Bordeaux: Des distributions alimentaires lancées sur le campus bordelais pour les étudiants les plus pauvres

SOCIAL Après une première épicerie sociale et solidaire lancée sur Talence, l’association étudiante le Comptoir d’Aliénor a sollicité la Banque Alimentaire pour organiser deux autres points de distribution sur le campus, à partir de ce lundi…

Elsa Provenzano

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A partir de lundi, la banque alimentaire va approvisionner le campus bordelais.
A partir de lundi, la banque alimentaire va approvisionner le campus bordelais. — Banque alimentaire de la Gironde
  • A partir de ce lundi, deux nouveaux points de distribution de denrées alimentaires ouvrent sur le campus bordelais pour venir en aide aux étudiants les plus pauvres.
  • C’est un partenariat entre la Banque alimentaire et une association étudiante, avec le soutien de l’université, qui a permis de rendre le projet possible.
  • Les denrées sont destinées aux étudiants en grande difficulté, en échange d’une contribution.

« La hausse des loyers signifie aussi une baisse de moyens pour les étudiants », souligne Tyffen Nogues, bénévole au sein de l’association étudiante le Comptoir d’Aliénor. En avril 2017, cette organisation étudiante a créé une épicerie sociale et solidaire sur le campus de Talence, venant en aide à environ 75 bénéficiaires sur 2017. Ne pouvant plus faire face à la demande sur un campus qui, en plus, est très étendu, elle lance en partenariat avec la banque alimentaire deux nouveaux points de distribution à partir de ce lundi, sur les campus de Carrère et de Pessac. Le site sera ouvert tous les lundis de 17h à 19h et celui de Carrère tous les mardis aux mêmes horaires.

« D’après les chiffres dont on dispose, il y a environ 3.000 étudiants qui vivent en dessous du seuil de pauvreté sur le campus bordelais », fait valoir Pierre Pouget, président de la Banque Alimentaire de la Gironde. Elle livrera de l’épicerie sèche, des produits laitiers, des produits carnés et du poisson, quand il y en a, sur le campus. La première épicerie créée à Talence propose aussi des produits d’hygiène et d’entretien, qui seront accessibles aux bénéficiaires des autres points de distribution.

Une contribution demandée aux bénéficiaires

N’importe quel étudiant ne pourra pas se présenter à l’épicerie. Le comptoir d’Aliénor, en lien avec des travailleurs sociaux, s’assure que le « reste à vivre » des bénéficiaires c’est-à-dire ce dont ils disposent après avoir payé leur loyer et leurs charges incompressibles (transport, téléphone etc.) est en dessous de 7 euros par jour soit environ 210 euros par mois. « Une contribution est sollicitée auprès des bénéficiaires, dans un souci de dignité et de responsabilisation », précise Pierre Pouget. Elle est de l’ordre de 3 euros pour 5 à 6 kg de ressources alimentaires.

Les deux nouvelles épiceries vont commencer par accueillir chacun une quarantaine d’étudiants avec un objectif d’une centaine par site. La Banque Alimentaire se déplacera sur le campus deux fois par semaine pour approvisionner les sites de Pessac et Carrère. C’est une démarche nouvelle pour elle puisque habituellement les différentes associations travaillant auprès de personnes démunies viennent chercher des denrées dans ses locaux.

Cette initiative a aussi été rendue possible par le soutien de l’université de Bordeaux pour ce projet et la mobilisation d’une quinzaine d’étudiants bénévoles.

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