Bordeaux: Deux bâtiments évacués après un arrêté de péril sur un immeuble de la rue Sainte-Catherine

SECURITE Une vingtaine d'habitants viennent d'être évacués de leurs logements, en raison d'une menacé de péril sur un immeuble mitoyen...

Mickaël Bosredon

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Un arrêté de péril a été pris sur cet immeuble du 152, rue Sainte-Catherine à Bordeaux, entraînant l'évacuation de 14 appartements, et la fermeture du magasin Maisons du Monde.
Un arrêté de péril a été pris sur cet immeuble du 152, rue Sainte-Catherine à Bordeaux, entraînant l'évacuation de 14 appartements, et la fermeture du magasin Maisons du Monde. — M.Bosredon/20Minutes
  • Un arrêté de péril imminent a été pris concernant l'immeuble du 152, rue Sainte-Catherine.
  • Quatorze logements ont été évacués en urgence, et le magasin Maisons du Monde a été fermé.
  • La mairie affirme que cette décision n'a rien à voir avec le récent drame de Marseille, même si elle «plus sensible» au sujet.

L’immeuble n’est certes pas de la première jeunesse, mais, d’extérieur, il ne semble pas non plus sur le point de s’écrouler. Pourtant, à l’intérieur, d’énormes fissures seraient particulièrement inquiétantes. A tel point que la toiture menacerait de s’effondrer, et qu’il a été décidé de prendre ce week-end un arrêté de péril imminent sur ce bâtiment - inoccupé - du 152, rue Sainte-Catherine, en plein centre de Bordeaux.

C'est cet immeuble du 152, rue Sainte-Catherine qui est concerné par l'arrêté de péril, mais les deux autres bâtiments contigus ont dû être évacués.
C'est cet immeuble du 152, rue Sainte-Catherine qui est concerné par l'arrêté de péril, mais les deux autres bâtiments contigus ont dû être évacués. - M.Bosredon/20Minutes

L’histoire a démarré en septembre dernier, lorsqu'« on a eu un signalement du magasin Maisons du Monde [situé au 150 de la même rue], explique ce mardi Jean-Louis David, adjoint au maire en charge de la vie urbaine. Ce commerce nous a signalé des fissures inquiétantes. A partir de là, nous avons demandé au propriétaire de réaliser des contrôles, avec des bureaux d’études, pour savoir ce qu’il en était. Vendredi dernier, nous avons eu une première partie des résultats, nous indiquant que cet immeuble était menacé de péril imminent. Et nous avons décidé dès vendredi de fermer Maisons du Monde. »

Et lundi matin, rebondissement, « puisque l’expert nous indique par écrit, que les deux immeubles mitoyens doivent être évacués [aux 150 et 154], car ils sont aussi susceptibles de dégradations dues au péril imminent de l’immeuble du 152. »

Quelques heures pour récupérer ses affaires

A partir de là, la mairie décide évacuer « au plus vite » la vingtaine d’habitants qui sont répartis dans les 14 appartements de ces deux immeubles. « Pas question de prendre le moindre risque » insiste Jean-Louis David.

Jean-Louis David, adjoint au maire de Bordeaux en charge de la vie urbaine, devant l'immeuble du 152, rue Sainte-Catherine.
Jean-Louis David, adjoint au maire de Bordeaux en charge de la vie urbaine, devant l'immeuble du 152, rue Sainte-Catherine. - M.Bosredon/20Minutes

Une réunion en urgence a été organisée lundi à 14h30 avec les habitants, qui ont eu jusqu’à 20h pour récupérer leurs « affaires les plus précieuses », avant que « nous ne condamnions avec scellés l’entrée des deux immeubles. » Il a fallu aussi régler la question du relogement de ces habitants, sachant qu’ils ne pourront pas réintégrer leurs habitations avant quatre à six mois selon les premières estimations. Ils sont pour l’instant répartis dans des hôtels de la métropole, « mais il va falloir trouver des solutions plus pérennes. »

Le propriétaire de l’immeuble placé en péril imminent a été en urgence enjoint à réaliser des travaux de confortement. « Il y en a entre 100.000 et 200.000 euros, et il a accepté les devis reçus. »

Des conclusions d’experts « inhabituelles »

La ville de Bordeaux explique avoir entre 17 et 20 arrêtés de péril par an à traiter. « En cumulé, nous avons 70 immeubles en arrêté de péril sur la ville, car les procédures peuvent être longues, ajoute Jean-Louis David. Ce sont des dossiers qui sont entre les mains des services de prévention de la métropole, et qui sont suivis. Et on les traite tous de la même manière. »

La vigilance est-elle été renforcée depuis le drame de Marseille ? « Que l’on soit, depuis les événements de Marseille, plus sensible au sujet, je ne vais pas vous dire le contraire, répond l’élu. Mais en l’occurrence, nous sommes dans une procédure habituelle. Ce qui est inhabituel, ce sont les conclusions des experts qui nous disent d’évacuer les deux immeubles mitoyens. Sur les trois dernières années, je n’ai pas mémoire de telle situation. »

Outre les scellés, la mairie dit assurer la protection des biens dans les appartements, grâce à la présence de la police municipale « qui se charge de la prévention des lieux pour prévenir tout risque de dégradation. » Le magasin Maisons du Monde ne pourra, lui, pas réouvrir tant que l’expertise de confortement ne sera pas rendue.