Bordeaux: La rénovation de bâtiments et la restauration d’œuvres d’art passent aussi par le mécénat

FINANCES La ville de Bordeaux vient de signer une convention de mécénat « exceptionnelle » de deux millions d’euros avec le château Haut-Bailly, pour la rénovation du musée des arts décoratifs et du design…

Mickaël Bosredon

— 

Le musée des arts décoratifs de Bordeaux.
Le musée des arts décoratifs de Bordeaux. — maad Bordeaux
  • Le musée Haut-Bailly est déjà un mécène reconnu à Bordeaux, mais finançait jusqu’alors des expositions.
  • La restauration d’œuvres d’art fait de plus en plus appel au grand public via le financement participatif.
  • L’appel aux dons pour la restauration du pont de Pierre a permis de récolter 450.000 euros, une somme conséquente mais loin du million d’euros espéré.

Pour la rénovation du musée des arts décoratifs et du design (madd), la ville de Bordeaux vient de réussir un joli coup, en faisant financer le projet par le château Haut-Bailly (grand cru classé de graves) à hauteur de deux millions d’euros, sur des travaux estimés à neuf millions d’euros.

« C’est exceptionnel, et c’est même la première fois qu’un mécène participe autant à un projet de rénovation à Bordeaux » souligne Fabien Robert, l’adjoint à la culture. Et la disparition du propriétaire de Haut-Bailly, Robert Wilmers, en décembre 2017, ne viendra pas contrarier cet engagement, qui a été confirmé par son épouse. « Nous avons d’excellentes relations avec Haut-Bailly depuis des années, confirme Fabien Robert, et ce château participe déjà à hauteur de 350.000 euros par an au financement d’expositions à Bordeaux. »

Environ 1,5 million d’euros de mécénat par an surtout pour des expositions

Ce projet de rénovation tient particulièrement à cœur d’Alain Juppé, a rappelé le maire lundi. « Ce magnifique musée est constitué d’un bâtiment qui a accueilli au XIXème la prison de Bordeaux dans laquelle on accueillait les marins trop imbibés ou les prostituées trop agressives. Ce lieu se prête magnifiquement bien à l’organisation d’expositions. »

Si les mécènes sont nombreux à Bordeaux, et apportent quelque 1,5 million d’euros par an au service culturel, « ils s’intéressent généralement davantage aux expositions qu’aux rénovations », explique Fabien Robert. C’est pourquoi la ville fait, en parallèle, de plus en plus appel au financement participatif visant le grand public pour les rénovations de bâtiments ou les restaurations d’œuvre.

Un appel aux dons lancé pour restaurer un recueil de dessins du Grand Théâtre

Les archives de Bordeaux Métropole viennent ainsi de lancer un appel aux dons pour restaurer un recueil de dessins du Grand Théâtre daté du XVIIIe siècle, via la plateforme dartagnans.fr. « Ces dessins originaux ont miraculeusement survécu à l’incendie de l’hôtel de ville de Bordeaux en 1862, rappelle Alain Juppé. Nous souhaitons les restaurer pour les mettre à disposition des archives et du public. Il s’agit d’une opération de 44.000 euros pour laquelle nous souhaitons réunir 5.000 euros via le financement participatif. »

Récemment, la ville a aussi obtenu 5.000 euros pour la rénovation de trois statues du Jardin Public. Un projet de 15.000 euros. « Cette opération avait très bien marché, souligne Fabien Robert. On s’aperçoit que le financement participatif fonctionne quand il s’agit de projets symboliques et que cela va être très concret. En tout cas, je constate qu’il y a une vraie adhésion et que les gens ont plutôt envie d’aider à entretenir le patrimoine. »

L’idée du ticket-mécène pour acquérir des œuvres

La ville de Bordeaux a même inventé un dispositif en la matière, pour acquérir des œuvres : le ticket-mécène, valable au CAPC-Musée d’art contemporain. « Le principe est qu’en plus du prix d’entrée, vous rajoutez une somme qui servira à acquérir une œuvre, explique Fabien Robert. C’est un dispositif auquel nous avons déjà eu recours trois fois. »

Mais le mécénat et/ou financement participatif n’est pas toujours à la hauteur des espérances. Pour la restauration du pont de Pierre, un projet il est vrai d’une tout autre ampleur puisqu’il est chiffré à près de 12 millions d’euros, l’appel aux dons a permis de récolter autour de 450.000 euros, de la part d’entreprises et de particuliers, pour la première tranche de travaux. Un deuxième appel aux dons sera lancé pour la seconde tranche. L'objectif de la métropole est de récolter, en tout, environ un million d'euros.