Agen: Un an de prison avec sursis requis contre le directeur de cabinet de Juppé

JUSTICE Ludovic Martinez, actuel directeur de cabinet d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux, comparaissait mercredi à Agen pour une affaire de frais de bouche, alors qu’il était directeur de cabinet du président du conseil général du Lot-et-Garonne…

M.B. avec AFP
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Le 2 mai 2016, Ludovic Martinez, directeur de cabinet d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux
Le 2 mai 2016, Ludovic Martinez, directeur de cabinet d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux —
  • Le directeur de cabinet d’Alain Juppé est poursuivi pour ne pas avoir respecté la procédure d’attribution de marchés publics concernant l’attribution d’un marché de frais de bouche.
  • Les faits remontent à la période 2005-2007 alors qu’il était dircab au conseil départemental du Lot-et-Garonne.
  • Ludovic Martinez a assumé ses responsabilités, tout en réfutant être coupable dans cette affaire.

Responsable, mais pas coupable. C’est la ligne de défense qu’a tenu mercredi devant le tribunal correctionnel d'Agen, Ludovic Martinez, actuel directeur de cabinet d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux, pour une affaire de frais de bouche qui remonte à la période 2005-2007, alors qu’il était directeur de cabinet du président du conseil départemental du Lot-et-Garonne, Michel Diefenbacher, décédé en 2017.

Ludovic Martinez avait été mis en examen en avril 2014 dans le cadre d’une instruction ouverte à Agen pour « octroi d’un avantage injustifié par une personne dépositaire de l’autorité publique ». Les faits concernent l’attribution d’un marché de frais de bouche au Conseil départemental pour un montant estimé entre 200.000 et 300.000 euros, de 2005 à 2007, liées à un éventuel non-respect de la procédure d’attribution de marchés publics.

L’une des bénéficiaires était Valérie Girardi, « traiteur attitré » du conseil général et… belle-fille de Gilbert Fongaro, premier vice-président du département à l’époque des faits, et soupçonnée de « favoritisme » rapporte Sud Ouest.

« Vous ne pouviez pas méconnaître la situation »

Finalement, tout le monde est un peu resté sur sa faim à l’issue de ce procès « singulier » : difficile en effet de déterminer les responsabilités exactes des uns et des autres, surtout lorsque seulement deux prévenus comparaissent, notamment en raison de plusieurs non-lieux rendus dans cette affaire.


Ludovic Martinez a concédé la connaissance au sein de la collectivité d’une absence totale de respect du code des marchés publics en matière de frais de bouche. Mais, il a aussi précisé que « l’attribution des marchés publics n’entrait pas dans (ses) attributions puisqu’elles incombaient aux services juridiques, sous l’apanage du directeur général des services ». « Vous ne pouviez pas méconnaître la situation », lui a dit la procureure de la République, Manuella Garnier.


« Cela aurait pu détruire ma carrière »

Il a rappelé que cette affaire a eu des conséquences sur sa vie personnelle et professionnelle. « Si je n’avais pas eu la confiance aveugle de mon patron (Alain Juppé) cela aurait pu détruire ma carrière », a-t-il soutenu.

Un an de prison avec sursis et 10.000 euros d’amende ont été requis à l’encontre de Ludovic Martinez, huit mois avec sursis contre Valérie Girardi. Le délibéré sera rendu le 12 décembre prochain.