Gironde: Punch garderait 400 emplois s’il reprend à Ford le site de Blanquefort

ECONOMIE Alors que Ford n’a toujours pas donné son accord pour une reprise du site girondin par l’équipementier Punch, celui-ci a présenté son plan de reprise aux représentants de l’Etat et des salariés ce mardi…

Elsa Provenzano

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Blanquefort, 20 septembre 2012. - Visite de l'usine Ford First Aquitaine Indusrtie de Blanquefort, specialisee dans la production de boite de vitesse automatique. Destruction des anciennes chaines de production et amenagement des nouvelles. - Photo : Sebastien Ortola
Blanquefort, 20 septembre 2012. - Visite de l'usine Ford First Aquitaine Indusrtie de Blanquefort, specialisee dans la production de boite de vitesse automatique. Destruction des anciennes chaines de production et amenagement des nouvelles. - Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES
  • Ce mardi, l’Etat a réuni les représentants de Punch et des salariés pour évoquer le plan de reprise du site de Blanquefort qui emploie 850 personnes.
  • Punch propose de maintenir 400 emplois sur le site dans les deux ans suivant la reprise, 300 à 350 employés partiraient en préretraite et 100 à 150 seraient transférés vers Getrag Ford Transmissions (à Blanquefort).
  • Ford n’a toujours pas donné son feu vert pour un rachat du site par Punch, alors que le repreneur paraît solide et met tout le monde d’accord (Etat, collectivités et salariés).

Tout le monde était là, sauf Ford. L’équipementier Punch, candidat à la reprise du site de Ford à Blanquefort a présenté ce mardi les grandes lignes de son plan de reprise aux représentants de l’Etat, des collectivités et des salariés de l’usine. Tous les interlocuteurs ont loué le sérieux du groupe Belge, qui a repris le site strasbourgeois de General Motors, et qui sait apparemment de quoi il parle. « C’est un plan incomparable par rapport à celui qu’avait proposé HZ Holding France en 2009 », apprécie Philippe Poutou, de la CGT Ford. « Nous disposons d’une base qui nous paraît solide, il reste des négociations sociales sur le plan de reprise », résume Didier Lallement, préfet de Gironde.

Et ces négociations promettent d’être un peu ardues parce que Punch a déjà laissé entendre qu’il pensait rogner sur les RTT et les salaires des employés. « Il est hors de question que les salariés paient la note de la reprise, c’est à Ford et à Punch de payer », prévient Philippe Poutou. Mais il est encore un peu tôt pour envisager le stade des négociations alors que Ford n’accepte toujours pas de céder son site à Punch et qu’il est nécessaire qu’il assure une transition, sur deux à trois ans, pour que la reprise ait une chance d’être une réussite.

Pas de licenciement sec

Sur les 850 emplois actuels, 400 emplois sauvegardés d’ici deux ans, avec 300 à 350 départs en préretraite et 100 à 150 transferts vers Getrag Ford Transmissions (qui a un site à Blanquefort). « Un plan qui tient la route et qui est envisagé sans licenciement, sans casse sociale », commente Philippe Poutou. « Entre les départs volontaires, les départs en préretraite et transferts sur le site de GFT nous avons l'espoir qu'il n'y ait pas de licenciement sec dans le plan qui nous a été présenté », confirme Jean-Pierre Floris, délégué interministériel aux restructurations d’entreprises.

Tous attendent que Ford donne son feu vert au plan de reprise affiné et assure une transition qui suppose un peu d’investissement sur le site. « C’est Ford qui a mis l’usine au bord du gouffre et rappelons, pointe Philippe Poutou, que cette multinationale fait d’énormes profits et a tous les voyants financiers au vert. » Véronique Ferreira, maire de Blanquefort compte sur la préoccupation que le groupe a de sa réputation pour espérer un sursaut : « ce serait dommage que leur image soit très entachée par la manière dont ils vont partir », estime-t-elle.

Tous s’accordent à dire que le PSE serait une catastrophe et espèrent un revirement de Ford le plus rapide possible pour qu’un accord puisse intervenir avant la fin de l’année. La balle est dans le camp du groupe américain.