«Gilets Jaunes» à Bordeaux: Scènes de violence autour de l'hôtel de ville

MANIFESTATIONS Sur les 2.000 manifestants « gilets jaunes » samedi, entre 200 et 300 ont tenté de pénétrer dans l’hôtel de ville, et ont été repoussés par les forces de l’ordre…

Mickaël Bosredon

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Manifestation des «Gilets jaunes» le samedi 1er décembre devant l'hôtel de ville de Bordeaux.
Manifestation des «Gilets jaunes» le samedi 1er décembre devant l'hôtel de ville de Bordeaux. — Nicolas Tucat/AFP
  • La manifestation des «gilets jaunes» à Bordeaux samedi a dégénéré.
  • Les affrontements autour de la place Pey-Berland ont duré plusieurs heures.
  • On dénombre sept blessés.

Depuis le début de la contestation des «gilets jaunes», le 17 novembre, la métropole bordelaise et le département de la Gironde - comme au niveau du péage de Virsac - ont déjà connu des scènes de dégradations et de violences. Mais jusqu’ici, le centre-ville de Bordeaux avait été plutôt épargné.

Ce n’est plus le cas depuis samedi 1er décembre. Alors qu’une manifestation, plutôt bon enfant, est partie de la place de la Bourse avec environ 2.000 personnes en début d’après-midi, la situation a dégénéré lorsqu’elle est arrivée place Pey-Berland, devant l’hôtel de ville. Peu avant 16 h, la tension est montée entre une partie des manifestants et les forces de l’ordre, postées devant l’hôtel de ville.

La manifestation des «gilets jaunes» devant l'hôtel de ville de Bordeaux, samedi 1er décembre, a dégénéré.
La manifestation des «gilets jaunes» devant l'hôtel de ville de Bordeaux, samedi 1er décembre, a dégénéré. - Nicolas Tucat/AFP

Sept blessés, dont un manifestant avec une plaie à la main

Entre 200 et 300 manifestants, très déterminés, ont alors voulu en découdre. Les jets de bouteilles ou de pétards démarrent. Les forces de l’ordre répliquent avec des gaz lacrymogènes. Une partie des manifestants est contrainte de se réfugier dans les rues alentour, notamment la rue Elisée-Reclus.

Plusieurs «gilets jaunes» ont dû se réfugier dans les rues autour de la place Pey-Berland pour fuir les gas lacrymogènes.
Plusieurs «gilets jaunes» ont dû se réfugier dans les rues autour de la place Pey-Berland pour fuir les gas lacrymogènes. - M.Bosredon/20Minutes

« Quelques individus ont été interceptés au moment où ils franchissaient les portes de l’hôtel de ville, indique la préfecture. Un policier et six manifestants ont été blessés ». Un des manifestants aurait notamment une importante plaie à la main, après avoir tenté de ramasser une grenade lacrymogène.

Les affrontements entre 300 individus « qui utilisent des pétards et allument des feux », selon la préfecture, et les forces de l’ordre, ont duré jusqu’à environ 20 h. Dans un communiqué, le préfet de la Gironde, Didier Lallement « condamne avec la plus grande fermeté ces actes. Une telle attaque contre un bâtiment représentant une institution publique [l’hôtel de ville] ne s’était pas produite depuis plusieurs décennies à Bordeaux. Il est temps que tout le monde retrouve son calme et voit que derrière les manifestants se trouvent des casseurs décidés à détruire. »

Un syndicat de police demande le report du match Bordeaux-PSG ce soir

Ce dimanche matin, la place Pey-Berland était à nouveau calme, et quasiment entièrement nettoyée. Concernant le bilan matériel, la ville de Bordeaux dit avoir ramassé quelque 32 mètres-cube de tôles et de pavé, et indique que la serrure de l''hôtel de ville côté Elisée-Reclus a été cassée. Des barrières ont aussi été jetées sur les voies du tramway. 

Le nettoyage de la place Pey-Berland a eu lieu dès dimanche matin.
Le nettoyage de la place Pey-Berland a eu lieu dès dimanche matin. - M.Bosredon/20Minutes

 

On trouvait encore quelques tags dimanche matin sur la place Pey-Berland à Bordeaux
On trouvait encore quelques tags dimanche matin sur la place Pey-Berland à Bordeaux - M.Bosredon/20Minutes

Dans un communiqué, le syndicat CFDT « Alternative Police » demande aux autorités, en raison « des risques qui pèsent sur la rencontre de football Girondins de Bordeaux-PSG [programmée ce dimanche à 21 h au stade Matmut Atlantique] et du fait des intentions probables de perturbations de la manifestation par les « Gilets jaunes », et afin de permettre à nos collègues policiers et gendarmes de souffler et de ne pas être pris sur plusieurs points de fixation, de faire le nécessaire pour « annuler » la rencontre. » Un match qui doit se jouer dans un stade à guichets fermés.

La demande a toutefois très peu de chances d'être entendue.