Défilé de politiques en prison

VISITES Un député-président de région et une ministre en deux jours. Les détenus de la maison d'arrêt de Gradignan n'ont jamais vu ça...

Marion Guillot

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Alain Rousset hier à la prison de Gradignan
Alain Rousset hier à la prison de Gradignan — P. SAURA / 20 MINUTES

Un député-président de région et une ministre en deux jours. Les détenus de la maison d'arrêt de Gradignan n'ont jamais vu ça. C'est Alain Rousset, député PS de la Gironde et président du conseil régional d'Aquitaine, qui a ouvert le bal hier, coupant l'herbe sous le pied de Rachida Dati, attendue cet après-midi. Usant de son droit de visite parlementaire, Alain Rousset «avait fixé ce déplacement depuis quinze jours», précise son attaché.

Il est ressorti de la prison au bout d'une heure et demie. «Je dois faire part de mon émotion», a-t-il déclaré d'emblée, avant d'insister sur la nécessité d'«éduquer et de tout faire pour que les jeunes ne tombent pas dans la délinquance». Le président de région s'est par ailleurs engagé à consacrer des moyens à la réinsertion des détenus. La maison d'arrêt en compte actuellement 859 (dont 56 équipés de bracelets électroniques) pour 411 places. «Je lui recommande de se battre pour augmenter le budget de la justice», a ajouté Alain Rousset à l'adresse de la garde des Sceaux.

Les syndicats de surveillants, eux, ne se font pas trop d'illusions : «C'est de la parade. Elle va rester une heure et nous ne sommes même pas sûrs de pouvoir lui parler», déplore Alain Guillemet, secrétaire de l'Ufap-Unsa.

D'après des bruits de couloirs, l'administration pénitentiaire aurait «apporté des bouquets de fleurs et briqué le quatrième étage», qui accueillera la ministre. Quant aux six à sept détenus qu'elle doit rencontrer dans une cellule chauffoir de 17 m2, «ils ont été triés sur le volet».