Nouvelle Aquitaine: Un divorce fait chuter de 22 % le niveau de vie d’une femme et de 3 % celui d’un homme

INEGALITES L’Insee Nouvelle Aquitaine a étudié les effets des séparations sur les niveaux de vie des couples et montré que les femmes en pâtissent davantage financièrement…

Elsa Provenzano

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Illustration d'une femme qui retire son alliance après son divorce.
Illustration d'une femme qui retire son alliance après son divorce. — SUPERSTOCK/SIPA
  • L’Insee Nouvelle Aquitaine vient de publier une étude sur les impacts financiers des séparations.
  • Elle montre que les femmes subissent une baisse de leur niveau de vie beaucoup plus marquée que les hommes.
  • Le divorce est la situation qui provoque les inégalités les plus importantes.

On sait déjà que les femmes sont moins bien payées que les hommes à travail égal et que, plus diplômées, elles écopent davantage de temps partiels (subis ou choisis), une étude inédite de l'Insee Nouvelle Aquitaine qui vient d’être publiée pointe une autre inégalité : elles trinquent davantage lors des séparations. L’année de la rupture (divorce, fin d’union libre ou décès), les femmes sont confrontées à une chute de leur niveau de vie. Un phénomène qui n’est bien sûr pas propre à la région mais dont l’institut régional a été le premier à s’emparer.

L’Insee a épluché les déclarations fiscales des Néo-aquitains pour se pencher sur les effets des séparations sur le niveau de vie des individus. Les chiffres sont sans appel : l’année qui suit le divorce, le niveau de vie des femmes chute de 22 % quand celui des hommes diminue seulement de 3 %. Après un divorce, 20 % des femmes basculent sous le seuil de pauvreté.

Un choc financier pour les femmes

« Lors d’une séparation dans le cadre d’une union libre, le fossé est beaucoup moins grand », pointe Cédric Lacour, chargé d’étude à l’Insee Nouvelle Aquitaine. On relève une baisse de 16 % pour les femmes et de 12 % pour les hommes. « Le divorce a les effets les plus néfastes car les personnes mariées sont en moyenne plus âgées et plus riches que celles en union libre, explique-t-il. Il y a un déséquilibre plus grand entre hommes et femmes ». Si bien que la perte sur le niveau de vie grimpe à 30 % pour les femmes de 65 ans et plus (elles sont peu nombreuses) qui divorcent et 25 % pour celles âgées de 45 à 64 ans (beaucoup plus nombreuses).

Quand le couple n’a pas d’enfant, la baisse du niveau de vie est évaluée à -10 % pour les hommes et -26 % pour les femmes. Quand il en a, on observe une diminution de l’ordre de -2 % pour les hommes et -21 % pour les femmes, qui ont souvent plus de charges vis-à-vis des enfants.

« L’option la plus équilibrée en cas de séparation est  la garde alternée (baisse de 13 % du niveau de vie pour les hommes et de 18 % pour les femmes), observe Cédric Lacour. Mais ce sont des ménages avec des profils plus aisés et diplômés qui la choisissent ». En cas de veuvage, les femmes subissent 8 % de perte de niveau de vie et 15 % tombent sous le seuil de pauvreté

Et deux ans après une séparation ?

Deux années après la séparation il y a un petit rattrapage (ajustement des allocations, de la situation professionnelle et parfois remise en couple), mais l’écart reste important. Les hommes qui étaient propriétaires avant de divorcer sont 66 % à l’être deux ans après la séparation contre 59 % pour les femmes.

Dans les deux ans qui suivent la perte d’un conjoint, il y a une petite remontée grâce notamment à la pension de reversion mais le niveau de vie reste inférieur pour les femmes veuves à celui des hommes veufs, note l’Insee.

Le centre d'information sur les droits des femmes et des familles de la Gironde mène des missions d’information pour aider les femmes à prendre connaissance de leurs droits pour remonter la pente, au plus vite.