VIDEO.Bordeaux: Fortes tensions autour de la manifestation des lycéens contre Parcoursup

SOCIAL La manifestation des lycéens contre la réforme Parcoursup s’est poursuivie ce mardi pour la deuxième journée et des heurts ont eu lieu avec les forces de l’ordre sur la place de la Stalingrad, rive droite à Bordeaux…

Elsa Provenzano
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Les forces de l'ordre ont été mobilisées face aux lycéens qui protestaient contre Parcoursup.
Les forces de l'ordre ont été mobilisées face aux lycéens qui protestaient contre Parcoursup. — M.Bosredon / 20 Minutes
  • Les lycéens ont manifesté pour la deuxième journée à Bordeaux, notamment sur la place Stalingrad, contre la réforme Parcoursup.
  • Des heurts ont eu lieu avec les forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogène pour les disperser.
  • Plusieurs personnes ont été blessées dans cette manifestation et quelques dégradations matérielles ont eu lieu.

« En général, les manifs à Bordeaux sont assez calmes mais là, c’est particulièrement tendu. On dirait que les CRS ne font plus la différence entre casseurs et lycéens », commente Zoé, une étudiante de l’IUT Bordeaux Montaigne, venue soutenir les lycéens dans leur manifestation contre la réforme Parcoursup.

Les lycéens ont été dispersés à coup de grenades lacrymogènes.
Les lycéens ont été dispersés à coup de grenades lacrymogènes. - M.Bosredon / 20 Minutes

Dès 8 h ce mardi, des lycéens issus principalement d’établissements de la rive droite (François Mauriac, La Ruche, Trégey) se sont rassemblés sur la place Stalingrad. En raison d’une panne générale du réseau de transports, aucun tramway ne circulait, avant une reprise progressive en fin de matinée.

Les CRS ont eu l'ordre de libérer le pont de pierre des manifestants.
Les CRS ont eu l'ordre de libérer le pont de pierre des manifestants. - E.Provenzano / 20 Minutes

Les CRS ont reçu l’ordre de dégager l’accès au pont de pierre et ont chargé les manifestants qui se sont dispersés en petits groupes. « J’ai demandé à monsieur le préfet d’assurer la libre circulation et de faire évacuer ceux qui voulaient s’opposer à la circulation du tramway », a expliqué Alain Juppé, en marge d’une conférence de presse sur la panne survenue sur le réseau de transports.

Plusieurs blessés

Des tirs de gaz lacrymogènes ont eu lieu sur la place Stalingrad. Une jeune lycéenne de Mauriac reste un peu en retrait, choquée par les événements : « les CRS ont insulté un ami à moi avant de l’interpeller, ils lui ont dit qu’il ressemblait à un mexicain avec sa barbe, ce que je trouve un peu discriminatoire comme propos. Ils ont aussi insulté sa mère ».

Un feu de poubelle a été rapidement maîtrisé, dans une rue derrière la place Stalingrad.
Un feu de poubelle a été rapidement maîtrisé, dans une rue derrière la place Stalingrad. - E.Provenzano / 20 Minutes

Elle raconte aussi qu’un tir de flashball a blessé un manifestant sous l’œil. Elle a déjà manifesté lundi et a été témoin de la chute d’une jeune fille, touchée par un jet de pierre. « Elle a perdu beaucoup de sang et elle était inconsciente quand elle a été hospitalisée », précise-t-elle. « Les forces de l’ordre nous couraient après, ils nous frappaient avec leurs matraques et ils nous gazaient ensuite, raconte-t-elle. Comme je filmais, je me suis fait taper sur la jambe ». Ce mardi, des heurts ont aussi eu lieu. « Des manifestants ont été touchés aux jambes et aux doigts », affirme Zoé.

Selon la préfecture, un manifestant aurait été blessé au pied sans gravité dans une mobilisation à Pessac, deux lycéens de 14 et 15 ans ont aussi été blessés légèrement et pris en charge par les pompiers. Enfin un membre des forces de l’ordre a également été blessé. Une manifestante interpelle un CRS en bas de l’avenue Thiers : « vous frappez des enfants, sans raison ! » « On ne tire pas sur des enfants, on tire sur des gens qui jettent des pierres, ce n’est pas la même chose », lui rétorque le CRS.

Les forces de l’ordre « agressées » selon Juppé

Des enseignants du lycée François Mauriac, soutenus par des parents d’élèves inquiets pour leurs enfants, ont fait parvenir lundi un communiqué de presse dans lequel ils dénoncent des violences policières réservées à des lycéens qui souhaitaient exercer leur droit à manifester.

« Je ne sais pas exactement ce qu’il s’est passé ce matin sur le pont de pierre, mais dans les scènes que nous avons vues c’est une véritable agression, et quand les forces de l’ordre sont agressées, elles répondent, a commenté Alain Juppé. Elles sont là pour protéger les citoyens, mais sans exposer leur propre vie. J’espère que ces violences cesseront. J’exprime aux familles de ces lycéens, et aux lycéens eux-mêmes, toute ma sympathie et ma compassion. »

Les vitres d'abri-bus ont été brisées.
Les vitres d'abri-bus ont été brisées. - E.Provenzano / 20 Minutes

Quelques dégradations sont à déplorer : des vitres d’abribus ont été brisées, une voiture a été retournée et des poubelles ont été enflammées, notamment devant le lycée François Mauriac.