Bordeaux: «Le ventre peut être le reflet de nos modes de vie, et agit comme une sentinelle»

INTERVIEW Formateur en massages traditionnels, et praticien en massage du ventre, le Bordelais Wim Ellul organise samedi la première Journée du ventre, à laquelle il a convié des spécialistes de plusieurs disciplines…

Mickaël Bosredon

— 

Formateur en massages traditionnels, Wim Ellul organise à Bordeaux la première Journée de la santé naturelle du ventre.
Formateur en massages traditionnels, Wim Ellul organise à Bordeaux la première Journée de la santé naturelle du ventre. — M.Bosredon/20Minutes
  • Le but de la Journée du ventre, ouverte au grand public, est de confronter la connaissance de plusieurs disciplines sur tout ce qui touche au ventre.
  • Considéré dorénavant comme un « deuxième cerveau » par les scientifiques, le ventre pourrait être un reflet de nos modes de vie et de notre environnement.

Alimentation, stress, émotions, travail, cadre de vie… Depuis quelques années, des spécialistes avancent l’hypothèse que certains dérèglements gastriques, des maux de ventre, voire des maladies, trouveraient leur origine dans notre mode de vie moderne. C’est ainsi que Wim Ellul, formateur depuis dix ans en massages traditionnels pour les praticiens en Spa, et praticien en massage taoïste du ventre, et Morgane Gâcon, conseillère en bio nutrition et en naturopathie, organisent samedi la première Journée de la santé naturelle du ventre. Ils réuniront au Rocher de Palmer à Cenon, des spécialistes qui animeront des conférences et tables rondes. Wim Ellul explique à 20Minutes sa démarche.

Qu’est-ce que cette Journée de la santé naturelle du ventre ?

Il s’agit d’une rencontre pluridisciplinaire de spécialistes : médecins, ostéopathes, nutritionnistes, personnes liées à la santé naturelle, et même des philosophes. Ces secteurs n’ont a priori rien à voir les uns avec les autres, mais on a décidé de les réunir pour réfléchir ensemble sur la problématique du ventre. Entre les avancées scientifiques sur le microbiote, et les informations que l’on recueille sur notre mode de vie, notre alimentation, il y a un éclatement de la connaissance. Le but est de rassembler toutes ces informations, sur une journée, avant éventuellement d’aller plus loin…

Votre salon est ouvert au grand public, mais ce n’est pas un salon médical ?

On n’est pas validé par tel ou tel institut scientifique, mais c’est le résultat d’une interrogation que plusieurs spécialistes peuvent avoir. On n’est pas un salon de bien-être, et on a ciblé des personnalités qui ont écrit des ouvrages de référence, et qui sont reconnues par leurs pairs.

Quand on parle du ventre, on parle de quoi au juste ?

On a l’habitude de penser au tube digestif. Sauf que le ventre c’est aussi le système nerveux entérique, c’est-à-dire un système nerveux autonome, avec une intelligence qui est là, puisque les chercheurs parlent de 200 millions de neurones. On parle du système hormonal, de problèmes de fertilité. Les ostéopathes, pour soigner des cruralgies ou des maux de dos chroniques, passent parfois par les muscles psoas, c’est-à-dire des muscles profonds qui sont insérés au niveau des lombaires et qui commandent notre mobilité. C’est un sujet vaste.

Les maux de ventre pourraient trouver leur source dans notre environnement ?

On s’aperçoit en effet que la question du ventre est multifactorielle, et peut être le reflet de nos modes de vie, de ce qui se passe dans notre environnement. Le ventre agit alors comme une sentinelle, un signal qui nous dit des choses.

Et il y a une aggravation de ce phénomène ?

Indéniablement. Il y a une explosion des maladies auto-immunes, et cela prend une ampleur sociétale. En amont, avant de surcharger les hôpitaux, ne peut-on pas réfléchir ensemble à nos modes de vie ? Sans être ni un puriste ni un extrémiste, l’idée c’est peut-être de commencer à faire de l’écologie autrement, grâce à une forme d’écologie intérieure, regarder comment on vit notre vie en ville.

C’est un phénomène qui est plus urbain que rural ?

Je crois que c’est un problème de modernité, que l’on retrouve aussi à la campagne. Mais la journée que nous organisons est plus axée sur notre mode de vie en ville. La question des transports, de la mobilité, est notamment à creuser.

Qu’est-ce que l’on peut faire concrètement pour améliorer son quotidien ?

Il est certain que commencer par l’alimentation est assez évident, faire attention aux sucres, aux mauvaises graisses que l’on retrouve dans les fast-foods, les nitrites dans les charcuteries salaisons, faire attention au pain, aux produits laitiers. Mais chaque personne a un profil personnel : on partage tous le même microbiote, mais on n’a pas tous les mêmes phénotypes. Il est également nécessaire de faire un point sur son état de santé, et analyser ce qui peut être cause de stress dans son environnement direct.

A partir de quel moment il faut s’inquiéter ?

Il faut s’interroger quand les maux commencent à être répétitifs, et s’inquiéter quand il y a des symptômes, qui peuvent être le psoriasis, les éruptions cutanées, l’eczéma, qui ont des liens avec le ventre. L’accumulation de stress, de travail, de manque de sommeil, impactent notre système nerveux, notre digestion, et cela resserre notre respiration…