Bordeaux: Une baisse des prix de l'immobilier s'amorce

LOGEMENT Après dix années de hausse constante, les prix de l'immobilier bordelais commencent à reculer en cette fin d'année 2018, selon le baromètre Se Loger... 

Mickaël Bosredon

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Illustration immobilier, les quais à Bordeaux.
Illustration immobilier, les quais à Bordeaux. — S. ORTOLA / 20 MINUTES
  • Le baromètre LPI-SeLoger constate une baisse des prix à Bordeaux de 1,9 % sur le dernier trimestre.
  • Il s'agit cependant plus d'un atterrissage logique après dix années de hausse.
  • La baisse des prix s'enregistre dans 50 % des villes françaises de plus de 200.000 habitants.

Cela ne pouvait plus durer. Après dix années de hausse constante, faisant passer le m2 bordelais de 2.400 euros à 4.700 euros, les prix commencent à reculer dans la capitale girondine. Ils affichent ainsi -1,9 % sur les trois derniers mois, selon le baromètre LPI-Se Loger d'octobre.

Sur les douze derniers mois, le m2 s’établit à 4.701 euros (maisons et appartements compris) à Bordeaux, et à 4.629 euros sur les trois derniers mois. « C’est pour cela que l’on parle de coup de froid, explique à 20Minutes Michel Lechenault, responsable éditorial de SeLoger. Cela faisait dix ans que l’on n’avait pas vu cela à Bordeaux, où les prix avaient augmenté fortement, et sans doute de manière déraisonnable, en faisant la troisième ville la plus chère de France [ voire la deuxième en fonction des baromètres et des classements]. »

De fortes disparités entre les quartiers

Si l’on peut parler d’un atterrissage logique des prix à Bordeaux, Michel Lechenault assure toutefois qu’il n’y aura pas de chute brutale. « Sur l’ensemble de l’année 2018, on sera même peut-être encore à la hausse, la baisse des prix ne s’étant véritablement amorcée qu’à partir du mois de mai. En revanche, ce qui est certain, c’est qu’il n’y aura plus de hausse au-delà de 10 % comme Bordeaux en a connu en 2017. »

Et n’oublions pas que l’on parle ici de moyenne, ce qui cache de fortes disparités entre les quartiers. Ainsi, si l’on prend uniquement le prix des appartements, entre les quartiers « Caudéran-Barrière Judaïque » (3.382 euros du m/2), « La Bastide » (3.648 euros) et « Hôtel de Ville-Quinconce-Saint Seurin-Fondaudège » (4.574 euros), les écarts et les tendances peuvent être très différents. Sur le Triangle d’Or (entre les allées de Tourny, le cours de l’Intendance et le cours Clemenceau) les prix peuvent même dépasser les 6.000 euros/m2. « Mais il y a trop peu de ventes dans ce secteur pour que l’on puisse établir une moyenne. »

Des baisses aussi à Lyon, Montpellier, Rennes

La situation à Bordeaux n’a même rien d’exceptionnelle, souligne Michel Lechenault, puisque SeLoger enregistre des baisses de prix dans 50 % des villes françaises de plus de 200.000 habitants. C’est-à-dire là où ils avaient le plus augmenté ces dernières années.

Sur le dernier trimestre, on constate ainsi des baisses à Lyon (- 3,2 %), Montpellier (- 1,6 %) ou Rennes (- 3,2 %). A l’inverse, Lille, Strasbourg (+ 4 %) ou Marseille (+ 3,1 %) résistent bien et restent sur des tendances positives.

SeLoger estime toutefois que Bordeaux, et globalement toutes les grandes métropoles, « restent des valeurs sûres sur le marché, et ne s’effondreront pas, même s’il ne faut plus s’attendre à des hausses de 50 % en dix ans. » La seule chose qui pourrait sérieusement perturber la donne, « serait une remontée brutale des taux d’intérêt. »