Gironde: Un projet de collège juste en face d’un domaine viticole alerte les parents d’élèves

ENVIRONNEMENT En 2022, un collège pouvant accueillir 900 élèves devrait être livré à Parempuyre en Gironde, à 50 mètres des vignes du Château Clément-Pichon…

Elsa Provenzano

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Le site sur lequel la construction du collège est envisagée n'est qu'à 50 mètres des vignes du Château Clément-Pichon.
Le site sur lequel la construction du collège est envisagée n'est qu'à 50 mètres des vignes du Château Clément-Pichon. — Collectif CPESP Parempuyre
  • Un projet de collège à 50 mètres de vignes sur la commune de Parempuyre suscite l’inquiétude de certains parents d’élèves pour la santé de leurs enfants.
  • Le Département fait valoir que les projets de reconstructions sur le site ne sont pas satisfaisants. Et la commune que c’est le seul terrain assez grand pour accueillir le projet.
  • Le Chateau Clément-Pichon ferait de l’agriculture raisonnée, mais cela ne rassure pas le collectif de parents.

« On est pour un collège à Parempuyre mais pas à cet emplacement, lance Ludovic Coutant l’un des membres du collectif de parents d'élèves CPESP à s’élever contre le projet prévu à Parempuyre, en Gironde. Nous sommes un collectif apolitique et nous nous battons pour la santé de nos enfants ».

Le département et la mairie de Parempuyre envisagent de construire un collège pouvant accueillir 900 élèves, une piste d’athlétisme et deux gymnases à partir de 2022. Il remplacerait l’existant, jugé vieillissant et bientôt trop exigü. Problème : le terrain sur lequel la construction est planifiée est situé à 50 mètres des vignes du Château Clément-Pichon, et le collectif s’inquiète de l'épandage de pesticides à proximité de l'établissement scolaire.

Le collectif info Médoc Pesticides soutient les opposants

« On nous dit que cette propriété utilise l’agriculture raisonnée mais cela ne veut rien dire, puisqu’elle autorise des produits phyto-pharmaceutiques dangereux », s’agace Ludovic Coutant. Le collectif Info Médoc Pesticides soutient les parents d’élèves de Parempuyre : « Faut-il rappeler les analyses de poussières publiées en février dernier, par le Collectif Info Médoc Pesticides, échantillons prélevés dans huit habitations du Médoc et une salle de classe de l’école primaire de Listrac ? rappelle la représentante du collectif Marie-Lys Bibeyran dans un communiqué. Tous les lieux étaient contaminés par des résidus de pesticides, y compris une habitation située à 500 mètres des vignes et la salle de classe distante de 50 mètres de la première parcelle avec des habitations entre. Aucune parade ne peut garantir une exposition zéro. »

« Le projet respecte la réglementation nationale et locale, plus contraignante qu’ailleurs, [elle avait été mise en place par le préfet Dartout après la diffusion du magazine Cash Investigations sur les pesticides], fait valoir Anaïs Duquedey, directrice des collèges au Département de la Gironde. Et on sait aussi que les vents dominants vont dans le sens inverse de la parcelle de vignes ».

20 à 25 millions d'euros d'investissement

Selon le Département, des solutions ont été étudiées pour chercher à reconstruire l’établissement sur place, l’option privilégiée dans la plupart des cas, mais elles n’ont pas été concluantes. Le phasage serait impossible considérant la configuration des lieux et construire un collège provisoire ne permettrait pas d’assurer un service de restauration. « Il manquait 800 m2 pour reconstruire le nouveau collège sur le site actuel, pointe Roselyne Turbé, adjointe enfance et jeunesse à la mairie de Parempuyre. Et sur la commune on n’a pas d’autres terrains assez grands ».

Le Château Clément-Pichon n’a pas répondu à nos sollicitations. Il serait lui-même opposé au projet de collège prévu en vis-à-vis du Château, un édifice classé. 

Alors que le projet est au stade de l’étude de faisabilité et que le permis n’a pas encore été déposé, le collectif de parents d’élèves déplore un manque d’information et espère une réunion publique prochainement.

Le projet représente un investissement de 20 à 25 millions d’euros.