarifs: de 25 à 60 euros (sauf le 31 décembre : de 50 à 110 euros).